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Tribalisme à la Diaspora RDC : Réponse de l'APARECO au professeur Ciakudia

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Attention aux pseudointellectuels congolais qui enterrent la République Démocratique du Congo (RDC) !

Débat politique autour de la désignation ratée de Monsieur E. Tshisekedi comme Premier Ministre en décembre 1996 suite au discours de Mobutu à son retour de Nice.

Certains pseudo-professeurs de pacotille  qui ne connaissent ni l’histoire, ni les différentes constitutions de leur pays la RDC, ont raconté dans une certaine presse télévisée de la diaspora (largement diffusée dernièrement sur facebook), des inepties sur la période chaude de la guerre d’occupation quand, revenu de Nice, le Président Mobutu a demandé à la classe politique de lui désigner un nouveau Premier ministre, selon les dispositions constitutionnelles en vigueur. Certains de nos compatriotes se sont même empressés de relayer cette interview avec des commentaires d’approbation  prouvant à leur tour leur ignorance de certaines périodes pourtant cruciales de l’histoire de la RDC. L’ŒIL DU PATRIOTE a donc choisi de reproduire tout simplement le témoignage de l’un des protagonistes de cet épisode de la vie politique congolaise auquel semble s’intéresser de nombreux compatriotes.

Comment E. Tshisekedi devait-il être désigné Premier ministre ? Par qui le devait-il ? Pourquoi n’a-t-il pas été désigné comme le souhaitait le peuple congolais ? Dans son livre « Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du Maréchal Mobutu »,  publié aux Éditions Gideppe en 1998 (eh oui déjà), H. Ngbanda a décrit avec force et détails toutes les péripéties de ce moment crucial dont la Rédaction de L’œil du Patriote vous reproduit ci-dessous l’extrait. Comme chacun pourra le constater, depuis sa publication en 1998 jusqu’à ce jour soit 13 ans !), pas un seul homme politique congolais n’en a contesté la version. Y compris Etienne Tshisekedi  lui-même.  Le  leader de l’UDPS est là accessible à tous  !  Mais malheureusement certains de nos compatriotes qui s’érigent volontiers en « professeur » quand il s’agit de calomnier, tirent leurs « informations » d’on ne sait où. Quelqu’un n’a-t-il pas  dit : « si vous voulez cacher quelque chose aux pseudo-intellectuels, mettez-le dans un livre ». Comme il a raison !  

Extrait du livre

« Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du Maréchal Mobutu » (pp 1992 à 200)

(…).Je ne décris pas ces détails pour charger le Premier ministre Kengo et son gouvernement, mais pour épingler les paramètres qui expliquent le degré d’espoir que le peuple zaïrois, toutes tendances politiques confondues, avaient placé dans le retour au pays du Président Mobutu.

Tous les observateurs avertis et connaisseurs de l’histoire de Kinshasa ont été unanimes pour reconnaître que l’accueil et l’ampleur de la mobilisation très spontanée ainsi que l’enthousiasme du retour de Mobutu à Kinshasa le 18 décembre 1996 figurent parmi les plus célèbres et les plus triomphaux que Kinshasa ait connus.

Mobutu lui-même l’a reconnu : même au sommet de la gloire du MPR, il n’avait jamais bénéficié d’un accueil aussi chaleureux. Il en a eu des larmes aux yeux tout au long de son parcours. L’aéroport de Ndjili était noir du monde. Une foule en liesse dansait et chantait sa joie et son espoir en l’honneur du «héros» qui avait toujours su tirer le pays des situations désespérées. Mais la plus part des chansons exprimaient les vraies préoccupations  et les attentes du peuple. Elles tournaient autour des trois points : primo, « Arrêtez-nous cette guerre en prenant vous-même l’armée en main pour chasser Kabila et les Rwandais ! » ;  secundo, « Renvoyez Kengo au Rwanda, chez ses frères, et remettez-nous Tshisekedi ; tertio, Redressez-nous cette situation sociale de misère, et nous vous laisserons au pouvoir aussi longtemps que vous voudrez ! » Même les émissions de sondage populaire « Loba toyoka », organisées par la télévision nationale, ont dégagé ces trois thèmes forts qui exprimaient les attentes de la population.

(…)  Ce soir-là au Camp Tshatshi, le discours du Maréchal avait répondu correctement aux attentes du peuple zaïrois. Sa côte de popularité avait dépassé tous les records antérieurs. Le peuple avait surtout retenu une promesse qu’il attendait du Maréchal quand il lui a dit qu’il connaissait ses attentes et qu’il allait y répondre positivement. Cette promesse solennelle du Maréchal Mobutu me rappelle étrangement le « Je vous ai compris » du Général de Gaulle aux Français au sujet de l’Algérie. Comme quoi l’histoire se répète toujours.

(…) Nous avons eu ensuite avec le Président de la République une séance de travail d’environs deux heures pour l’examen d’une série d’ordonnances portant nomination des nouveaux responsables de commandement des FAZ et de la Garde Civile. A la fin des travaux, le Maréchal me demanda d’informer Vunduawe qu’il avait fixé la séance de travail du cabinet le lendemain à 9 heures.

Lors de cette séance matinale, nous avons fait part au Maréchal de la joie populaire qu’avaient provoquée les décisions portant changement du commandement des FAZ. Nous l’avons exhorté à poursuivre sur sa lancée. « C’est justement pour cela que vous êtes là, nous dit-il. 

J’ai reçu les rapports de partout qui confirment l’impopularité du gouvernement Kengo, et surtout du rejet de sa personne par une bonne partie de la population. Donc, j’ai compris qu’il doit partir. Certains collaborateurs m’ont dit que je devais seulement prendre une ordonnance pour désigner un Premier ministre, et le peuple approuvera. Quel est votre avis sur la procédure à suivre ? ».

Nous avions déjà examiné cette question très longuement avec Vunduawe, la veille au soir, dès que nous avons su que le Président nous attendait le matin pour une séance de travail. Alors, Vunduawe lui fit l’exposé de notre analyse dont l’essentiel invitait le Président à se concentrer sur deux objectifs : la volonté du peuple d’une part, et le respect de la constitution en vigueur dans la procédure de l’accomplissement de cette volonté populaire, d’autre part. 

« Il est clair que le peuple veut le retour de Tshisekedi à la tête du gouvernement.  Mais, étant donné que la Constitution ne vous donne pas le pouvoir de désigner un Premier ministre, et comme la majorité des parlementaires est « achetée » par Kengo, une motion de défiance ne passerait pas. Nous vous proposons de réunir les leaders de toutes les familles politiques constitutionnelles et de leur transmettre la volonté du peuple qui souhaite voir un nouveau gouvernement  (c’est nous qui soulignons). Vu l’urgence, il faut leur donner un délai, à défaut d’un ultimatum, pour que les leaders des deux familles politiques vous apportent le nom d’un nouveau Premier ministre, afin que vous le nommiez comme le prévoient les dispositions constitutionnelles.

«Le Maréchal examina tous les aspects de notre schéma de procédure juridico-politique et l’approuva. Nous avons fixé la convocation de la classe politique à la cité de l’OUA pour le lendemain à 10 heures. Nous avons préparé minutieusement tout le scénario de cette rencontre jusqu’au plus petit détail, afin de ne froisser aucune susceptibilité. Le mot d’introduction du Maréchal, nous l’avons voulu clair, concis et précis.  L’objectif était de mettre la classe politique devant ses responsabilités historiques. Car tout le monde était conscient que nous étions en train de négocier un virage important de l’histoire de notre pays et de tout un peuple. (ndlr :C’est nous qui soulignons) 

La probité intellectuelle m’oblige à souligner l’effort surhumain que le Maréchal Mobutu a déployé pendant les dix jours qui ont suivi son retour au pays, malgré les interpellations violentes du professeur Diomi, son médecin personnel, qui trouvait que le Maréchal allait trop au-delà des limites des heures de travail prescrites pour sa santé. 

Plus d’une fois, le médecin sollicita mon intervention pour l’obliger à arrêter et à respecter ses heures de repos. La déception que Mobutu récolta du résultat de  ses efforts, à cause de la médiocrité de la classe politique, et principalement de sa propre famille politique, brisa son âme et lui ôta le goût de se battre. Je peux me tromper, mais c’est mon constat et ma conviction la plus intime. Car, après cet échec de la classe politique à désigner un Premier ministre, Mobutu n’a plus vraiment voulu s’engager à fond dans la suite de la crise. Je pense qu’il avait joué là son va-tout, et il avait compris qu’il venait de perdre la partie, et quelque chose de précieux et de fondamental venait d’être brisée au plus profond de son être.

La séance avec la classe politique s’est passée exactement comme prévu, dans la courtoisie la plus stricte et dans la concision. Sauf un «incident». Etienne Tshisekedi, qui avait pourtant bien répondu à l’invitation du chef de l’État,  refusa d’entrer dans la salle de réunion, car il n’acceptait pas de s’asseoir autour d’une même table que les leaders dissidents de sa famille politique qu’il considérait comme des « rebelles », seule sa fraction politique de l’opposition était constitutionnellement « légale ». Malgré les efforts et les interventions de plusieurs hommes politiques pour l’inviter à prendre part à la réunion, l’homme de Limete ne changea pas sa décision. C’est grâce à l’intervention personnelle du Capitaine Kongulu, le fils du Président Mobutu, que Tshisekedi accepta d’aller s’installer dans une salle annexe à celle de la grande réunion.

Après la réunion, Vunduawe et moi avons rejoint Tshisekedi dans la petite salle où il fulminait de colère. Il accusa Vunduawe de créer la confusion : « Le communiqué du Président est clair : il invitait les chefs des deux familles constitutionnelles. Pourquoi avez-vous fait venir des irresponsables à cette réunion ? » Cette querelle interne de l’illégalité au sein de l’opposition était un véritable panier des crabes.  Vunduawe a tenté tant bien que mal de calmer sa colère en lui expliquant que le moment était venu pour lui de jouer plutôt au rassembleur et de transcender leur querelle interne. Car le Président de la République attendait que la classe politique lui présente son candidat Premier ministre pour qu’il le nomme le même jour. Or, son nom, qui réunissait toutes les chances de passer, risquait de subir un handicap s’il se mettait à faire le jeu de la division au sein de sa propre famille politique. Vunduawe l’informa enfin que le Maréchal Mobutu avait donné le feu vert à sa famille politique pour accepter sa candidature comme Premier ministre. (ndlr :  C’est nous qui soulignons)

Malgré cette approche très logique et constitutionaliste du professeur Vunduawe, Thsisekedi était pourtant confronté à une autre réalité politique sur le terrain de la bataille pour le pouvoir. Il savait que la famille politique de l’opposition était laminée, divisée, « noyautée et corrompue » selon ses propres termes. Léon Kengo wa Dondo contrôlait, en effet, de main de maître une large portion des parlementaires et des dirigeants politiques de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (USOR) et Alliés, tous bien « rémunérés » par lui.

«Bien que la majorité de l’opinion à ce moment-là fut très hostile à Kengo comme Premier ministre et réclamait le retour de Tshisekedi aux affaires, la famille politique de l’opposition, qui avait seule la responsabilité constitutionnelle de concrétiser la volonté populaire et de répondre à l’appel du Président de la République en présentant, dans les délais, la candidature de Tshisekedi à la famille politique à laquelle appartenait le Président de la République, cette famille politique était plutôt prise dans le tourbillon d’une guerre interne entre « tshisekedistes » et « kengistes ». Et ces derniers, appuyés par leurs complices au sein des FPC (famille politique du Maréchal Mobutu), remportèrent la bataille contre la volonté et les attentes du peuple. Mais c’est Mobutu, seul, qui en paiera le prix !

Ainsi, dès la sortie de la réunion de la Cité de l’OUA, ce fut un véritable tango dans toute la classe politique. Les billets de banque circulèrent à flot ! A l’imbroglio des commentaires sur les propos pourtant clairs du Maréchal succéda la cacophonie des déclarations des leaders de la famille politique du Maréchal qui, passant outre son mot d’ordre, firent passer à la télévision nationale des communiqués affirmant que les FPC « supportaient le gouvernement Kengo ». 

Le Maréchal hors de lui tnous téléphona, Vunduawe et moi, pour nous demander ce qui se passait.Il n’arrivait plus à joindre les responsables de sa famille politique au téléphone. Je me rappelle de la réponse de Vunduawe : «Vous ne nous avez jamais cru, Maréchal, quand nous vous disions que les leaders de votre parti et ceux de votre famille politique sont presque tous sous les ordres de Kengo. Je pense que maintenant vous en avez la preuve. 

Et le peuple risque de croire que c’est vous qui avez donné l’ordre de faire ces communiqués » (ndlr : C’est nous qui soulignons). Ce qui fut justement le cas.

A l’expiration du délai de deux jours, aucun nom n’avait été donné au Maréchal. Il fixa un ultimatum de deux jours. La famille politique du Maréchal s’est alliée avec la fraction de l’opposition pro-Kengo pour reconduire son gouvernement. Ce fut la rupture totale de Mobutu avec son peuple qui n’avait que faire de la subtilité des procédures juridiques trop compliquées.

Ce jour-là, je me suis demandé si nous avions bien fait d’avoir conseillé au Président Mobutu de recourir à la procédure constitutionnelle, et de confier à la classe politique la décision constitutionnelle qui lui revient de présenter au Président de la République le nom du Premier ministre choisi par elle. La gravité de la situation n’aurait-elle pas plaidé pour une action politique directe du Président de la République, compte tenu de la gravité et de la particularité des circonstances  du moment ? Ma conscience personnelle porte là un poids dont elle estime responsable, soit de l’erreur d’appréciation, soit de l’insuffisance de réaction devant ce dérapage fatal.

(…) Je suis personnellement persuadé que la nomination directe de Tshisekedi par une ordonnance présidentielle aurait maintenu la confiance du peuple envers Mobutu, sans préjudice de la compétence du gouvernement que Thsisekedi allait former pour garantir l’unité politique du pays. Mais une telle approche aurait-elle résolu tous les problèmes, ou en aurait-elle suscité d’autres plus complexes ? Nous n’avons pas voulu prendre le risque d’engager le Président de la République sur le chemin de l’inconnu. 

Avons-nous eu tort ou raison ? La critique de l’Histoire est remplie de « si ». Mais personne ne sait jamais établir si l’hypothèse qui n’a pas été adoptée aurait  produit les meilleurs résultats escomptés. Pascal s’est contenté d’estimer que si le nez de Cléopâtre eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.

C’est cela le risque du métier. Surtout lorsqu’il s’agit des grandes décisions. Vous vous trouvez devant le grand carrefour de l’histoire où vous êtes obligé de choisir entre plusieurs chemins dont vous n’êtes pas toujours sûr du lieu où ils vous conduisent. Mais vous êtes néanmoins obliger de choisir un. (ndlr : C’est nous qui soulignons)« Gouverner, c’est choisir » Gaston, duc de Levis (Maximes, préceptes et réflexions).

- Fin de l’extrait -

Voici donc l’extrait du livre qui nous donne la relation exacte des faits par l’un des acteurs de l’histoire de ce moment. Beaucoup d’autres acteurs et témoins cités sont vivants : comme Etienne Tshisekedi lui-même et le professeur  Félix Vunduawe. 

Il est facile de plastronner seul devant les caméras de la télévision et de débiter des sornettes et des inepties en se faisant passer pour un grand …. Professeur ! Les cadres politiques congolais devraient faire un effort pour sortir de la médiocrité qui les plonge dans les mensonges, la jalousie, la haine et la calomnie….    

Paris, le   22 Septembre 2011

Candide OKEKE

Les révélations de Ciakudia sur Ngbanda