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RDC : Un réseau maffieux à la base de la spoliation des immeubles de l'Etat

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Le gouvernement Matata a du pain sur la planche. Des nostalgiques de tout bord, dont le passé est plus qu'élogieux dans le détournement des deniers publics, la spoliation des biens meubles et immeubles de l'Etat ainsi que dans l'aliénation du patrimoine public n'ont pas encore lâché prise. Ils se recrutent, malheureusement, dans l'administration publique, notamment au Service de l'Habitat et de Conservation des titres immobiliers, dans l'armée, et même au plus haut sommet de l'Etat. Un véritable réseau qui croit annihiler tous les efforts du gouvernement Matata qui mène une lutte acharnée contre les antivaleurs. Sous toutes ses formes. Mais, la tentacule ne semble pas se tromper d'époque et de méthodes !

Ce réseau maffieux, qui a donc pris corps dans les structures aussi officielles que privées, s'impose de façon ostentatoire, foulant aux pieds les prescrits de la justice congolaise et ses animateurs. Leur seul but est la spoliation de l'immobilier de l'Etat, public comme privé.

Le dernier feuilleton en date qui révolte des experts du Gouvernement, est celui de l'immeuble sis sur avenue Uvira n° 56 dans la commune de la Gombe.

En effet, propriété de l'Etat donné en location à un privé en vue de la sécuriser, la réhabiliter, la rénover et en faire usage pour location au bénéfice de l'Etat, cet immeuble a défrayé la chronique au cours de la journée de mercredi 5 mars 2013. Un expert du domaine a laissé entendre que le pire est vite arrivé en cette journée, tant un groupe d'individus identifiés comme appartenant au clan d'un ex-officier de l'Armée zaïroise, s'est attaqué aux locataires de droit dont le seul péché est d'habiter cet immeuble.

Se servant de faux documents pour besoin de la cause, mais malheureusement avalisés tantôt par le conservateur des titres immobiliers de Lukunga, tantôt par les services du procureur général, bref par des personnes sans qualité pour aliéner des immeubles de l'Etat, ils ont montré leurs biceps jusqu'à troubler la quiétude des passants et autres voisins, tant le désordre était à son comble. N'eût été l'intervention musclée des éléments de la police envoyés en renfort, tout allait passer comme s'il s'agissait d'une émeute à Kinshasa, tant des militaires en tenue civile s' étaient infiltrés dans le groupe.

Dans les allées de la justice, on argue que le procureur général doit sévir comme il l'a demandé dans ses différentes correspondances. Malheureusement, certaines d'entre elles adressées au gouvernement à ce sujet, ont fait l'objet d'une dissimilation quelque part. Où ? Nul le sait. Mais, du moins, on sait seulement que dans ces différentes correspondances, on peut comprendre que trois certificats d'enregistrement circulent, chacun confirmé par le conservateur des titres immobiliers. Le premier titre porterait pour M. Ahagha Nzapa. Un deuxième titre est établi au nom d'Oscar Kashwata et un troisième en circulation porte sur André Nicoleau, ancien pilote du défunt Maréchal. Vrai ou faux? Difficile de répondre à cette question car les tentatives pour entrer en contact avec les intéressés et avoir un autre son de cloche, sont restées vaines.

Pas de spoliation !

La panique ainsi créée par ces fauteurs des troubles ont mis le puce à l'oreille du procureur général de la République (PGR) qui aurait ravi ce dossier des mains du procureur général au motif que les biens de l'Etat ne peuvent faire l'objet d'une aliénation, ni d'une spoliation, extra-terrestre soit-on.

En outre, notre source précise que les spoliateurs voulaient prendre de la vitesse en recrutant des "kuluna" et d'anciens militaires d'unité d'élites de l'ex Zaïre pour s'emparer de la villa, jeter les meubles et emporter d'autres afin de pousser la police à la faute dans un quartier aussi stratégique comme celui où se trouve cet immeuble. La suite, on peut bien l'imaginer !

A ce jour, n'eût été l'intervention du PGR ainsi que de la ministre de la Justice qui a dépêché sa collaboratrice sur les lieux, cet immeuble serait aujourd'hui entre les mains des spoliateurs qui y tiennent mordicus Un expatrié aurait même tenté de l'acheter aux mains de ces spoliateurs qui auraient promis narguer tout le monde, tant leur ultime solution est de mettre en vente cet immeuble "pour en finir une fois pour toute avec ce dossier".

Dans le camp des experts, on souligne que le gouvernement ne va pas se laisser faire. Tout sera mis à contribution pour faire rentrer l'Etat dans ses droits. Il n'est donc pas question d'aliéner ou de spolier cet immeuble.

Nous y reviendrons.

[Serge Ngindu]