Home | ÉCO / TECH | RDC : Des exploitants d’or indésirables en Ituri

RDC : Des exploitants d’or indésirables en Ituri

image

Plusieurs territoires en Province Orientale, sont en proie à une exploitation illégale d’or, par des Chinois, des Tanzaniens et de Brésiliens. Leur mode opératoire fait usage des produits toxiques dont le cyanure qui contribue à détruire des milliers d’hectares de forêts, dans la Province Orientale, précisément aux endroits où ces exploitants exercent leurs activités. Activités pour lesquelles la province ne voit pas des retombées dans sa trésorerie. 

Les territoires d’Irumu, de Mambasa, Djugu et  Mahagi,  dans le district d’Ituri, Province Orientale, sont en proie à une exploitation illégale d’or, par des Chinois, des Tanzaniens et de Brésiliens. Ils seraient évalués à plus de 250 exploitants, selon le chiffre avancé par des  sources concordantes. 

Leur problème, ce qu’ils agissent sans titre ni droit. Pire que cela, leur mode opératoire fait usage des produits toxiques dont le cyanure qui contribue à détruire des milliers d’hectares de forêts, dans la Province Orientale, précisément aux endroits où ces exploitants exercent leurs activités. Activités pour lesquelles la province ne voit pas des retombées dans sa trésorerie. Le gouverneur de cette province, Jean Bamanisa, a pour ce faire, tentée de tirer les choses au clair sur l’existence de ces exploitants sur le territoire. Des zones d’ombres constatés sur ce dossier ont fini par éclairer  la lanterne du numéro un de cette province. C’est ce qui a motivé la tenue de la conférence de presse qu’il a animée le  dimanche 15 février courant. Il a au cours de celle-ci dénoncé ces exploitants qui exercent au mépris de la loi, en la matière.

A cette occasion, il a signalé que tous pratiquent de l’exploitation semi-industrielle avec des grosses machines, en terre ferme ou dans des cours d’eau. Plus grave encore, aucun d’entre eux ne dispose d’un récépissé du gouverneur permettant d’exercer une telle activité et moins encore, nombreux parmi eux ne  disposent pas de passeports ou de visas de séjour en RDC. Mais comment sans permis de séjour sont-ils parvenus à s’installer dans notre pays, jusqu’au  point d’exercer des activités  extractives dans l’arrière-pays,  s’interroge-t-on.

Expliquant à l’opinion cet état des choses Jean Bamanisa s’est exprimé sur radio Okapi en ces termes :  » Nous avons constaté qu’il y a un afflux important des sujets chinois, brésiliens et tanzaniens (…) Je n’avais jamais signé un seul récépissé pour la vingtaine d’entreprises qui se trouvent ici. Il y a destruction de l’environnement. J’ai vu à  Niania des bacs de décantations à base de cyanure qui sont à ciel ouvert. Voilà autant de danger dans l’environnement « . Il a poursuivi en se disant déterminer à remettre de l’ordre dans ce secteur.

Aussi, on croit savoir que les minerais qu’ils sortent frauduleusement du pays ne servent-ils pas à alimenter des groupes armés comme les ADF et autres groupes armés qui écument l’Est du pays. Une préoccupation qui vaut, sans nul doute, son pesant d’or.  » Ce sont des réseaux qui alimentent les groupes armés. Ceux-ci vont à leur tour alimenter ces creuseurs, pour créer une voie de sortie de leurs produits « , a indiqué, en substance le gouverneur de la Province Orientale.

Ceci expliquant cela on ne serait pas loin de croire que ces exploitants exercent  avec la complicité des ennemis de la RDC. Ceux-là qui ont juré de ne voir guère, ce pays, un jour, accéder  à une paix totale et durable.

Somme toute, Jean Bamanisa a promis d’expulser ces exploitants en séjour illégal sur son territoire. Tandis que certains seront envoyés aux autorités minières à Kinshasa auprès de qui, ils ont déclaré avoir obtenu, leurs autorisations d’exploitation d’or. Par contre, a-t-il mentionné, ceux qui voudraient se mettre en ordre devraient,  au préalable payer des pénalités, évaluées à des milliers de dollars américains, à titre de caution, et se conformer également aux lois écologiques, de manière à préserver l’écosystème du lieu d’exploitation et faire en sorte que le cyanure ne soit plus  de mise.

Face aux griefs qui leur sont reprochés, les exploitants incriminés ont préféré donner leurs langues au chat, a noté notre source. Comme quoi, qui ne dit mot consent.

[Maurice Bakeba]