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RDC : Réponse de Julien PALUKU à Paul KAGAME

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Acculé de toute part et mis à nu par divers rapports aussi bien celui de la Monusco que celui de Human Rights Watch, le Rwanda s’agite comme diable dans un bénitier pour donner raison à sa démarche d’entretenir en permanence un climat de terreur dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans la partie Est de la République démocratique du Congo. Sa dernière trouvaille est cette accusation portée contre le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, qu’il accuse d’entretenir les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) pour mener des actions de sape à Kigali. Faux, a rétorqué Julien Paluku, réagissant vigoureusement à ses allégations depuis Goma.

Dans une conférence de presse tenue le jeudi 5 juillet 2012 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, Julien Paluku a apporté des éléments de réponse à la prétendue collaboration qu'il entretiendrait, selon Kigali, avec les FDLR.

Tout est parti de la déclaration faite le 28 juin 2012 par Mme Yolande Makolo, directrice de communication du président Paul Kagame, sur AFP selon laquelle le gouverneur du Nord-Kivu a été chargé d'identifier les personnalités ayant des contacts avec les FDLR et qui pourraient permettre un lien avec le commandement en chef des FDLR pour le convaincre de reprendre la collaboration avec les FARDC et planifier les attaques terroristes au Rwanda. Ce qu’a rejeté en bloc Julien Paluku.

Sa rencontre avec la presse a été aussi l’occasion pour lui de rappeler tous les efforts entrepris depuis 2007 par le gouvernement de la RDC autant dans le cadre bilatéral avec le Rwanda que dans le cadre plus élargi de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL) pour trouver une solution définitive au problème posé par les FDLR. Toutes les parties impliquées dans ce projet avaient convenu que le rapatriement des FDLR dans leur pays d’origine, le Rwanda, était la seule et unique solution pour résoudre définitivement ce problème, a indiqué Julien Paluku. Malheureusement, a-t-il relevé, depuis les accords du 9 novembre 2007 jusqu’à ceux signés quelques années après, le Rwanda a toujours évolué à contre-courant des dispositions adoptées de manière consensuelle.

Pourtant, a-t-il indiqué, les termes de l’accord de novembre 2007 signé à Nairobi entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sur une approche commune de mettre fin à la menace pour la paix et la stabilité de deux pays et de la région des Grands Lacs ont été clairs. Chacun de deux gouvernements, a-t-il dit, avait des engagements pour l’aboutissement heureux de ce processus. Ainsi, au point 9(a), (b) et (d) de ce communiqué conjoint, il était clairement dit que le gouvernement de la RDC s’engage à : «préparer un plan pour désarmer les ex-FAR/Interahamwe… il sera demandé à la Monuc de fournir un soutien… le plan inclura la réactivation et optimisation, parallèlement à l’exercice de la pression militaire, des efforts destinés à sensibiliser les éléments ex-FAR/Interahamwe à déposer les armes et à rentrer au Rwanda». Des contacts, a-t-il fait observer, se sont multipliés, d’une part, entre les dirigeants congolais et les partenaires et, de l’autre côté, entre les autorités congolaises et les responsables des FDLR.

Mais, c’est encore, regrette-t-il, de Kigali que sont partis les points d’achoppement à l’exécution de cet accord. Ce qui n’a pas, a-t-il dit, entamé la détermination du gouvernement central en général, et de son gouvernement provincial à accélérer le rapatriement des éléments, en collaboration avec certains partenaires, dont la Monusco.

L’argument de Kigali : un faux-fuyant

A ce jour, a-t-il dit, et ce, depuis 1999, c’est plus de 100 000 FDLR qui ont été rapatriés au Rwanda. Ce qui balaie, selon lui, l’argument d’un quelconque regroupement des FDLR avancé par Kigali pour justifier ses actions de déstabilisation de la RDC. «Depuis 1999 à nos jours : 107 817 Rwandais y compris les combattants FDLR ont été rapatriés en bonne et due forme vers le Rwanda. Avec toutes ces statistiques, il ne reste plus que moins d’un millier de FDLR au Nord-Kivu, les autres étant des FDLR dites «congolais» qu’on retrouve aussi bien à Masisi, Walikale, Rutshuru et Sud-Lubero. Avec ces statistiques de rapatriement, peut-on dire que la RDC ne montre pas sa ferme volonté de pacifier la région des Grands Lacs ! », s’est écrié Julien Paluku.

«Voilà la vérité sur la prétendue réorganisation des FDLR par le gouverneur du Nord-Kivu dont le souci majeur est de voir le Nord-Kivu débarrassé de ce mal qui le ronge, à savoir les FDLR qui pillent, volent et violent les Congolaises et Congolais et non les Rwandaises et Rwandais», a-t-il renchéri. Il ne s’est arrêté là. «Doit-on comprendre dans l’acharnement du Rwanda une absence ou non de volonté de trouver une solution durable à la problématique liée à la présence des FDLR en RDC ?»

Aussi, pense-t-il qu’«en ce jour, il est temps de restituer la vérité à sa juste place et rassurer l’opinion tant nationale qu’internationale que la RDC ne ménagera aucun effort pour détruire les dernières poches des FDLR, n’en déplaisent à ceux qui veulent en faire un objet de chantage».

Il a, à cet effet, lancé un appel autant à la CEPGL, à la CIRGL, à la SADC, à l’UE qu’au système des Nations Unies pour «soutenir la RDC dans ses efforts de rétablissement de la paix seul gage du développement dans la région des Grands Lacs», invitant, par la même occasion, le peuple congolais «à la mobilisation générale pour la défense de la patrie en soutenant les efforts des FARDC et de la Monusco qui se battent jour et nuit afin que triomphe la vérité et que la paix règne à jamais dans la région des Grands Lacs».

[Faustin Kuediasala/Le Potentiel]