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Tué sur ordre de « KABILA » : KAMERHE salue la mémoire du Colonel NDALA

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Le Président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) a solennellement salué la mémoire du Colonel Mamadou Ndala, assassiné par ses propres frères d'armes, le 2 décembre dernier, à plus de  5 Kilomètres de Beni, dans la province du Nord-Kivu.  C’était lors d’un meeting tenu,  le vendredi 3 janvier 2014, à Notre Dame de Fatima, à la Gombe.  Pour Vital Kamerhe, cet Officier des FARDC (Forces armées de la RD. Congo) « est un véritable héros national » qui s’est sacrifié pour la cause de la Nation. 

Ils étaient en grand nombre à bonder la salle de conférences de la paroisse catholique Notre Dame de Fatima, à   la Gombe. Cadres et militants de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), membres de la Coalition pour le Vrai Dialogue (CVD) et professionnels des médias se sont mis à l’écoute de l’ancien Speaker de l’Assemblée Nationale. Pour sa première sortie publique de l’année 2014, Vital Kamerhe a commenté l’actualité politique nationale et n’a pas manqué de  mots pour ce qu’a été  la gestion du pays en 2013.

La nouvelle, le 2 janvier 2014, de l’assassinat du Colonel Mamadou Ndala, Commandant du 42ème bataillon des unités de réaction rapide des FARDC, a été accueillie avec un grand choc chez les congolaises et congolais et, particulièrement, pour  les habitants du Nord-Kivu qui l’ont vu à l’œuvre. Le même regret s’est ressenti à l’UNC et à la  CVD. « Mamadou Ndala est un véritable héros national », a déclaré Vital Kamerhe. Le Président de l’UNC et Autorité morale de la CVD a rendu un vibrant hommage  à celui qui a dirigé avec triomphe la dernière offensive des FARDC pour  la neutralisation des rebelles du M23 (Mouvement du 23 Mars), dans  l’Est de la RD. Congo. Au moment de sa mort, cet Officier d’une trentaine d’années révolues, un  fruit mûr  de la formation des instructeurs belges, angolais, américains et chinois menait, avec dextérité,  une opération contre les rebelles ougandais des ADF/NALU, à Beni. Le 25 décembre 2013, ces rebelles avaient même réussi à occuper la localité de Kamango, Kisiki et le pont de Semliki. Dépêché sur place, Mamadou Ndala et ses hommes avaient réussi à les en déloger, au profit bien compris  des Fardc.  

La paix reste à rechercher

Pour Vital Kamerhe, cet assassinat prouve une fois de plus que la paix reste encore à rechercher dans la partie Est de la RD. Congo, tout comme dans l’ensemble du pays. Il en va également pour preuve, les évènements du 30 décembre dernier, avec des attaques surprenantes  à Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Kindu. L’ancien bras droit de Joseph Kabila s’indigne spécialement  de la « facilité » avec laquelle ces assaillants de mauvais goût  ont réussi à pénétrer les différents sites stratégiques du pays, en  l’occurrence,  la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), l’Aéroport International de N’djili, l’aéroport de Kindu  et l’Etat-Major Général des FARDC,  au camp Tshatshi. « Soit il y a eu défaillance, soit complicité ou simplement de la mascarade ?», s’interroge celui qui passe aujourd’hui comme l’un des plus farouches opposants au pouvoir en place. Pour lui, en effet,  il faut une enquête sérieuse qui puisse éclairer l’opinion nationale demeurée,  jusqu’ici, perchée sur   « plusieurs inquiétudes sur fond d’une peur ».

2013 : bilan mitigé

A grands traits,  l’ex-candidat n°5 à la dernière présidentielle a dressé un bilan somme toute  négatif de la gestion du pays,  au cours de l’année 2013. A l’en croire,  les conditions sociales de la population restent « catastrophiques », en dépit de quelques auto-satisfécits du Gouvernement sur la stabilisation du cadre macroéconomique. Il a, en outre, fustigé le fait que l’année s’ouvre sans la loi des finances pour l’exercice 2014 qu’il qualifie de « boussole » pour la gestion des ressources nationales.

Sur le plan politique, Kamerhe  renouvelle,  avec instance,   l’engagement de son groupe qui réclame un « vrai dialogue » autour de  grandes questions du pays, conformément  aux exigences  de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Ce dialogue devra, dit-il, porter  notamment,  sur des leçons à tirer des élections calamiteuses du 28 novembre  2011, de la suite du processus électoral et des différentes réformes dans le pays.

[Socrate Nsimba]

ADRESSE A LA NATION DU PRESIDENT DE L’UNC, VITAL KAMERHE

Chers Compatriotes,

Kinshasa, le 3 janvier 2014.

Avant de commencer cette adresse, nous vous invitons à une minute de silence pour saluer la disparition d’un grand combattant, officier patriote, le colonel MAMADOU NDALA qui s’est distingué sur le champ de bataille à l’Est de la RDC contre le M23 et ses alliés externes ; un officier dont l’action militaire a redonné de l’espoir à notre peuple par rapport à l’efficacité de nos forces armées ; un officier dont le nom et le renom rejoignent ceux de ses vaillants prédécesseurs comme le Général André KISASE NGANDU, le Général MBUZA MABE, le Colonel VANGU, et d’autres qui ont versé leur sang pour la Patrie. Sans les citer tous, nous pensons aux Evêques Munzirihirwa, Kataliko, Charles Mboga..., sans oublier tous les officiers et soldats inconnus qui ont sacrifié comme lui, leur vie dans la lutte pour la liberté et l’intégrité de notre Patrie.

Le sens du devoir vient d’être illustré malheureusement dans la tragédie, dans l’amertume, dans la douleur et dans l’angoisse parce qu’un jeune officier de valeur, incarnant le Congo tel qu’il devrait être fauché par les ennemis de la République : d’abord le devoir, ensuite le devoir et toujours le devoir.

Symbole de la reconnaissance rêvée de notre armée, aux côtés du Chef d’Etat-Major des Forces terrestres et du Commandant région du Nord-Kivu, MAMADOU NDALA, vous avez été un exemple de bravoure, de courage et de détermination pour des hommes des troupes par delà toute la Nation ; vous veniez à peine de nous démontrer que ce pays était capable de produire des héros véritables, c’est-à-dire, des hommes, des femmes et des jeunes à même de servir la République jusqu’au sacrifice suprême.

Nous compatissons à la douleur qui frappe votre famille biologique, nous saluons la mémoire du soldat; et à jamais, la Nation vous serra reconnaissante. Votre sacrifice ne sera pas vain. Les circonstances réelles de votre mort doivent être élucidées. Votre combativité sera relayée par des dizaines et des centaines d’autres combattants, appuyés par notre peuple et tous ceux qui entendent ne pas trahir la Nation et la Patrie en danger.

Peuple congolais aujourd’hui en deuil, populations du Nord-Kivu et du Sud- Kivu, dont nous mesurons la détresse et la consternation, nous implorons le Très Haut Dieu Tout Puissant et miséricordieux pour vous consoler. Aussi nous vous présentons à vous tous, nos condoléances les plus attristées, et pour vous consoler, nous vous rassurons de notre descente sur terrain au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans la Province Orientale pour conduite de la caravane de paix de l’Opposition.

Au commandement militaire, aux officiers et sous-officiers et à nos vaillants soldats des FARDC, nous vous présentons nos condoléances et nous vous assurons de notre soutien pour la poursuite de votre noble mission, celle de toujours défendre notre patrie.

Chers compatriotes,

La vie du Colonel MAMADOU NDALA n’aura pas été vaine sur cette terre des hommes car, il vient d’entrer dans l’histoire par le devoir et la bravoure, par le combat et la lutte pour la liberté. Nous enseignerons aux générations présentes et futures son nom. C’est pourquoi, nous proposons au Gouvernement de la République et aux populations du Kivu, pour ne pas oublier cette illustre personnage, que le Rond-Point Seigners de Goma soit débaptisé « Rond Point MAMADOU NDALA ». La même recommandation concerne l’immortalisation du feu Général MBUDJA MABE à Bukavu.

Au gouvernement de la République, nous demandons d’enterrer ce digne fils du pays avec les honneurs qu’il mérite, mais également de l’élever en le nommant, malheureusement, à titre posthume, au rang de Héros national. D’ailleurs, nous nous posons la question de savoir pourquoi cet officier valeureux, qui s’est distingué par ses hauts faits d’arme, n’avait jamais bénéficié de promotion. On ne peut pas nous prouver que ceux qui ont été promus dernièrement Généraux, avaient tous plus de mérite que le Colonel MAMADOU NDALA.

Chers Compatriotes,

Cet assassinat, le énième, et les événements qui se sont déroulés le 30 décembre 2013 de façon synchronisée, concomitamment à Kinshasa, sur trois sites par essence stratégiques (la RTNC, le bâtiment abritant le ministère de la défense, le quartier général de l’Etat-major général des Forces armées et l’aéroport international de N’Djili ; au Katanga dans les villes de Lubumbashi et de Kolwezi ; et dans le Maniema à Kindu), méritent d’être décryptés avec la plus grande minutie car ils sont révélateurs de l’état réel de la Nation à divers points de vue : sécuritaire, politique et socio-économique.

Les faits semblent être connus :

1) Incursion de personnes munies d’armes blanches et non autrement identifiées, dans l’enceinte de la RTNC. Ils tuent des éléments des forces de sécurité et de l’ordre affectés à la garde et à la sécurité des lieux ; font irruption sur le plateau de la télévision où ils prennent en otage des journalistes en pleine émission, diffusée en direct.

S’ensuit un imbroglio qui se terminera quelques minutes plus tard par l’interruption du signal TV. Les assaillants, une poignée de jeunes gens habillés de T-shirt se seraient réclamés d’un gourou politico-religieux katangais, pasteur de l’église de la restauration et ancien candidat à la présidentielle de 2006. Commencée aux environs de 8 heures du matin, l’aventure s’achèvera en milieu d’après-midi par l’assaut des forces de sécurité. Quel est le bilan réel ?

3) Mêmes types de troubles à Lubumbashi, Kolwezi et Kindu. Quel est le bilan réel ?

Intervenant à la télévision nationale après la reprise de contrôle de la RTNC, le porte-parole a fait état de « tentative de déstabilisation du pays par des terroristes». Mais, aucune précision n’est officiellement donnée sur les motivations et les intentions des assaillants et sur leurs commanditaires. S’en est suivi une psychose d’insécurité et de méfiance vis-à-vis des garanties républicaines de justice et de paix, en même temps que s’est consolidé et aggravé ce sentiment de mépris des gouvernants à l’endroit du droit à l’information des citoyens et de leur obligation de rendre compte. En somme, cette psychose vient renforcer le grave malaise que les concertations nationales ont entendu enrayer, apparemment en vain.

Le pouvoir se plaint souvent dans notre pays de la vigueur des rumeurs ; il faut bien admettre qu’il s’agit largement de la conséquence d’une gestion calamiteuse d’un droit républicain fondamental qui est le droit à l’information et sa non observance peut déboucher sur une propension à des diverses manipulations de l’opinion publique.

Dans ce registre des rumeurs, certains observateurs et analystes n’hésitent pas à lier ces événements avec les récentes promotions au niveau de la police nationale, confirmant la mise à l’écart de l’ancien Inspecteur général qui avait été suspendu à la suite de l’affaire Chebeya. Dans la même lancée, on a évoqué de possibles connections avec les milices « Bakata Katanga ». Ces supputations ont été énergiquement démenties par l’officier général de la Police concerné dans une entrevue qu’il a accordée à une radio de la place, la Radio Okapi, pour ne pas la citer.

Chers Compatriotes,

Entre temps, d’autres événements dramatiques ou insolites rappelés ci-haut continuent à troubler la paix et la conscience des citoyens : l’assassinat du Colonel NDALA au cours de ce qui est présenté, sous diverses versions, tantôt comme une embuscade du groupe rebelle ougandais NALU ; tantôt comme le fait d’un civil, isolé, faisant usage d’une lance roquette... A l’aéroport militaire de Ndolo, des agitations et perturbations ont été signalées sans que le pouvoir n’en précise réellement la nature, ni les tenants et les aboutissants. Tout comme avant-hier à Lubumbashi. Le Gouvernement se limite à dire chaque fois qu’il s’agit d’un soldat saoul qu’il fallait maitriser. La Ville de Kinshasa a connu également ce jeudi 02 janvier 2014, ses heures de panique et d’angoisse, ...

Ces événements malheureux qui endeuillent notre Nation et continuent à semer le trouble et la désolation dans plusieurs coins de la République nous interpellent à plus d’un titre et nous rappellent que la cohésion nationale et la paix exigent de nous plus qu’un congrès de la majorité présidentielle et de ses alliés.

Et dans pareille situation, une coalition politique de l’opposition républicaine comme la CVD (Coalition pour le Vrai Dialogue) ne peut se taire. Elle se doit d’exprimer clairement les préoccupations de la population et son refus d’une politique sécuritaire opaque, permettant toutes sortes de dérives et d’agendas cachés. Nous nous devons d’être le porte-voix de notre peuple qui a le droit d’interpeller le pouvoir sur les nombreuses nuisances et sur les suites, notamment judiciaires, à leur donner. Dans la mesure où nous sommes une opposition institutionnelle, garante de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit, un contre-pouvoir indispensable aux saines vertus républicaines, il nous incombe un devoir de veille et d’alerte face à des actes et des situations ou des événements qui fragilisent l’intérêt général.

Aussi, face aux événements et situations évoqués ci-avant, notre premier devoir est de condamner fermement toute aventure nébuleuse, toutes mascarades et manipulations susceptibles de semer la désolation dans notre société, et de justifier par là certaines dérives ou velléités d’arbitraires, chasse aux sorcières, fabrication de boucs émissaires et détourner l’attention sur les véritables problèmes qui nous assaillent.

Nous exigeons que des enquêtes approfondies et indépendantes soient menées et que des investigations sérieuses soient conduites pour que cette fois-ci, toute la vérité soit établie et que notre population ait l’information idoine sur l’assassinat du Colonel MAMADOU NDALA et sur les tristes événements du 30 décembre 2013 et du 02 janvier 2014.

Si les corrélations insinuées entre ces différents faits relatés se vérifient, que l’information est portée à la connaissance de la population et que les responsabilités y relatives sont dégagées. Il faudra que justice soit faite. Le Porte-Parole du Gouvernement a déclaré qu’un certain nombre de personnes ayant participé aux événements du 30 décembre 2013 sont aux arrêts. Nous espérons qu’elles sont entre les mains et sous la responsabilité de la justice et que la vérité qu’elles détiennent ne sera pas étouffée par des solutions expéditives, radicales et extrajudiciaires.

D’ores et déjà, nous pensons que tous ces événements sont la conséquence d’une cohésion nationale en déconfiture, d’une gouvernance de défiance et de mépris, d’une gestion patrimoniale et opaque de l’Etat, d’un traitement subjectif du statut des services d’ordre et de sécurité, de l’éternelle question de la réforme de l’armée et des services de sécurité, du traitement nébuleux du dossier M 23, du manque de vision sur la façon de mettre un terme définitif à la crise de la région des grands lacs. C’est ce qui fait d’ailleurs dire au Chef de la MONUSCO, Monsieur Martin KOBLER, dans son mot des vœux de nouvel an, que la RDC a des problèmes de bonne gouvernance.

Chers Compatriotes,

La victoire récente de nos forces armées appuyées par la brigade spéciale des Nations-Unies suivie du démantèlement de M 23 avait suscité un réel espoir de paix pour notre peuple ; mais la signature unilatérale à Nairobi par le Gouvernement de la République d’un Acte d’engagement en faveur d’un M23 défait et dissout, a été, ni plus ni moins, qu’un acte que le peuple congolais et tout esprit lucide n’arrivent pas à s’expliquer jusqu’à présent.

Les signatures disparates des accords de Nairobi engageant le Gouvernement et le M23 mis ensemble reconstituent l’accord du 23 mars 2009 pour lequel, après évaluation à Kampala par les deux sociétaires, 11 points devraient faire l’objet d’un nouvel accord. Alors que pour la première fois, le Ministre des Affaires Etrangères, la main sur le cœur, était venu s’expliquer devant le Parlement, qu’il n’y aurait pas un nouvel accord ; le médiateur, le Président Ougandais, sur les antennes de RFI avait dit à peu près en ces termes, répondant à la question de Christophe Boibouvier, que quelque soit le titre du document, le Gouvernement de la RDC va signer les 11 points. Sans tenir compte de la dignité d’un Etat indépendant, le peuple congolais a été surpris, au lendemain de cette déclaration qui ressemblait à une injonction, de voir le même Ministre des Affaires Etrangères, sans s’en référer au Parlement, pour expliquer ce changement de cap, apposer sa signature sur un document dénommé déclaration du Gouvernement avec des engagements clairs, notamment le droit reconnu au M23 de se muer parti politique comme le CNDP autre fois, faire partie de la commission de retour des réfugiés, etc.

Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, le Gouvernement a, par cet acte, remis en scelle les germes des viols, violences massives, pillages de nos ressources, de la déstabilisation et de la balkanisation par ceux-là mêmes qu’il avait défaits la veille avec l’appui de la Communauté Internationale. Parce que le peuple, n’ayant pas la mémoire courte, sait que le CNDP malgré les droits lui reconnus par l’accord du 23 mars 2009, a enfanté le M23. Nous craignions donc que le M23, malgré les droits lui accordés par les accords de Kampala signés à Nairobi, ne puisse engendrer à son tour, un autre mouvement armé. La preuve est que la paix n’est toujours pas revenue totalement au Nord-Kivu.

Chers Compatriotes,

La Cohésion nationale, gage de paix réelle et durable pour notre pays, passe par un Vrai Dialogue tel que prôné par la CVD entre les forces vives, les partis politiques réellement opposés au pouvoir avec les institutions actuelles de la République et leurs animateurs.

En saluant « l’avènement de l’année 2014 », le Président Joseph KABILA, « en appelle, une fois de plus, à la vigilance tous azimuts des Congolaises et de Congolais », et il a raison, mais vigilance contre qui, contre quoi ?

1. Du Processus Démocratique

- Nous avons jusqu’à ce jour le Sénat et les sénateurs, les assemblées provinciales et les Gouverneurs élus en 2006, exception faite des Gouverneurs du Bas-Congo, de l’Équateur et de la Province Orientale. Et même dans ces cas, le corps électoral était déjà hors mandat.

- Les animateurs de la territoriale nommés par le Président Joseph KABILA et cela depuis 2007.

- Les élections locales et municipales non organisées en violation flagrante des prescrits de la Constitution et cela depuis 2006.

2. Des Droits Humains

La République Démocratique du Congo s’illustre par des violations massives des Droits Humains et des restrictions des libertés individuelles qui sont, du reste, régulièrement dénoncées par l’Opposition politique, la société civile ainsi que les Organisations nationales et internationales de défense des Droits de l’Homme.

Les concertations nationales avaient recommandé la libération des prisonniers d’opinion et des médias proches de l’Opposition notamment RLTV et Canal Futur TV.

Aujourd’hui, au lieu d’assister à la libération d’Eugene DIOMI NDONGALA, de KUTINO Fernando et d’autres prisonniers d’opinion, au contraire le pouvoir en place s’illustre dans des détentions illégales. Tel est le cas de la prison de Ndolo, avec plus de 1600 détenus dont plus de 90 % proviennent des provinces du Nord et Sud-Kivu, de la Province Orientale, en grand nombre de l’Ituri et qui y sont détenus depuis plusieurs mois sans qu’il ne leur soit signifié la cause réelle de leur incarcération, alors que le M23 bénéficie de la libération de tous ses membres emprisonnés. Pourquoi ce traitement discriminatoire qui ressemble à une prime à la guerre ?

RLTV et Canal Futur TV restent fermés.

3. Du Social, de l’Éducation et de la Santé

Le bilan sur le plan social est catastrophique dans tous les secteurs de la vie nationale. Malgré la croissance économique de 7 % claironnée par le Gouvernement et la stabilisation du cadre macro-économique devenu pratiquement l’hymne national de ce Gouvernement, la RDC est paradoxalement classée le dernier de la planète, selon l’indice du développement humain du PNUD, parmi les 5 pays les plus corrompus du monde ; parmi les 5 pays à la taxation la plus élevée du monde. En d’autres termes, aucune affaire ne peut prospérer en RDC, sauf dans l’informel et dans la corruption. La RDC est aussi le 3ieme pays au monde après l’Afghanistan et le Soudan, où la femme est la plus en danger (Viol, violence et autres harcèlements).

Sur le plan de la santé, point n’est besoin de rappeler que l’accès aux soins de santé pour le peuple congolais demeure un calvaire.

Nous intéressant uniquement au cas du cimetière de Kinkole, les renseignements nous indiquent qu’on enterre au moins 150 personnes par jour, pour la plupart victimes des maladies éradiquées dans d’autres pays.

L’accès à l’eau et à l’électricité est l’un de plus faibles au monde, alors que le Congo est la 3ième réserve mondiale d’eau après le Canada et la Chine.

Le transport en commun est un véritable parcours du combattant sur toute l’étendue de la République à cause de l’absence de politique nationale en la matière. L’acquisition des bus présentée avec faste par le Gouvernement ressemble à une goute d’eau dans le désert. Et tout le monde peut s’en rendre compte le matin comme le soir quand les vagues des populations descendent et repartent des centres villes à pied, à travers tous les centres urbains du pays. C’est dans ce contexte controversé que le Gouvernement de la RDC est cité par un magazine comme figurant parmi les 15 qui ont marqué l’Afrique en 2013. Alors qu’au même moment toutes les agences de notation jugent la RDC peu viable, à cause de l’incapacité du Gouvernement à faire face au remboursement de sa dette publique.

Monsieur le Président de la République avait déclaré, devant les 2 Chambres du Parlement, qu’on ne mangeait pas la croissance économique et la macro- économie. Nous sommes d’accord avec lui. Entre-temps, qu’a-t-il fait ?

4. Des Infrastructures

Les 5 chantiers annoncés avec pompe comme cheval de bataille du premier mandat et la révolution de la modernité comme programme du mandat actuel du Président de la République, ressemblent aujourd’hui à des concepts creux. Pour ne prendre que le cas de Kinshasa, les quelques rares chaussées qui ont été réhabilitées ou reconstruites au grand bonheur des kinois comme les avenues Nguma, Kabambare, Université, By-Pass,City-Train à Matete, Prince de Liège, Benseke ... après seulement une saison de pluie, sont devenues une succession de nids de poules et de puits profonds. Force est de relever ici que ni le Président de la République, ni le Premier Ministre, personne ne s’en émeut, personne n’est fautive, aucune société n’est interpellée.

5. De la bonne gouvernance Chers compatriotes,

Depuis le 1er janvier 2014, l’Etat ne dispose d’aucune loi de finances au jour d’aujourd’hui et c’est très grave.

Nous devons rappeler que le projet de loi de finances de l’année 2014 avait été déposé hors délai à l’Assemblée nationale, à savoir le 22 novembre 2013 alors que, suivant la Constitution, il devait être déposé au plus tard le 15 septembre 2013.

La loi de finances est un instrument fondamental dans la gestion de l’Etat. On l’appelle en d’autres termes budget de l’Etat. En termes plus populaires, nous pouvons parler de l’argent de l’Etat. Cet argent est prélevé sur la population, pour être dépensé en faveur de la même population, avec son autorisation à travers ses représentants que sont les Députés et les Sénateurs.

C’est une loi d’autorisation. C’est-à-dire que personne ne peut prélever de l’argent sur la population sans en être autorisée par celle-ci. De même, personne ne peut dépenser l’argent de la population sans avoir obtenu autorisation toujours de la part de cette même population à travers ses représentants que sont les parlementaires.

Au mois d’octobre de l’année qui vient de s’écouler, nous avons assisté à une crise au sein de l’Etat américain, la plus grande puissance du monde, du fait que la loi de finances n’avait pas été votée dans les délais. Le Gouvernement a donc été obligé de recourir à des crédits provisoires qui ne suffisaient pas pour couvrir toutes les charges telles que projetées dans le budget attendu.

De ce fait, le Président Obama s’est vu contraint de mettre au chômage 800 000 fonctionnaires. Ce n’est pas l’argent qui a manqué pour payer ces fonctionnaires, mais c’est plutôt l’autorisation à travers une loi de finances. La preuve en est que, juste après le vote de la loi, tous ces fonctionnaires ont été réintégrés.

Revenons au cas de la RDC. Au mois de décembre de l’année passée, le Parlement, constatant l’impossibilité du vote et de la promulgation d’une loi de finances avant la fin de l’année, avait interpellé le Premier ministre pour l’enjoindre de déposer un projet de loi de finances, à savoir la loi portant ouverture des crédits provisoires pour la période du 1er au 31 janvier 2014. Ce fait est déjà une preuve d’irresponsabilité dans le chef du pouvoir exécutif chapeauté par le Chef de l’Etat, parce que gouverner c’est prévoir, et le Gouvernement ne devait pas attendre d’être enjoint par le Parlement pour rendre disponible un instrument d’autorisation dans l’usage de l’argent de la population, avant la loi de finances de l’année.

Qu’est-ce que nous constatons à ce jour ? Et nous l’avons déjà dit plus haut, aucune loi de finances n’est disponible à ce jour, la loi portant ouverture des crédits provisoires votée par le Parlement n’ayant pas encore été promulguée.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Aucun prélèvement ne peut être opéré sur l’argent de la population, ni aucune dépense publique ne peut être effectuée, car il n’existe pas d’autorisation pour ce faire ! Et pourtant, depuis le 1er janvier, le Gouvernement est en train d’encaisser des recettes et d’effectuer des dépenses sur l’argent de la population. Sommes-nous encore dans une République ? Comment pouvons-nous envisager que le pouvoir exécutif, coiffé par le Chef de l’Etat, se moque des dispositions légales dans la gestion de l’Etat ? Nous sommes en pleine gouvernance par défi et, à ce stade, il faudrait réveiller l’attention de la population, car lorsqu’on s’entête de la diriger sans référence à la loi, cela ne peut jamais être pour ses intérêts. La preuve, on évoque l’absence du Budget de l’Etat pour ne pas payer le séjour de l’équipe nationale du football engagée dans le CHAN en Afrique du Sud. Au moment où nous vous parlons, toute la délégation a été délogée de son hôtel à Polokwane. Nos représentants sont dans la rue, faute d’argent. Quelle humiliation pour les congolais.

Chers Compatriotes,

Au regard de ce qui précède, il est clair que rien ne marche dans notre pays. Et nous sommes dans une situation de non-Etat ou encore d’éternels assistés. Et cette situation ressemble à un navire sans capitaine et qui navigue à vue.

Comment expliquer que depuis l’annonce du Gouvernement de cohésion nationale, le Président de la République n’a pas décrété le Gouvernement actuel démissionnaire. Au contraire, son Premier ministre, s’arrogeant les attributions constitutionnelles du Président de la République, a enjoint les Ministres d’expédier les affaires courantes. La République est bloquée et avec elle, toutes les institutions, toutes les attributions étant désormais concentrées entre les mains du Président de la République et son Premier Ministre.

Chers Compatriotes,

Nous avons évoqué l’assassinat ignoble du vaillant combattant Colonel MAMADOU NDALA qui a plongé tout notre peuple et nous tous membres de la CVD dans un véritable deuil national.

Nous avons dit que son nom devra être enseigné aux générations présentes et futures comme un véritable héros national qui a montré, comme ses prédécesseurs, le sens du devoir citoyen.

Nous avons déploré une série d’événements malheureux qui ont émaillé l’année 2013, notamment l’invasion à maintes reprises de la Ville de Lubumbashi par le Bakata-katanga, les derniers événements du 30 décembre 2013, du 02 janvier 2014 à Kinshasa, Lubumbashi, Kindu, Kolwezi, sans que personne n’en réponde et qu’aucun responsable des services de sécurité et de défense ne démissionne, ne soit ni interpellé ni révoqué.

La facilité avec laquelle les hommes armés de machettes et de gourdins ont pénétré dans les sites stratégiques du pays, soulève plusieurs questions dans nos esprits et la peur au sein de notre population.

Comment les services d’intelligence ne pouvaient, après que Monsieur Mukungubila ait adressée une lettre ouverte en date du 05 décembre 2013 au Président de la République, déceler aucun indice, ni prendre aucune précaution à titre préventif. C’est ce qui fait croire à certains qu’il s’agit, soit de la défaillance du système sécuritaire et de défense, soit d’une complicité interne, ou alors d’une mascarade. Les enquêtes que nous avons exigées ci- haut, doivent éclairer l’opinion nationale et internationale sur toutes ces interrogations.

Nous avons démontré que les congolais voient leur misère s’accroitre chaque jour, malgré le satisfecit du Gouvernement d’avoir stabilisé le cadre macro- économique et donné au pays une croissance de 7 %.

Nous avons démontré que les 5 chantiers et la révolution de la modernité sont des leurres.

Nous avons démontré que le pays est piloté sans boussole car, dépourvu de budget et des crédits provisoires, seuls instruments permettant au Gouvernement de prélever et d’affecter l’argent du contribuable congolais. C’est une violation de la Constitution et des lois du pays.

Nous avons démontré que la cohésion nationale tant vantée est en déconfiture, suite aux deniers événements.

QUE FAIRE POUR REDONNER ESPOIR AU PEUPLE CONGOLAIS ET RELEVER ENSEMBLE LES DEFIS DE LA PAIX, DE LA DEMOCRATIE ET DU DEVELOPPEMENT ?

La CVD réitère sa proposition de la tenue d’un vrai dialogue autour des grandes questions qui déchirent le pays actuellement et ce, conformément aux prescrits de l’Accord d’Addis-Abeba et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Ce dialogue devra porter notamment sur :

- Les leçons à tirer des dernières élections du 11 novembre 2011 ;

- La suite du processus électoral ;

- La bonne gouvernance ;

- Le respect des droits de l’homme et la liberté des droits humains ;

- Les réformes de l’administration, de la justice, de l’armée et des services

de sécurité.

Sur le plan sous régional, les pays concernés devront se mettre autour d’une table et se parler franchement pour devenir des partenaires pour la paix, la sécurité et le développement.

Vital KAMERHE

Président de l’UNC et Autorité Morale de la CVD