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Angleterre, les craintes d'une sortie de l'UE

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Après avoir remporté la majorité absolue, le premier ministre David Cameron a confirmé qu'il organiserait un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE. Tous les commentateurs l'ont souligné : la victoire nette des conservateurs britanniques à la Chambre des Communes a été une vraie surprise d'autant que les instituts de sondage n'avaient rien décelé.

Les électeurs ont choisi les bons résultats économiques obtenus ces deux dernières années par David Cameron

De plus, le message de son adversaire travailliste Ed Milliband a été mal reçu par les britanniques ; son projet faisait penser à "une économie à la française, avec ses contrôles de prix".

David Cameron veut des dérogations pour le Royaume-Uni ou une réforme de l'UE, qui passerait par un nouveau Traité. L'idée est que l'UE ne se mêle pas de tout et en reste à ce qui est le mieux : un grand Marché de libre-échange.

Une fois qu'il aura négocié avec ses partenaires et la Commission européenne, le premier ministre britannique posera la question par référendum : voulez-vous rester dans l'UE ou en partir ?

L'enjeu est important pour les irlandais voisins qui calculent déjà les risques

Au sein de l'UE, l'Irlande et la Grande-Bretagne sont des partenaires commerciaux actifs. Selon une étude du centre "Open Europe", une sortie de la Grande-Bretagne ferait perdre à l'Irlande 3 points de PIB de croissance d'ici à 2030. Sans doute faudra-t-il accorder des réformes à David Cameron mais cela dépendra de ce qu'il demandera à ses partenaires.

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UK, l’envie de sécession perdure en Ecosse

Bien que réélu à la majorité absolue, David Cameron et son parti ont subi un cuisant désaveu en Ecosse où l’envie de sécession perdure. Le Premier ministre britannique devra faire des concessions à Edimbourg alors que d’autres régions aussi veulent plus d’autonomie.

Le Parti nationaliste écossais (SNP), revigoré contre toute attente par sa courte défaite au référendum d'indépendance il y a huit mois, a raflé 56 des 59 sièges en Écosse, opérant une véritable razzia dans une contrée considérée voici peu comme un fief travailliste imprenable. Face à un tel raz-de-marée, David Cameron a aussitôt réaffirmé sa volonté d'accorder plus de responsabilités aux gouvernements régionaux du Royaume-Uni.

« En Écosse, notre plan est de créer le gouvernement décentralisé le plus fort du monde avec d'importants pouvoirs en matière d'imposition », a promis le Premier ministre réélu plus facilement que prévu lors d'un discours devant le 10, Downing Street juste après avoir été reconduit dans ses fonctions par la reine Elizabeth II.

Un « Scoxit » n’est pas à exclure

Côté écossais, Nicola Sturgeon, la Premier ministre de la région autonome septentrionale, avait jusqu’ici assuré que ses demandes prioritaires portaient sur des pouvoirs accrus en matière de maîtrise des finances, soulignant que la question de l'indépendance n'était plus à l'ordre du jour. Mais après leur triomphe, l'appétit des indépendantistes risque d'être aiguisé.

Tony Travers, expert de la London School of Economics (LSE) interrogé par l’Agence France-Presse, n'a pas l'ombre d'un doute sur le sujet: « l'indépendance reste l'objectif ultime des nationalistes », a-t-il assuré. « Les nationalistes du SNP ont perdu une bataille mais ils ont gagné la guerre », a confirmé Kate Jenckins, une autre experte à LSE.

Quant à la question d’un éventuel « Brexit » (contraction de « Britain » et « exit », autrement dit une sortie du Royaume Uni de l’UE après référendum), il pourrait déboucher sur un « Scotxit » écossais. Nicola Sturgeon, europhile convaincue, a en effet déjà prévenu qu'une sortie britannique de l'UE serait une condition suffisante pour reposer la question de l'indépendance.

Le Royaume désuni

Inspirés par le SNP, les nationalistes gallois du Plaid Cymru se sentent à leur tour pousser des ailes. Ils ont amélioré leur score à 12 % dans la plus déshéritée des quatre nations constitutives du Royaume-Uni qui, outre l'Écosse, comprend aussi l'Angleterre et l'Irlande du Nord.

Leanne Wood, 43 ans, leur dirigeante républicaine qui s'entête à appeler « Mme Windsor » la reine Elizabeth II, a brisé un tabou l'an dernier en signifiant qu'elle trouverait « normal » que le Pays de Galles accède à l'indépendance, alors que l'idée était jusqu’alors embryonnaire.

Les aspirations à Edimbourg et Cardiff s'accompagnent d'une envolée des revendications en faveur d'une délégation accrue des pouvoirs en Irlande du Nord ainsi que dans les grandes métropoles, à commencer par Manchester et Liverpool.

(Avec AFP)