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Cour Pénale Internationale : Puissante seulement contre l’Afrique

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La Cour Pénale Internationale (CPI) s’est tue sur l’intervention de la France en Côte d’Ivoire mais a arrêté Laurent Gbagbo, elle est restée muette sur de nombreux bombardements en Palestine, en Gaza ou en Afghanistan, elle était aussi silencieuse sur l’ingérence de la coalition internationale en Lybie, énumère un analyste qui veut voir la mission de la Cpi repensée. Le 80% de dossiers des dossiers sur la table des juges concerne les africains. A quand les européens, les américains qui sont pourtant les plus grands fauteurs des crimes en Afrique dans le but de sauvegarder leurs intérêts ? La question est sans réponse. Mais la révolte de l’Afrique sera féconde. 

La Cour pénale internationale (Cpi) vient de rendre Le premier jugement en dix ans de son existence. C’est le 14 mars dernier que les juges de cette instance judiciaire se sont prononcés sur le procès Thomas Lubanga, Chef milicien de l’Union des patriotes congolais (Upc). Ce rebelle congolais a été déclaré coupable d’avoir recruté et utilisé des enfants de moins de 15 ans dans sa milice qui a sévit à l’Est de la Rdc. Alors que la Cour siégera encore pour statuer sur la peine contre ce Congolais, Luis Moreno, Procureur de la Cpi, demande une peine proche du maximum, c'est-à-dire que Thomas Lubanga pourrait passer le reste de sa vie en prison.

Un jugement que d’aucuns saluent mais qui passe aux cribles des analystes. Après Thomas Lubanga, ce sera Laurent Gbagbo, ancien Président de la Côte d’Ivoire, Jean Pierre Bemba, ancien Vice-président congolais, et la liste est longue. De toutes éminentes personnalités africaines comparaissent devant le tribunal de cette Cour. D’autres plusieurs citoyens africains sont toujours dans le viseur du Procureur de la Cpi. L’on citera Omar El Béchir, Président soudanais à qui un mandat d’arrêt international est lancé et d’autres personnalités. Il s’agit de Bosco Ntaganda, actuellement Général au sein de l’Armée congolaise, coaccusé avec Thomas Lubanga.

A la suite de la déclaration de la culpabilité de Thomas Lubanga, Luis Moreno a exprimé le vœu de voir les autorités congolaises participer à l’arrestation et au transfèrement de Bosco Ntaganda. Même si l’on sait le haut niveau de collaboration de la Rdc avec les instances judiciaires pour lesquelles elle a souscrit aux chartes leur instituant, il y a lieu de repenser l’action de la Cpi, pensent de nombreux analystes. La rue aussi s’y pose beaucoup de questions même si le verdict est jugé passable.

En effet, de l’avis de nombreux observateurs, la Cpi serait instituée pour le continent noir seulement. Son action, ses nombreuses enquêtes ne concernent que l’Afrique. Pourtant, les conflits, il y en a partout au monde. « C’est du néocolonialisme » lâche un analyste. Un autre parlera « d’un instrument d’impérialisme occidental en Afrique ». Ils n’ont pas tort de conclure ainsi. Cette Cour internationale se révèle impuissante face aux nombreuses exactions commises par les super puissances dans ce que l’on peut appeler le tiers-monde.

La Cpi s’est tue sur l’intervention de la France en Côte d’Ivoire mais a arrêté Laurent Gbagbo, elle est restée muette sur de nombreux bombardements en Palestine, en Gaza ou en Afghanistan, elle était aussi silencieuse sur l’ingérence de la coalition internationale en Lybie, énumère un analyste qui veut voir la mission de la Cpi repensée. Le 80% de dossiers des dossiers sur la table des juges concerne les africains. A quand les européens, les américains qui sont pourtant les plus grands fauteurs des crimes en Afrique dans le but de sauvegarder leurs intérêts ? La question est sans réponse. Mais la révolte de l’Afrique sera féconde. Déjà en janvier dernier, l’Union Africaine avait demandé la révision de la charte et la mission établissant cette Cour.

Jérémie KADO