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Depuis son indépendance en 1960 : Nord-Kivu, victoire historique pour l'armée de la RDC

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Après avoir mis en déroute le Mouvement du 23-Mars, l'armée congolaise devrait s'attaquer aux rebelles hutus rwandais des FDLR. "Il n'y a plus de place dans notre pays pour quelque groupe irrégulier que ce soit", a déclaré mardi le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

L'armée congolaise ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Après la victoire contre le Mouvement du 23-Mars (M23), Kinshasa a annoncé, mardi 5 novembre, que les FARDC allaient lancer "incessamment" une offensive contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

"Il n'y a plus de place dans notre pays pour quelque groupe irrégulier que ce soit", a déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, ajoutant : "Le M23 était en tête de liste, ils ont été remplacés par les FDLR. On va s'occuper de les désarmer."

La victoire obtenue mardi contre les rebelles du M23 "n'a pas pour conséquence de mettre un terme aux efforts de normalisation de notre pays", et "cela se concrétisera par l'offensive que va lancer incessamment" l'armée contre les différentes milices qui pullulent dans la moitié est du pays, a ajouté Mende.

Selon le porte-parole du gouvernement congolais, après les FDLR, "ce sera les ADF-NALU et la LRA (rebelles ougandais, NDLR) puis les FNL" burundais et ensuite les différentes milices congolaises.

Le président congolais Joseph Kabila avait enjoint le 30 octobre tous les groupes armés présents sur le territoire à rendre les armes volontairement sous peine de s'exposer "à une opération de désarmement forcé aussi vigoureuse que celle en cours" contre le M23.

Arrivées sur le territoire congolais en 1994, les FDLR regroupent des extrémistes hutus dont un certain nombre ont participé au génocide rwandais. Le gouvernement congolais a depuis été régulièrement accusé de les instrumentaliser et les soutenir dans sa lutte contre certains groupes rebelles soutenus par le Rwanda et l'Ouganda.

Le M23 déclare la fin de sa rébellion

Défait depuis mardi matin sur le plan militaire par les FARDC, le Mouvement du 23 mars (M23) a déclaré mettre fin à sa rébellion conformément aux recommandations des pourparlers de Kampala. Dans un communiqué signé mardi 5 novembre par son président Bertrand Bisimwa, la direction du M23 affirme vouloir «poursuivre par des moyens purement politiques la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création».

Cette déclaration publique intervient quelques heures après la déroute des combattants du M23 de deux dernières collines de Chanzu et Runyonyi où ils s’étaient retranchés à la lisière du Rwanda et de l’Ouganda sous les feux de l’armée loyaliste appuyée par les casques bleus de la Monusco.

Bertrand Bisimwa a appelé le chef d’état-major et les commandants des grandes unités du M23 de «préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale dont les modalités sont à convenir avec le gouvernement de la RDC».

Sultani MAKENGA s’enfui au Rwanda

L’aventure du M23 s’est terminée mardi 05 novembre 2013 à 2 h00 du matin lorsque les FARDC sont entrées dans ses derniers retranchements de Chanzu et Runyonyi, remportant ainsi une « victoire militaire indéniable sur les derniers résidus » du mouvement rebelle.

Le chef militaire rebelle Sultani Makenga s’étant enfui au Rwanda, une centaine de mutins du M23 ont été soit capturés, soit se sont rendus eux-mêmes aux troupes loyalistes, confirmant la « victoire totale de la République démocratique du Congo ».

« Les journées d’hier lundi 03 et d’aujourd’hui 04 novembre 2013 demeureront marquées d’une pierre blanche dans l’histoire récente de notre pays la République démocratique du Congo. En effet, c’est essentiellement au cours de la nuit qui vient de s’écouler que s’est dénoué, du moins militairement, le drame des millions de Congolaises et de Congolais pris au cou par une phalange criminelle et prédatrice à partir du territoire d’un pays voisin », a annoncé mardi à Kinshasa le ministre des Médias Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, au cours d’un point de presse.

Il a indiqué que « les vaillantes Forces de défense et de sécurité avaient reçu lundi l’ordre de faire taire coûte que coûte les canons à longue portée qui, au lendemain d’un engagement en trompe-l’œil du M23, continuaient à décimer les populations civiles de Bunagana et des environs à partir du triangle Mbuzi- Chanzu-Runyonyi ». Ces trois montagnes constituaient les derniers bastions inexpugnables des résidus de la rébellion du M23.

Après la bataille pour Mbuzi, les FARDC ont amorcé leurs progressions vers les deux autres réduits d’où provenaient les tirs aveugles et meurtriers. « Dans le but d’économiser les vies humaines congolaises qui reste un leitmotiv dans la stratégie du président de la République et Commandant suprême des FARDC, une unité commando a saboté le dépôt du M23 de Chanzu dans lequel s’entassaient un nombre très impressionnant d’armes et de munitions en provenance de l’étranger », a-t-il dévoilé.

 Il s’en est suivi une « longue série d’explosions » qui a donné à croire en un assaut en règle des FARDC contre ce bastion.

« Ce qui n’a pas été le cas. En réalité, à la suite de la destruction de leur poudrière, le général autoproclamé Rusandiza alias Sultani Makenga et ses têtes brûlées ont intériorisé leur défaite et commencé à mettre le feu à tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter dans leur fuite vers le Parc national qui jouxte la RDC, le Rwanda et l’Ouganda. Ce sont des lieux ouverts, vidés des extrémistes du M23 qui seront par la suite occupés par les FARDC qui ont sauvé plusieurs dizaines de compatriotes civils et militaires prisonniers des mutins », a expliqué Lambert Mende.

Revisitation des causes profondes des flambées récurrentes de violence

Saluant « une victoire militaire indéniable que les FARDC viennent de remporter sur les éléments du M23 et leurs mentors », le porte-parole du gouvernement congolais a déclaré que « les Congolais ont le droit de se réjouir à l’instar de nos sœurs qui ont décidé de battre le pavé aujourd’hui à Kinshasa pour féliciter le Chef de l’Etat et les FARDC ». 

« Il ne viendrait à l’idée d’aucun citoyen congolais normalement constitué de bouder sa satisfaction devant cet exploit après tant d’années et d’épisodes d’humiliation qui ont failli briser la cohésion de la Nation. Nous nous réjouissons naturellement car le comportement de nos gars sur le théâtre des opérations militaires nous emplit d’une fierté légitime », a dit Lambert Mende.

Il a fait remarquer que la RDC « refuse de s’enivrer de ce succès militaire », dans la mesure où « beaucoup reste encore à faire pour stabiliser de manière durable la situation dans cette partie du pays qui vient d’être totalement libérée du joug des forces négatives ».

« Le gouvernement entend plonger de manière sérieuse dans la revisitation des causes profondes des flambées récurrentes de violence qui ont continuellement miné l’Est de notre pays. Seule la poursuite des volets politique et diplomatique des efforts en vue de la résolution de cette crise peut permettre d’y parvenir », a-t-il souligné.

C’est la raison pour laquelle, en dépit de cette victoire militaire sans ambigüités, le gouvernement de la RDC « tient à parachever les contacts déjà entrepris dans ce sens aussi bien à Kampala avec les éléments de ce qui est devenu l’ex-groupe armé M23 qu’à l’intérieur du pays avec la mise en œuvre des recommandations des Concertations nationales » qui se sont tenues à Kinshasa à l’initiative du président Joseph Kabila.

« Comme on peut s’en apercevoir, beaucoup d’efforts ont été déjà consentis par notre pays. De tels efforts sont du reste reconnus et encouragés avec bonheur nos partenaires de la communauté internationale.

Appel à « rapatrier les forces négatives »

Les chefs d’Etat et de gouvernements de la SADC et de la CIRGL, réunis lundi 04 novembre 2013 à Pretoria (Afrique du Sud), ont exhorté les Etats membres des deux organisations régionales à « œuvrer pour le rapatriement des forces négatives dans leurs pays d’origine dans le cadre de la lettre et de l’esprit de l’Accord cadre d’Addis-Abeba ».

Dans un communiqué conjoint, ils ont félicité les FARDC et la Brigade d’intervention de la Monusco  « pour avoir repris de mains de maître les derniers bastions des forces négatives du M23 et avoir ainsi contribué à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire congolais ». 

« Cela se concrétisera notamment à travers l’action vigoureuse que notre Gouvernement, qui ne sera plus gêné par la mutinerie du M23, va lancer incessamment contre les forces négatives rwandaises des FDLR, ougandaises de l’ADF-NALU et LRA et burundaises des FNL qui n’ont que trop longtemps écumé notre terroir, y semant la mort et la désolation tout en menaçant la sécurité de leurs pays d’origine. C’est dire que la victoire militaire d’hier sur le M23 n’a pas pour conséquence de mettre un terme aux efforts de normalisation de notre pays qui doivent, au contraire, se poursuivre », a annoncé le ministre congolais des Médias.

(Avec AFP)