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Arrestation de Bosco NTAGANDA : La MONUSCO n'a pas un mandat exécutif

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Bosco Ntaganda constituait depuis longtemps une menace pour la sécurité des populations au Kivu et qu'il doit répondre devant la Cour pénale internationale (CPI). Le porte-parole ad itérim de la MONUSCO se dégage de cette responsabilité en soulignant en de termes clairs que la balle est dans le camp des autorités congolaises qui ont signé des accords avec la CPI. " Les Nations Unies ne peuvent que se réjouir si une personne recherchée par la CPI est arrêtée. La MONUSCO n'a pas un mandat exécutif. Nous ne sommes pas une armée d'occupation et n'attendaient pas que les Nations Unies aillent arrêter Bosco Ntaganda ", a-t-il tranché. Par contre, il a précisé que la mission onusienne est disposée à accompagner, à appuyer le gouvernement congolais dans l'exécution de ce mandat.

En séjour dans la province du Nord Kivu, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la RDC (RSSG), Roger Meece, a affirmé le lundi dernier que, Bosco Ntaganda constituait depuis longtemps une menace pour la sécurité des populations de la région et qu'il doit répondre devant la Cour pénale internationale (CPI), a-t-on rapporté hier mercredi 11 avril au cours du point de presse hebdomadaire des Nations Unies.

Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU et patron de la Monusco, réagissait ainsi à la polémique qui enfle autour du transfèrement ou non par le gouvernement de l'ex compagnon d'armes du chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Thomas Lubanga.

A la même occasion, il a exhorté aux éléments des Forces armées de la République démocratique (FARDC) ayant déserté la semaine dernière dans le territoire Rutshuru, à regagner les rangs de l'armée régulière.

Le patron de la Monusco soutient que Bosco Ntaganda qui fait l'objet de mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et enrôlement des enfants soldats dans le territoire d'Ituri, avec ses alliés constituent une menace à la sécurité de la population de la région depuis assez longtemps.

A la lumière de ce qui précède, Roger Meece estime logiquement que toute personne recherchée par la CPI doit être traduite en justice, en soulignant qu'il est important de préserver la sécurité, l'autorité de l'Etat, des institutions, des FARDC et autres.

Touré Penangnini, faisant office de porte-parole de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), a rappelé que la CPI est une structure internationale qui traite avec des Etats.

Pour une certaine opinion qui considère que la mission onusienne doit aider le gouvernement congolais pour l'arrestation de l'ex général du CNDP, Touré Penangnini, est de l'autre avis. " Bosco Ntaganda est général au sein de l'armée congolaise. Il fait partie des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC). Je ne vois pas comment la Monusco est concernée ", a-t-il dit.

La balle est dans le camp des autorités congolaises

Le porte-parole ad itérim de la Monusco se dégage de cette responsabilité en soulignant en de termes clairs que la balle est dans le camp des autorités congolaises qui ont signé des accords avec la CPI.

" Les Nations Unies ne peuvent que se réjouir si une personne recherchée par la CPI est arrêtée. La Monusco n'a pas un mandat exécutif. Nous ne sommes pas une armée d'occupation et n'attendaient pas que les Nations Unies aillent arrêter Bosco Ntaganda ", a-t-il tranché.

Par contre, il a précisé que la mission onusienne est disposée à accompagner, à appuyer le gouvernement congolais dans l'exécution de ce mandat.

Par ailleurs, par rapport aux comportements d'indiscipline doublé d'incivisme, voire d'insoumission des ex éléments du CNDP intégrés dans les FARDC, consistant à choisir eux-mêmes le lieu où ils doivent être affectés, le porte parole militaire de la Monusco, Félix Prosper est catégorique. Non, ils ne peuvent choisir ou refuser, " quand on est dans une armée républicaine. Quant à conseiller le gouvernement à délocaliser les ex éléments du CDNP intégrés dans l'armée nationale, je peux dire simplement que c'est un problème de souveraineté ", a laissé entendre le lieutenant colonel Félix Prosper Basse.

En ce qui concerne la situation qui prévaut dans le territoire de Rutshuru où il y a eu la défection de plusieurs éléments des FARDC, il a indiqué que seules les autorités congolaises peuvent en donner l'explication. C'est-à-dire les tenants et les aboutissants.

Néanmoins, le porte-parole militaire de la mission onusienne a reconnu que c'est serait un secret de Polichinelle de dire que la situation est sérieuse. C'est dans ce contexte que le commandant suprême des FARDC, le chef de l'Etat séjourné dans cette partie du pays troublé, accompagné par le chef d'Etat major des FARDC et par d'autres officiers supérieurs de l'armée nationale.

" Les forces de la Monusco, les FARDC et les autorités congolaises ont pris conscience de cette situation. Cette situation est sérieuse et il y a des implications qui sont sérieuses. Donc nous essayons de prendre en compte et de comprendre dès la genèse cette situation ", a-t-il signifié.

Selon les informations en provenance du Nord Kivu, la situation est revenue plus ou moins à la normale à Rutshuru, où la majorité des militaires déserteurs s'est rendu progressivement à l'Etat major militaire.

La population exige des sanctions exemplaires à l'encontre des déserteurs

Après la frayeur ainsi créée, les populations sont loin de laisser impuni cet incident et exigent des sanctions à l'encontre des militaires déserteurs pour servir de leçon aux autres aventuriers.

Tout en saluant ce retour, la société civile locale estime qu'il ne rassure pas complètement la population. S'inscrivant sur la même logique que la population, elle exige aussi l'application des mesures disciplinaires contre les militaires déserteurs devant dissuader d'autres militaires qui seraient tentés de se livrer à la même aventure.

" Nous avons toujours pensé que le fait de ne pas être puni conformément à la faute commise, fait que leur collaboration est encore hypothétique. Il faut qu'on les punisse ", a observé un responsable de la société civile locale. Avant d'ajouter, " la loi militaire est là pour sanctionner tout militaire déserteur, comme ces gens ".

Pour sa part, le chef d'Etat major général des FARDC, Didier Etumba, a abondé dans le même sens en déclarant que la justice militaire traitera ces désertions au cas par cas, afin de déterminer les responsabilités et sanctionner ceux qui le méritent.

En outre, la représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations Unies en RDC et chargé de l'Etat de droit, Leila Zerrougui, vient de boucler une visite de travail qui l'a conduite à Bukavu, Walungu et Uvira, dans la province du Sud Kivu.

Reçue par le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, elle a fait part de ses inquiétudes sur l'aggravation de la situation sécuritaire dans la province. " Il faut répondre à ces bruits de botte en montrant qu'un Etat est là et que l'appui de la Monusco l'est aussi ", s'est-elle adressée à son hôte.

Madame Zerrougui a prévenu que l'on ne permettra pas que le désordre se réinstalle, après d'énormes sacrifices et prix payé déjà pour le retour de la paix par les populations et les institutions du pays. " Il faut afficher une position très claire, très ferme ", a-t-elle martelé en soulignant que le désordre ne doit pas être toléré, quels qu'en soient les motifs.

Dovin Ntelolo Diasonga