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Gaza, silence complice de la CPI

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Crimes de guerre et crimes contre l'humanite a Gaza, ou est la Cour Pénale Internationale (CPI) ? Comme ce n’est pas en Afrique, il n’y a pas la moindre poursuite contre le Premier ministre israélien qui continue à jouir de l’impunité totale alors qu’il viole le droit international.

Ce qui se passe actuellement dans l’enclave palestinienne de Gaza administrée par le Hamas dépasse tout entendement. Des bombes israéliennes de grande puissance qui tombent comme la pluie pour tout raser. Parmi les cibles de choix de cette folie meurtrière des hôpitaux et des écoles comme si c’était des rampes de lancement des roquettes de fabrication artisanale du Hamas vers le territoire israélien. Cinq hôpitaux détruits, rien que pour la journée d’hier y compris une clinique pour handicapés ainsi qu’une école de l’Onu.

Là ce sont les quelques cibles qui portent pourtant le drapeau blanc, c’est-à-dire à ne pas attaquer en rapport avec les Conventions internationales que Tel Aviv a ratifiées. Mais Tsanal, l’armée israélienne, les a soufflées aveuglément. 

Même chose pour l’immeuble abritant le siège de la chaîne qatari. « Al Jazira », pourtant un média international a subi la furie des bombes de Tsanal, hier. Celles-ci, du reste, continuent à tomber indistinctement sur la pauvre population civile qui ne prend pourtant pas part aux combats où elles ont fait au bas mot, selon le bilan d’hier, 600 morts. 

Dans ce chiffre macabre, il faut compter 100 enfants, des femmes et des personnes âgées. Ce tableau ne correspond ni plus ni qu’aux crimes internationaux, c’est-à-dire des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité tels que disposés dans le droit international.

MOYENS MILITAIRES SOPHISTIQUES

Celui-ci interdit formellement à un Etat d’engager ses forces terrestres dans un autre Etat. Le crime, c’est aussi au niveau des moyens militaires sophistiqués utilisés dans un rapport de forces très disproportionné avec d’un côté, l’Armée israëlienne avec des missiles hyperperfectionnés tirés à partir des avions de chasse, des navires en mer et des chars T52 à blindage multiple qu’aucune roquette ne peut percer. Tous crachent le feu des missiles sol-sol, air-sol à une cadence diabolique.

En face, chez le Hamas, des roquettes rudimentaires fabriquées dans des tunnels sous Gaza à un coût dérisoire de 10Usd. Crimes de guerre dans le chef de l’armée israélienne. C’est là où la CPI est interpellée. Elle a perdu la voix alors que d’aucuns auraient voulu l’entendre parler en termes des poursuites contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a ordonné la commission de ces crimes. 

C’eût été en Afrique que la même CPI se serait déjà mobilisée avec à la clé des mandats d’arrêts internationaux même sans avoir enquêté. Mais au Proche Orient et plus précisément en Palestine, la CPI ne fait rien. C’est là où elle perd encore de son crédit comme après sa justice à double vitesse qui ne vise que les Africains. 

Pourtant, pour enclencher des poursuites contre le gouvernement israélien, la CPI n’a pas besoin que ce pays soit signataire du Statut de Rome. Celui-ci lui donne mandat de poursuivre tous ceux qui sont impliqués dans des crimes internationaux même s’ils ne sont pas pays-partie. C’est le cas du Soudanais Omar El Béchir. La CPI a émis un mandat d’arrêt contre sa personne pour le génocide au Darfour. 

Cependant le Procureur près la CPI n’est jamais allé enquêter au Darfour pour établir les faits. Ce qui n’a pas empêché la Cour d’émettre un mandat d’arrêt international contre El Béchir en 2005. Jamais pour Benjamin Netanyahu qui est pourtant un récidiviste en matière de crimes internationaux.

PRISON A CIEL OUVERT DEPUIS 8 ANS

Quand on sait que les massacres à grande échelle qu’il commet à ce jour à Gaza sont la photocopie des invasions israéliennes meurtrières de 2005, 2006, 2007, 2008 et 2010. Tous sont restés impunis devant la CPI. Un autre crime contre l’humanité c’est le blocus, ou siège de Gaza, depuis 2006 qui place les Gazaouïs dans une sorte de prison à ciel ouvert où vivent près de deux millions d’âmes. 

Des personnes coincées dans une bande minuscule où toutes les issues sont commandées par Tel Aviv, même celle du côté de l’Egypte. Israël a beau jeu de les étouffer pendant bientôt 8 ans. La CPI ne voit rien. Mais au Kenya, où les événements post- électoraux en 2007 qui ont connu 1000 morts entre le camp de Raïla Ondinga et celui Kenyatta, la CPI a délivré des mandats d’arrêts internationaux contre les concernés qui dans l’entretemps sont devenus Président de la République et Vice-Président. 

Il n’y a pourtant pas de commune mesure entre les incidents du Kenya et ceux de Gaza sous blocus israélien depuis bientôt 8 ans, Qui est le donneur d’ordre pour les crimes de Gaza ? C’est bien le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. 

On sait qu’à partir du dossier de Jean-Pierre Bemba Gombo, la CPI a élargi la notion du donneur d’ordre. Ce n’est plus comme d’ordinaire, le commandant qui est sur le terrain avec les troupes, mais le politique qui est au-dessus de cette armature militaire. C’est sur cette base que l’affaire Bemba a été requalifiée. Par cette logique, c’est donc Netanyahu qui doit répondre des crimes commis par Tsanal à Gaza.

[KANDOLO M.]