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Israel – Palestine : Tous les ingrédiens d’une nouvelle guerre sont reunis

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Au lendemain de la mort du chef militaire du Hamas au cours d’une offensive israélienne dans la bande de Gaza, les violences se poursuivent entre Israël et les Territoires palestiniens. Alqassam Brigades lance l'Opération chute de pierres en réponse à l'opération israélienne Pilier de défense. Les funérailles d'Ahmed al-Jaabari ont commencé dans la matinée en présence de centaines de personnes, dont des dizaines de militants armés du Hamas. Selon Jon Donnison, correspondant de la BBC à Gaza, des bateaux de guerre israéliens tirent depuis la mer. Tsahal utilise également des drônes et des avions de chasse. Qui entre le Hamas et Israël a commencé à attaquer l'autre?

Sur son compte twitter, la branche armée du Hamas, les Brigades d'Alqassam, affirment avoir tiré une roquette "Fajr 5" et  "un projectile maison" sur Tel Aviv. l'information n'a pas été confirmée par les autorités israéliennes.

Onze Palestiniens ont péri, dont deux mineurs et une femme, et 115 ont été blessés depuis le début de l'opération "Pilier de Défense" déclenchée mercredi avec l'assassinat ciblé du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad al-Jabari.

En Israël, trois personnes ont été tuées et deux autres blessées légèrement en début de matinée par une roquette tirée sur la ville de Kyriat Malachi, à 30 kilomètres de la bande de Gaza, a indiqué la police.

Selon des informations recueillies en provenance de Gaza, le Hamas serait très déçu par la faiblesse de la réaction égyptienne face à l'opération israélienne "Pilier de défense". Pour le Hamas, Le Caire aurait fait le minimum en dénonçant l'opération, rappelant son ambassadeur et convoquant l'ambassadeur israélien.

"J'appelle au nom de la France à la retenue parce que dans une région déjà très troublée, ce serait une catastrophe qu'il y ait encore une escalade", a affirmé Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères. "La France appelle à la désescalade et à la retenue", a-t-il ajouté.

"Israël bien sûr a droit à se défendre mais on n'arrive à rien en pratiquant un regain de violence. Les Palestiniens ont droit à un État, il faut répéter cela et Israël a droit à la sécurité mais ce n'est pas par la violence qu'on peut régler les problèmes", a insisté le ministre.

Ygal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, sur FRANCE 24 : "Nous n'avons aucune intention de lancer une opération terrestre, mais si le Hamas nous y oblige, [...] nous prendrons nos dispositions".

La police a fait état de salves de roquettes de Gaza tombant sans discontinuer sur le sud d'Israël, notamment sur les villes d'Ashdod, Ashkelon, Gan Yavné, Kyriat Gat et Beersheva, la capitale de Néguev, à 40 km du territoire palestinien, causant des dégâts matériels.

Le Premier ministre du Qatar Hamad Ben Jassem Al-Thani a averti qu'Israël ne devrait pas rester impuni après ses raids meurtriers sur Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas.

"Cette agression abjecte ne doit pas rester dans l'impunité", a déclaré cheikh Hamad tard mercredi soir à Ryad où il a assisté à une réunion des monarchies du Golfe et de la Russie au sujet de la Syrie, selon l'agence officielle Qna.

Israël poursuit son offensive à Gaza

Israël a lancé depuis mercredi une vaste offensive aérienne contre des activistes palestiniens de la bande de Gaza, tuant notamment le chef militaire du Hamas. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence, mais sans prendre de décision.

Des frappes aériennes menées depuis mercredi par l’armée israélienne contre la bande de Gaza ont fait selon un premier bilan onze morts et une centaine de blessés.

Au deuxième jour de cette offensive contre les groupes armés de ce territoire, ce sont trois militants palestiniens, membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, qui ont trouvé la mort alors qu’ils circulaient sur une moto taxi.

"Pilier de défense"

Après plusieurs jours de violences entre Israël et la bande de Gaza, l’État hébreu a lancé ce raid mercredi en tuant le chef militaire du Hamas Ahmad Al-Jaabari.

L'armée israélienne a déclaré que c'était le début d'une opération militaire, appelée "Pilier de défense", contre les groupes armés dans la bande de Gaza. Israël a également menacé d’envoyer ses troupes au sol dans le territoire côtier.

Les Israéliens "sont en train de mobiliser un grand nombre de forces armées, des forces terrestres, avec la possibilité qu’ils entrent dans la bande de Gaza", a ainsi déclaré Riyad Mansour, le représentant palestinien à l’ONU.

Face à cette offensive, le Hamas a promis de se venger. Une trentaine de roquettes ont atterri en Israël depuis la mort d’Ahmed Al-Jaabari, sans faire de blessés.

Une réunion d’urgence

À l’appel de l’Egypte, le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé mercredi soir une réunion d’urgence. Alors que l’Autorité palestinienne avait demandé au Conseil de publier un communiqué demandant à Israël de cesser son offensive, aucune décision n’a été prise.

L’ambassadeur indien, Hardeep Singh Puri, qui préside le Conseil de sécurité a déclaré que les membres n’avaient réussi à se mettre d’accord que sur la nécessité de publier un communiqué mentionnant la tenue d’une réunion en urgence et d’autres détails de procédure.

Le président américain Barack Obama a part ailleurs discuté par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ainsi qu’avec le président égyptien, Mohamed Morsi.

"Le président a demandé au Premier ministre Netanyahou de faire tout son possible pour éviter des victimes civiles. Les deux ont été d’accord pour dire que le Hamas doit cesser ses attaques sur Israël pour permettre de désamorcer (la crise)", a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué.

"Le président s'est aussi entretenu avec le président Morsi compte tenu du rôle central de l'Egypte dans la préservation de la sécurité régionale. Lors de leur conversation, le président Obama a condamné le tir de roquettes à partir de Gaza vers Israël et réaffirmé le droit d'Israël à l'auto-défense", précise ce document.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s’est lui aussi entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien et avec le président égyptien.

"(Ban) a exprimé sa préoccupation à Netanyahou au sujet de la détérioration de la situation dans le sud d'Israël et la bande de Gaza, avec une escalade alarmante de tirs de roquettes sans discernement de Gaza vers Israël et le meurtre ciblé d'un opérationnel militaire à Gaza", peut-on lire dans un communiqué de l’ONU.

Cette nouvelle escalade de violence rappelle l’opération "plomb durci" qui avait fait 1400 morts palestiniens fin 2008.

[avec FRANCE 24/dépêches]