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Traque au M23 : Les FARDC s'organisent présentement pour reprendre les positions perdues

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Des affrontements ont repris jeudi 14 juin entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les mutins du Mouvement du 23 mars à Rutshuru, au Nord-Kivu. Les rebelles auraient occupé les positions des FARDC à Rutsiro et Ngonkwe, à près de 5 Km du camp militaire de Rumangabo, situé à 50 Km au nord de Goma.

Les belligérants se rejettent la responsabilité de la reprise des hostilités. Le porte-parole des mutins du M23, le colonel Vianney Kazarama, a accusé les Forces armées congolaises (FARDC) d'avoir commencé à bombarder jeudi tôt le matin leurs positions dans la zone de la colline de Mbuzi, à la limite du parc national des Virunga, à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Goma.

C'est à 4 heures du matin que les FARDC ont lancé l'assaut près de Rwanguba, au nord de la route menant de Rutshuru vers le sud-est Bunagana- important poste frontalier avec l'Ouganda, avant que les mutins ne les repoussent en récupérant 5 de leurs positions.

Les FARDC, quant à elles, tiennent les mutins du M23 responsables d'avoir relancé les combats depuis 4H30 en attaquant toutes les positions des FARDC qui ont fait un repli stratégique. Ces rebelles venus de la région de Runyonyi pour attaquer l'armée loyaliste à Rutsiro, Ngonkwe et Kanombe, dans les groupements Bweza et Kisigari. De  nombreux soldats et des jeep FARDC ont été aperçus à Rubare qui est situé sur l'axe Goma-Rutshuru, à une quinzaine de km au sud de cette dernière localité. Des combats ont également eu lieu à l'est de cet axe, à hauteur de Rumangabo (50 km au nord de Goma), où les FARDC ont une importante base.

Pour les FARDC, l'intention des rebelles était de prendre le camp de Rumangabo, une importante base militaire, a estimé un officier des FARDC dans la région, sans donner de bilan. Mais, "les FARDC s'organisent présentement pour reprendre les positions perdues", affirme la même source.

Des témoins ont affirmé avoir aperçu des chars de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) sur cette route près de Rwanguba. Les Casques bleus de la Monusco ont renforcé leur présence ces derniers jours notamment à Bunagana, dans le cadre de son mandat de protection des populations civiles.

On rapporte que ces affrontements qui ne durent pas plus d'une journée, comme lors des précédents combats qui se sont déroulés  au cours de ces dernières semaines, ont cessé dans l'après-midi.

A Ntamugenga, les populations locales ainsi que les déplacés qui étaient sur place affluent à Rubare, à l'est de Ntamungenga, depuis ce jeudi matin. Ils craignent en effet l'avancée des combattants du M23 qui se trouvent présentement à 7 Km de là, dans la localité de Rutsiro.

D'après toujours des sources à Rutshuru, mercredi, les forces armées pilonnaient les collines de Runyonyi, tenues depuis plus d'un mois par les rebelles du M23. Mais, "les rebelles tiennent toujours ces positions", d'après des sources militaires.

Ces combats reprennent à Rutshuru quatre jours seulement après la visite d'une délégation gouvernementale, conduite par le Premier ministre Matata Ponyo. A l'issue de cette mission "d'évaluation de la situation sécuritaire", le ministre de la Défense avait réaffirmé la détermination du Gouvernement de mettre fin, par voie militaire, à la mutinerie du M23, refusant de négocier avec ceux qui ne cessent d'endeuiller la population congolaise. Les rebelles de ce mouvement affrontent, depuis un mois, l'armée régulière dans plusieurs localités du Nord-Kivu.

Kinshasa accuse le général en fuite Bosco Ntaganda d'être à la tête de la mutinerie avec le colonel Sultani Makenga, chef du M23 qu'il a créé début mai après avoir fait défection.

Recherché par la Cour pénale internationale pour enrôlement d'enfants quand il était dans une autre milice au début des années 2000, Ntaganda était le chef d'état-major du CNDP, et Makenga son adjoint dans cette rébellion à l'époque soutenue par le Rwanda, selon des rapports onusiens.

Le Rwanda a été mis en cause dans la mutinerie en cours au Nord-Kivu, Kinshasa ayant affirmé que 200 à 300 mutins ont été recrutés chez son voisin, accusé de "passivité ou plus" par le gouvernement congolais.

Ces nouvelles violences au Nord-Kivu et le regain d'activité des groupes armés depuis avril ont forcé plus de 200 000 personnes à fuir leurs foyers, selon l'Onu.

Kléber Kungu