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RDC : Une fondation italienne impliquée dans le trafic illegal d'enfants

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Un groupe d’enfants ont disparu d’un orphelinat dans la commune de Mont-Ngafula (Kinshasa). Selon les témoignages recueillis sur cette affaire, des bourreaux de ces enfants sont des congolais, collaborateurs de Fondation Raphael (une agence italienne). Ils agiraient pour le compte de la commission des adoptions internationales italienne. Et ce, en violation de la procédure en la matière. A ce jour, les motivations de ce déplacement nocturne d’enfants ne sont pas connues.

Alors que les autorités congolaises ont suspendu l’adoption internationale d’enfants, certaines personnes se permettent de fouler aux pieds cette disposition, défiant ainsi l’Etat. Le dernier cas en date, c’est la fondation Raphael, une agence italienne qui est cité.

Un groupe d’enfants ont disparu d’un orphelinat dans la commune de Mont-Ngafula (Kinshasa). Selon les témoignages recueillis sur cette affaire, des bourreaux de ces enfants sont des congolais, collaborateurs de Fondation Raphael (une agence italienne). Ils agiraient pour le compte de la commission des adoptions internationales italienne. Et ce, en violation de la procédure en la matière. A ce jour, les motivations de ce déplacement nocturne d’enfants ne sont pas connues. 

« Dans la nuit du 29 décembre 2014, trois hommes envoyés par les autorités italiennes de l’autorité centrale en charge des adoptions internationales (CAI) ont procédé au déplacement, à 22 heures, du centre d’hébergement “Maison familiale Ange Gabrielle” dans la Commune de Mont-Ngafula à Kinshasa, des enfants adoptés par des couples italiens », a confié un activiste de droits de l’Homme. Selon lui, ces sujets et leur butin auraient pris une destination inconnue. Ce forfait aurait été commis avec la naïveté des responsables du centre d’hébergement « Ange Gabrielle ». Tous les efforts fournis pour joindre les responsables de ce centre sont restés vains. 

D’autres sources indiquent que les motifs de cette opération d’ « enlèvement nocturne » ne sont pas bien élucidés. Selon les habitants du quartier, des pleurs d’enfants et autres cris étaient entendus aux environs de 22 heures. Des enfants visiblement traumatisés ne voulaient pas cheminer avec leurs accompagnateurs. « Habillés en pyjama, ces enfants ont embarqué dans un véhicule par les intermédiaires de leurs parents adoptifs », a confié un habitant du quartier sans autres détails.

Au ministère du Genre, de la famille et de l’enfant, on affirme avoir reçu la correspondance d’un juge pour enfants, dénonçant l’illégalité de ce geste. A partir de ce lundi, les services du ministère du Genre projettent d’effectuer une descente au quartier Maman Mobutu, commune de Mont-Ngafula (Kinshasa) pour s’enquérir de la situation. « Jusqu’à la preuve du contraire, l’adoption d’enfants a été suspendue par l’autorité compétente. Toutefois, si les faits allégués s’avèrent vrais, des responsabilités devront être établies à tous les niveaux », a confié un expert du ministère du Genre. 

Certaines organisations de la société civile promettent de saisir les instances compétentes afin que de tels égarements ne se reproduisent plus. 

En RDC, les adoptions internationales sont suspendues depuis septembre 2013. Ces dispositions ont été prises à cause de certaines irrégularités constatées en cette matière. 

Rappelons qu’en septembre 2014, la Direction générale de migrations (DGM) a maintenu l’interdiction de l’adoption internationale des enfants en RDC. Alors que la durée de l’interdiction de l’adoption internationale des enfants congolais était prête à s’achever, la DGM avait annoncé le maintien de cette décision prise en octobre 2013 pour une année. 

Dans un communiqué publié jeudi 25 septembre 2014 à Kinshasa, la DGM avait indiqué que cette décision était maintenue « jusqu’à nouvel ordre ».

En octobre 2013, le directeur général de migrations, François Beya, avait expliqué avoir décidé de la suspension de l’adoption internationale des enfants congolais à la suite des informations sur des secondes adoptions voire de traite d’enfants adoptés en RDC. A l’époque, les chiffres fournis par la DGM indiquaient que 1. 106 enfants congolais adoptés avaient quitté le pays pour rejoindre des parents adoptifs dans 15 pays étrangers entre 2009 et 2013. Ce qui fait une moyenne d’environ deux cents enfants qui quittaient le pays chaque année au cours de cette période. En Belgique, signalait-on à la DGM, le maximum était de vingt enfants adoptés chaque année.