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Balkanisation du Kongo : Le HCR travaille en complicité avec Kigali

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Des sources crédibles renseignent que le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), organisme du système des Nations unies travaillerait en complicité avec Kigali pour ramener les populations d’expression kinyarwanda au Kivu. C’est ainsi que, soutiennent-elles, on ne sait pas dire qui est Congolais et qui ne l’est pas. Cela est peut-être prémédité dans la mesure où, signalent les mêmes sources, l’ordre a été donné en 2004 pour ne pas distinguer la nationalité congolaise de celle rwandaise. Les chefs coutumiers qui ont voulu procéder au recensement ont été empêchés de le faire. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les gens détiennent à la fois et le Kirangamutu (carte d’identité rwandaise) et la carte d’électeur congolaise, tenant lieu de carte d’identité des Congolais.

Les échos qui nous parviennent de la province du Nord-Kivu ne sont guère rassurants quant à la restauration de l’Etat et de la paix dans cette partie du pays. On est apparemment en face d’un Etat dans un Etat. Les officiers FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et ceux du Congrès national du peuple (CNDP) ainsi que les seigneurs de guerre des milices et autres groupes armés font leur loi, chacun en sa manière. Une véritable jungle, comme on peut se rendre compte. La situation a été brossée par des résidents de cette contrée en séjour de travail à Kinshasa.

Le trafic de minerais dans la province du Nord-Kivu se porte à merveille. Les trafiquants se recrutent le plus dans les rangs des officiers des FARDC et du CNDP. Chacun s’organise pour avoir une mine et la contrôler. Cela n’est un secret pour personne. Dernièrement, la mine de coltan de Bisiye dans le territoire de Walikale a été le théâtre d’une bataille rangée entre les éléments fidèles à un officier FARDC et ceux qui soutiennent un galonné CNDP pour le contrôle de cette mine. Même si le nombre de morts n’est pas connu, l’on sait néanmoins que le combat a duré plusieurs heures, provoquant le déplacement des habitants de cette localité et des environs vers les cieux plus cléments, affirment des sources crédibles.

Cette situation se passe dans beaucoup d’autres localités, surtout dans le territoire de Masisi où les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) rapatriées au Rwanda sont de retour en République démocratique du Congo, «chassés par le pouvoir de Kigali».

Selon toujours nos sources, deux d’entre eux ont été capturés par les FARDC et sont passés aux aveux à Runyoni, dans le territoire de Rutshuru. La présence de ces rebelles hutu rwandais fait que la population est traumatisée, vivant dans un état de stress permanent. On signale également que des populations rwandaises occupent de grands espaces dans cette partie du Nord-Kivu, où elles font plus des affaires relatives à l’exploitation et la vente du coltan. D’ailleurs, la population ne comprend pas pourquoi le colonel Bahati des FARDC, qui a essayé de pacifier tant soi peu la contrée, a été remplacé par un officier CNDP sur ordre de l’Etat-major général des FARDC. C’est le désarroi au sein de la population qui pense que la création du mouvement M23 n’est venue que redynamiser le CNDP.

Kigali n’agit pas seul

Quant au Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), les mêmes sources renseignent que cet organisme du système des Nations unies travaillerait en complicité avec Kigali pour ramener les populations d’expression kinyarwanda au Kivu. C’est ainsi que, soutiennent-elles, on ne sait pas dire qui est Congolais et qui ne l’est pas. Cela est peut-être prémédité dans la mesure où, signalent les mêmes sources, l’ordre a été donné en 2004 pour ne pas distinguer la nationalité congolaise de celle rwandaise. Les chefs coutumiers qui ont voulu procéder au recensement ont été empêchés de le faire. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les gens détiennent à la fois et le Kirangamutu (carte d’identité rwandaise) et la carte d’électeur congolaise, tenant lieu de carte d’identité des Congolais.

Concernant les ONG tant nationales qu’internationales, font remarquer nos sources, elles ne travaillent que pour leurs propres intérêts. Ce sont les affaires qui les intéressent depuis 1994, année au cours de laquelle les Hutu rwandais ont massivement envahi les deux Kivu, après le génocide rwandais. Pour les observateurs locaux, rien de concret n’a été réalisé.

S’agissant du rôle de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO), un constat malheureux est fait : sa présence n’arrête pas l’insécurité et des violations massives des droits de l’Homme. Pour nos sources, rien de concret, ici aussi, n’a été fait et n’est pas encore fait, en ce qui concerne la restauration de la paix et la fameuse stabilisation.

La population, à en croire les mêmes sources, a cru au changement pour justement restaurer cette paix. Elles font également observer qu’avant la publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, beaucoup de ceux qui se disaient Congolais parmi lesquels les seigneurs de guerre, ont traversé la frontière pour le Rwanda.

Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, la population vit dans le désespoir. Seulement, les intellectuels sont en train de jouer le rôle de sensibilisateur de la population pour qu’elle reste éveillée, refuse d’être valet de qui que ce soit et ne capitule pas dans la lutte contre la balkanisation de la RDC. La résistance est réelle, surtout à Rutshuru et Masisi où les gens se prennent en charge. Malheureusement, la population constate que les tireurs de ficelles se trouvent à Kinshasa. Aussi, nos sources proposent-elles la création d’un lobbying à travers le monde, principalement en Occident.

[DIOSSO OLIVIER]

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