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RDC : Les femmes rurales au Bandundu victimes de toutes les formes de violences

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L’Union nationale des femmes (UNAF/Kikwit) dénonce les violences dont sont victimes les femmes paysannes dans la province du Bandundu (ouest de la RD Congo).

La présidente de la Dynamique de la jeunesse féminine congolaise (DJFC) à  Kikwit (Bandundu) et secrétaire exécutive provinciale de l’Union nationale des femmes (UNAF/Kikwit) affirme dans une correspondance mercredi 25 juin 2014  à Lepotentielonline que « les femmes rurales de Kikwit et d’autres milieux ruraux du Bandundu sont victimes de toutes les formes de violences ».

Citant les violences économiques, sexuelles, physiques, psychologiques et culturelle, Mme Justine Kakesa signale que «  les hommes récupèrent souvent de l’argent venu de la vente des produits agricoles réalisés par leurs épouses ».

« Les femmes n’ont rien à dire, de peur d’être expulsées des toits conjugaux. Au plan sexuel, c’est l’homme qui fait la loi car la femme, même fatiguée par des travaux des champs, est obligée de céder aux désirs de l’homme à tout moment », s’indigne-t-elle. 

Elle précise que « les claques, les coups de poings et même des chicottes sont utilisés par les hommes pour, selon eux, +éduquer les femmes récalcitrantes+, alors que ces violences provoquent des traumatismes ». 

Au plan psychologique, elle révèle que, « souvent dans des milieux ruraux, une fois que le mari meurt, la coutume oblige la veuve d’épouser le petit ou le grand-frère du défunt, la femme n’est pas psychologiquement calme suite à cet aspect culturel ». 

Cette même culture incite plusieurs parents à scolariser plus les garçons que les filles qui, selon eux, sont «bonnes pour les mariages».

Vulgarisation de la loi sur les violences sexuelles

Mme Justine Kakesa, qui a déploré le fait que « les femmes ne dénoncent pas ces violences suite à la peur et à l’ignorance », a toutefois reconnu que «  dans les agglomérations urbaines, les femmes paysannes sont en train d’être sensibilisées et commencent, petit à petit, à dénoncer ».

Elle invite par conséquent la Société civile à « s’impliquer dans la sensibilisation et la vulgarisation de la loi sur les violences sexuelles et les autres documents relatifs aux violences basées sur le genre en dénonçant systématiquement les cas de violence sexuelle et toute autre forme de violence pour décourager les violeurs ». 

Dans la foulée, elle exhorte le gouvernement provincial du Bandundu à mettre à disposition les moyens financiers, humains et matériels « nécessaires » pour assurer la prise en charge des victimes, assurer leur réinsertion sociale et renforcer l’appareil judiciaire.