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Législatives en France : TRIERWEILER, une intervention profondément ambarrassante pour HOLLANDE

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Rancœur et jalousie ? Le psychodrame à la Rochelle rebondi. La compagne de François Hollande s'est immiscée contre toute attente dans la campagne des élections législatives en France en apportant mardi ses encouragements au dissident socialiste opposé à Ségolène Royal à La Rochelle. L'intervention, sur son compte Twitter, de Valérie Trierweiler en faveur d'Olivier Falorni a coïncidé avec la venue dans la matinée à La Rochelle de Martine Aubry et Cécile Duflot pour soutenir Ségolène Royal, ex-compagne et mère des quatre enfants du chef de l'Etat. Un tweet qui met fin à la présidence normale de François Hollande.

Valérie Trierweiler s'est immiscée contre toute attente dans la campagne des élections législatives en France en apportant mardi ses encouragements au dissident socialiste opposé à Ségolène Royal à La Rochelle.

L'intervention, sur son compte Twitter, de la compagne de François Hollande en faveur d'Olivier Falorni a pratiquement éclipsé la venue à La Rochelle de Martine Aubry et Cécile Duflot pour soutenir Ségolène Royal, mère des quatre enfants du chef de l'Etat.

"Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé", écrit Valérie Trierweiler sur Twitter.

Olivier Falorni a réagi immédiatement, évoquant une "belle surprise".

"C'est un message de soutien amical et personnel auquel je suis très sensible", a-t-il dit sur i>Télé.

Ségolène Royal s'est refusée à réagir, Martine Aubry se contentant de déclarer : "François Hollande soutient Ségolène Royal, il n'y a pas d'autre commentaire à faire".

A l'Elysée, on considère que "ce n'est pas un sujet pour la présidence de la République". François Hollande n'avait pour l'heure fait aucun commentaire.

Un ministre a minimisé "l'affaire" : "Une chose est sûre, c'est qu'il n'y a pas d'enjeu pour la gauche". Un autre a évoqué "une affaire privée".  

Ségolène Royal et François Hollande ont officialisé leur séparation en 2007, lors de la campagne présidentielle, et les relations entre l'ancienne et l'actuelle compagne du président sont depuis lors notoirement délicates - empreintes d'une jalousie à fleur de peau, selon des proches.

Pour autant, à l'automne dernier, Valérie Trierweiler avait salué sur ce même compte Twitter le ralliement de Ségolène Royal au vainqueur de la primaire socialiste : "Hommage à Ségolène Royal pour son ralliement sincère, désintéressé et sans ambiguïté."

"LES APPAREILS N'ONT RIEN COMPRIS"

Valérie Trierweiler, décrite comme une femme au fort tempérament, a décidé de poursuivre sa profession de journaliste malgré son nouveau statut, rejetant tout conflit d'intérêts.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a jugé "pitoyable" cet épisode, premier accroc notable du quinquennat de François Hollande.

"Mme Trierweiler réglant ses comptes avec l'ex de son compagnon, accessoirement président de la République : Juste pitoyable, ça promet", écrit-elle sur son compte Twitter.

Martine Aubry et Cécile Duflot ont accompagné mardi matin Ségolène Royal à la préfecture de Charente-Maritime, où elle a déposé sa candidature dans la première circonscription, une formalité accomplie la veille par Olivier Falorni.

François Hollande lui apporte son soutien officiel dans sa profession de foi. "Ségolène Royal est l'unique candidate de la majorité présidentielle qui peut se prévaloir de mon soutien et de mon appui", écrit-il.

Pour Olivier Falorni, "cela montre que les appareils politiques parisiens n'ont rien compris à ce qui se passe à La Rochelle". 

"Tout cela ne fera que renforcer mon élection dimanche prochain", a-t-il dit à Reuters. "Moi, je n'ai besoin du soutien que de mes électeurs".

Martine Aubry avait expliqué un peu plus tôt le sens de sa présence aux côtés de Ségolène Royal.

"Il se passe ici quelque chose d'étonnant", a-t-elle dit. "Le rassemblement qui doit se faire partout, il y a un seul endroit où il ne s'est pas fait, c'est ici. Nous avons ici une seule candidate de la majorité présidentielle, soutenue par tous les partis de la gauche. Et si ce n'était pas ici, Cécile et moi, nous serions allées dans une autre circonscription".

Martine Aubry a dit être convaincue de la victoire de Ségolène Royal, qui a obtenu 32,03% des voix au premier tour contre 28,91% pour Olivier Falorni et 19,47% pour la candidate UMP Sally Chadjaa 19,47%, écartée du second tour.

Le président du conseil général de Charente-Maritime, l'ancien ministre UMP Dominique Bussereau, a appelé à voter pour le dissident socialiste.

[Reuters]