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Soutien du Rwanda au M23 : Paul KAGAME choisit le camp du problème

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En fin de compte, Paul Kagame et le Rwanda ont choisi de se ranger dans le camp du problème au lieu de rallier celui de la solution. Aujourd'hui, plus que jamais, l'attitude de Paul Kagamé est un grave affront à l'endroit de la communauté internationale qui est aujourd'hui, plus que jamais, placée devant ses responsabilités. Les équilibres internationaux qui sont brisés par le fait de l'incurie d'un leader qui se croit tout permis, au point de braver le sérieux et la condescendance de la communauté internationale.

Dans son discours prémonitoire à la tribune de l'Assemblée Générale des Nations Unies, Joseph Kabila avait engagé la communauté internationale, particulièrement le Conseil de sécurité de l'ONU, à faire respecter la charte de cette organisation et ses résolutions afin de démontrer leur efficacité et d’assurer leur crédibilité. Au mini-sommet convoqué à New York par Ban Ki-Moon, le président rwandais a, par sa position et son attitude, donné un coup de pied à l'édifice de la paix. Ce qui interpelle à nouveau la communauté internationale sur sa responsabilité de concourir à la pacification dans la sous-région des Grands Lacs.

La déception se lit explicitement sur les visages des Congolais à la suite de la fin, en eau de boudin, du mini-sommet convoqué par le Secrétaire général de l’ONU pour régler la crise qui endeuille la RDC dans sa partie Est. Ce sommet dit de "très haut niveau" a achoppé sur le refus de Paul Kagamé de condamner le M-23 ainsi que certains de ses leaders. Le Président rwandais s'est également opposé à la mention faisant allusion aux ingérences extérieures dans la crise qui sévit dans l'Est de la RDC. Pire, Paul Kagamé a quitté la table du dialogue 45 minutes après le début des pourparlers, prétextant un rendez-vous urgent.

Ce mini-sommet de tous les espoirs a ainsi laissé un vide sur toutes les perspectives qui s'y étaient arrimées dans la recherche de la paix dans les grands Lacs. C'est à New York que devait se dessiner les éléments essentiels à la finalisation du programme de la CIRGL d'instauration d'une force neutre en plus de la commission de vérification qui est en plein déploiement. Aujourd'hui, les regards qui scrutent les horizons de paix butent à un vide que renvoie l'avenir. Si Ban Ki-Moon, entouré de hauts responsables au niveau de la communauté internationale a été incapable d'imposer une posture de paix à Paul Kagamé, qui donc pourra y parvenir? Question d'importance lorsque l'on sait que Paul Kagamé a brillé par le même comportement lors du dernier sommet de Kampala qu'il avait préféré sécher.

Kagamé choisit le camp du problème

En fin de compte, Paul Kagame et le Rwanda ont choisi de se ranger dans le camp du problème au lieu de rallier celui de la solution. En fin de compte également, on constate que le propos du Président Joseph Kabila dans son discours à la 67ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies aura été prémonitoire. Ce, lorsqu'il engageait la communauté internationale, particulièrement le Conseil de Sécurité de l'ONU, a prendre ses responsabilités pour faire rétablir la paix dans les Grands Lacs en condamnant clairement les guerroyeurs qui déstabilisent cette sous-région. "Nous attendons de la Communauté des Nations qu’à cet égard elle prenne ses responsabilités, et du Conseil de Sécurité qu’il fasse respecter ses résolutions. C’est la condition de leur efficacité et de leur crédibilité", avait déclaré le Chef de l'Etat congolais.

Aujourd'hui, plus que jamais, l'attitude de Paul Kagamé est un grave affront à l'endroit de la communauté internationale qui est aujourd'hui, plus que jamais, placée devant ses responsabilités. Les équilibres internationaux qui sont brisés par le fait de l'incurie d'un leader qui se croit tout permis, au point de braver le sérieux et la condescendance de la communauté internationale. Toujours dans son discours à l'ONU, Joseph Kabila décrivait avec précision et émotion cette situation qui interpelle les consciences et appelle à un engagement sans détour pour le rétablissement de ces équilibres brisés.

Le discours prémonitoire de Joseph Kabila

Joseph Kabila disait ceci, en effet : "Depuis le mois de mars de cette année, la province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, où les mots paix, stabilité, réconciliation, travail, dignité humaine avaient commencé à retrouver leurs lettres de noblesse, est redevenue tristement célèbre, non pour la beauté incomparable de ses paysages, ni pour l’extraordinaire richesse de sa biodiversité, mais comme démonstration du mal profond que l’égoïsme, l’extrémisme, le communautarisme et le primat de la loi de la force sur la force de la loi peuvent produire dans une société."

Cette situation a engendré des situations humainement insoutenable et inacceptable, et Kabila a eu à le relever aussi lorsqu'il a dit : "Au moment où je vous parle, des centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes du Nord-Kivu sont privés de paix et font l’objet des traitements inhumains et dégradants de la part d’une force négative  dirigée par des éléments impénitents du fait de leur grande capacité de nuisance et de  soutiens extérieurs. Des enfants sont privés d’écoles et forcés de porter et d’utiliser les armes à feu pour tuer leurs semblables, voire leurs propres frères et sœurs." Il faut donc faire quelque chose et Kabila en a sensibilisé la communauté internationale en disant : "cette situation est inacceptable. Elle mérite d’être condamnée et devrait donner lieu à des sanctions."

La communauté internationale interpellée

Les participants au mini-sommet de New York ont salué l'engagement de la République Démocratique du Congo dans la recherche de la paix. Kinshasa a ainsi donné les gages de sa bonne foi en se portant à tous les fronts diplomatiques. Mais Joseph Kabila a toujours répété que la paix passe, dans les Grands Lacs, par les voix politique, diplomatique, militaire ou les trois à la fois. Autant d'éléments de contribution qui font, aujourd'hui, que la balle se trouve désormais dans le camp de la communauté internationale qui est appelée à remplir sa part de responsabilité pour faire respecter la charte des Nations Unies.

Cet engagement n'est plus un exercice mécanique, mais bien une responsabilité à porter. Il est, en effet, inacceptable que toute une région soit déstabilisée par la responsabilité d'un potentat, et que des centaines de milliers de vies humaines soient hypothéquées par son fait sans que l'on assiste à une réaction appropriée de la communauté internationale. C'est, d'ailleurs, depuis très longtemps que cette communauté internationale devait sortir de sa commisération pour voir en face l'ouragan qui se profilait à l'horizon. Même le peuple rwandais croupi dans un asservissement que cette commisération a facilité.

Dans une récente lettre adressée aux responsables de la Banque Mondiale, Human Rights Watch dénonçait les maux qui rongent la société rwandaise. Maux qui sont le fait du leadership de ce pays. Ils se traduisent, notamment, par l'absence d'un environnement favorable à la participation civique et la responsabilité sociale, une croissance économique sans libertés politiques ou encore Manque d'indépendance du système judiciaire.Tous les ingrédients sont donc réunis pour engager la communauté internationale dans le camp de la solution. Tous les regards des Congolais et de tous les citoyens du monde épris de paix demeurent rivés vers New York.

Pascal Debré Mpoko