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Pêche illégale : La côte Atlantique de la RDC envahie par des bateaux de pêche asiatiques et européens

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L’Union des pécheurs de Nsianfumu (UPN), sur la côte Atlantique  de la République démocratique du Congo, vient de lancer un appel aux autorités congolaises face  à l’exploitation de la côte Atlantique de la RDC par des chalutiers et bateaux de pêche asiatiques et européens.  Selon l’UPN ces bateaux et chalutiers investissent les eaux territoriales de  la République démocratique du Congo et font la pêche industrielle, depuis plusieurs années. Alors que l’Union des pêcheurs des Nsiafumu, elle, n’utilise que des pirogues motorisées pour faire la pèche dans l’océan Atlantique. 

Selon le président de l’Union de pêcheurs de Nsianfumu, les 42 kilomètres de côte congolaise, située entre Banana et Malongo sont envahies par des bateaux de pêche surtout chinois, bulgares, malais… qui pillent systématiquement les ressources halieutiques de la RDC. « Ces navires de pêche battant pavillon bulgare,  libérien, chinois, vietnamien viennent régulièrement faire  la surpêche dans les eaux territoriales congolaises.  Ces chalutiers vident ainsi cette zone de l’Atlantique centrale de ses ressources halieutiques. Alors que nous nous sommes restés dans la pêche traditionnelle Nous demandons aux autorités congolaises de mettre en place un plan de contrôle de notre zone côtière et des eaux territoriales de la RDC, Comme s font les Angolais, les Congolais de Brazzaville, les Gabonais, les Camerounais et les Sénégalais qui arraisonnent régulièrement les navires et chalutiers pirates qui viennent  pécher dans leurs eaux territoriales »  a affirmé le président de l’Union des pêcheurs de Nsiafumu, M. Philippe  Kobe.

Il a rappelle que la pêche a toujours été la deuxième activité en RDC après l’agriculture. » Dans la vile de Muanda et à Sianfumu ; la pèche est la première activité. Mais malheureusement c’est encore une pèche artisanale et traditionnelle ; « Nous sollicitons l’appui du gouvernement provincial du Bas Congo et du ministère congolais de l’Agriculture pour qu’ils nous accordent des moyens matériels (bateaux de pêche, filets  bien adaptés…) pour  faire de la pêche industrielle  afin d’augmenter notre production et de ravitailler les grands centres de consommation en poissons frais  et autres fruits de mer.  Actuellement nous disposons  d’une grande chambre froide  offerte par Perenco Congo  REP », a expliqué le président de l’UPN, Philippe Kobe.

Créée au début des années 70, l’union des pêcheurs de Nsianfumu  est composée de plus de 6000 pêcheurs identifiés qui opèrent sur les 43 kilomètres de cette côte de l’embouchure du fleuve Congo à Malongo.

Un lieu historique

La cité de Nsiamfumu est un des lieux historiques et touristiques de la République démocratique du Congo. C’est de Nsiamfumu que partaient en effet des esclaves pour l’Amérique au 15 et au 16ème  siècle.

Aujourd’hui, des vestiges de chaînes et débris de navires sur la côte de Nsiamfumu témoignent encore de cette histoire dramatique de l’Afrique. Autrefois (pendant la colonisation belge) considérée comme une magnifique cité balnéaire au bord de l’océan Atlantique, Nsiamfumu  était investi par des Belges, des Portugais, des Français, des Congolais nantis qui venaient se reposer ou manger du poisson frais et d’autres fruits de mer. Aujourd’hui, la cité de Nsiamfumu garde encore  les vestiges de cette période de bonheur,  avec des magnifiques villas  et bâtiments administratifs  et hangars de conservation de poissons aujourd’hui abandonnés et envahie  par des hautes herbes. Long de 43 kilomètres, la  côte Atlantique de la République démocratique du Congo  est une zone riche  en ressources halieutiques telles les tortues marines qui viennent se reproduire sur les plages de Muanda, une variété de poissons,  des requins, des crustacés comme les crevettes, les homards,  les calmars des gastéropodes et des mollusques ( pieuvres, seiches, limaces de mer)  ainsi que des tortues marines géantes et des lamantins qui viennent chaque année se reproduire dans le parc marin des mangroves situé à quelques encablures de l’embouchure du fleuve Congo.

La vie marine menacée

Selon des  experts de l’Organisation des pays africains côtiers de l’Atlantique dont le siège est à Casablanca, au Maroc,  si rien n’est fait pour réduire la surpêche  et surtout la pêche industrielle pratiquée par grands les  chalutiers occidentaux, chinois, vietnamiens et philippins…  il n y aura plus de poissons dans les océans et mers du monde d’ici à 2045.  Des images montrant le massacre de dauphins sur les iles Feroe, la chasse exagérée des baleines au large du Japon et la surpêche des saumons laisse croire aux scientifiques du monde entier que  la vie marine  est plus que menacée dans tous les océans et mers du globe.  Plus d’une centaine d’espèces marines (poissons, crustacés, mollusques ont déjà disparu dans les océans du monde, soutiennent des experts et écologistes. La pêche industrielle ne permet pas aux poissons de se reproduire rapidement et de se renouveler. Au contraire, elle vide les océans de ces ressources halieutiques et entraîne la disparition de certain  espèces de poissons et animaux aquatiques. D’autres scientifiques soutiennent que le phénomène de changement climatique a également un effet négatif sur la disparition de certaines espèces marines du fait même de changement de température  et de la montée du niveau des eaux de mers et des océans.

 [Luc-Roger Mbala Bemba]