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RDC : La MONUSCO continue de violer les femmes et jeunes filles en toute impunité

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Près de 80 nouveaux cas d’abus sexuels par des agents des Nations Unies ont été recensés en 2014. Des chiffres qui ne représentent que la pointe de l’iceberg, puisqu’une grande partie des abus ne sont jamais dénoncés par les victimes. Un abus sexuel sur quatre est commis sur des mineurs et plus de six cas sur dix, soit 51 allégations, ont été signalés dans des opérations de maintien de la paix, où les Casques bleus ont pourtant le mandat de protéger les populations.

Les trois quarts de ces signalements se concentrent en République Démocratique du Congo, au Soudan du Sud et en Haïti. 

Passée championne de la défense des droits de l’homme, l’Organisation des Nations Unies s’est distinguée, ces derniers temps, par la distribution des remontrances et même des cartons rouges à travers le monde. La RDC aura été particulièrement touchée par ces offensives intervenues à un moment très délicat de sa lutte contre les groupes armés nationaux et étrangers.

La première fois, la Monusco avait refusé de collaborer avec les FARDC dans la traque des FDLR au motif que deux généraux, qui aurait commis des violations des droits de l’homme, ont été affectés à l’Est. La seconde fois, un rapport du SG, relayant celui de la mission onusienne, faisait état de la disqualification de sept officiers militaires et de la police au motif qu’ils représentaient des « risques réels » de « violation grave des droits de l’homme ».

On espérait que, dans la pratique, l’ONU et ses démembrements prêcheraient par l’exemple en la matière. Mais les Congolais ont cessé d’y compter déjà depuis l’époque de la MONUC où des casques bleus faisaient s’accoupler des filles congolaises avec des chiens dans une villa à l’UPN. Et ils n’ont pas encore oublié l’épisode de ces autres casques bleus sur qui il avait été trouvé des tenues militaires de la Garde Républicaine à Goma.

Une fois encore, de graves révélations sur des abus sexuels viennent d’éclabousser l’ONU. En effet, « près de 80 nouveaux cas d’abus sexuels par des agents des Nations Unies ont été recensés en 2014 », peut-on lire dans un rapport confidentiel du SG de l’ONU, Ban Ki Moon en personne. Le rapport ajoute qu’il s’agit de « crimes perpétrés en grande majorité dans des missions de paix, là où les Casques bleus sont censés protéger la population ».

D’autres sources indiquent qu’il s’agit là de « chiffres qui ne représentent que la pointe de l’iceberg, puisqu’une grande partie des abus ne sont jamais dénoncés par les victimes », tandis que d’autres sont tus par les responsables des différentes missions à travers le monde pour ne pas ternir leur image.

Selon des statistiques rapportées par les médias occidentaux, « un abus sexuel sur quatre commis sur des mineurs, soit par des Casques bleus, des employés civils, des militaires ou des policiers qui travaillent tous sous l’égide de l’ONU ». Ces chiffres indiquent aussi que « plus de six cas sur dix, soit 51 allégations, ont été signalés dans des opérations de maintien de la paix, où les Casques bleus ont pourtant le mandat de protéger les populations les plus vulnérables ».

Autre ignominie : « les trois quarts de ces signalements se concentrent en République Démocratique du Congo, au Soudan du Sud et en Haïti. Plus du tiers des plaintes concernent “les formes les plus choquantes d’exploitation et d’atteintes sexuelles ».

Ceci se passe de tout commentaire. Les observateurs se sont, d’ores et déjà, mis dans l’expectative pour voir comment réagira Martin Kobler, l’homme au double jeu qui souffle le chaud et le froid. Hier encore, devant le Conseil de Sécurité, le patron de la Monusco a plaidé pour le prolongement du mandat de sa mission en RDC au motif qu’il y aurait encore beaucoup à faire pour stabiliser le pays. Et la réplique ne s’est pas faite attendre : Raymond Tshibanda, Ministre congolais des Affaires Etrangères, a plutôt plaidé pour le retrait progressif de cette mission.

[Pascal Debré Mpoko]