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RDC : SOCO se retire du parc national des Virunga

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Le pétro-gazier britannique SOCO International (South Africa Congo Oil), coté au London Stock Exchange, a annoncé mercredi 11 juin 2014 sa décision de « ne plus entreprendre ou commander d’activité d’exploration ou de forage dans le parc national des Virunga (Nord-Kivu) », classé en 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco au Nord-Kivu (Est de la RD Congo).

Il s’est engagé, par une déclaration conjointe avec le Fonds mondial de protection de la nature (WWF), « à ne plus entreprendre ou commander d’activité d’exploration ou de forage dans le parc national des Virunga, à moins que l’Unesco et le gouvernement de la RDC conviennent que de telles activités ne sont pas incompatibles avec son statut de patrimoine de l’humanité ».

Toutefois, rapporte Agenceecofin.com, SOCO International poursuivra à terme le programme d’exploration en cours, y compris le sondage sismique sur le lac Edouard qui s’achèverait dans un bref délai, de sorte à mettre à la disposition de la RDC des « informations indispensables » dont elle aura besoin pour décider la procédure à suivre dans le parc des Virunga ».

« Notre accord avec WWF se concentre sur la nécessité pour le gouvernement de la RDC et pour l’Unesco à parvenir aussi à un accord sur la meilleure façon de combiner le développement et l’environnement », a expliqué  le président de la compagnie d’exploration et de production SOCO International, Rui de Sousa.

Cette compagnie pétrolière a aussi indiqué, dans un communiqué, qu'elle « va terminer ses tests sismiques d’ici 30 jours dans le parc des Virunga ; ensuite, il n’y aura pas de nouvelle phase d’exploration ou de forage ».

« La concession de Soco International couvre également le lac Edouard, l’un des grands lacs d’Afrique centrale qui fait vivre près de 40 000 pêcheurs. La compagnie britannique a conduit diverses études environnementales de base sur le bloc V dont près de la moitié de la superficie se situerait hors du parc national des Virunga », selon Selon Agenceecofin.com.

Exploitation pétrolière autorisée par Kinshasa

L’ordonnance présidentielle accordant l’exploration et la production du pétrole dans le bloc V du rift albertin Est de la RDC à l’entreprise Soco internationale avait été signée par le président Joseph Kabila en juin 2010.

En septembre 2012, le ministre congolais des Hydrocarbures, Crispin Atama Tabe, avait déclaré à la presse que « l’exploration pétrolière devrait durer deux  années au terme desquelles il faudra, en fonction des évaluations effectuées, trancher entre les intérêts économiques et les intérêts environnementaux ».

Selon Agenceecofin.com signale que « le groupe Total, qui dispose également d’un permis sur une superficie recoupant en partie le parc Virunga, s’est engagé à n’exploiter que le tiers de sa concession afin d’en préserver la zone la plus sensible ».

Cependant, la perspective d’une exploitation pétrolière a suscité une vaste campagne médiatique internationale au motif que « le parc national des Virunga  abrite de nombreuses espèces protégées, notamment des gorilles des montagnes ainsi que des gorilles des plaines, dont l'espèce est particulièrement menacée d'extinction ».

Pressions de la communauté internationale

Depuis la promulgation de l’ordonnance présidentielle autorisant les activités de Soco International dans le bloc V du rift albertin, l’exploration et l’exploitation du pétrole dans le parc national des Virunga ont été contrariées par des « résistances » de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), des élus locaux, des ONG environnementales et de la communauté internationale.

« Les activités pétrolières (dans ce parc) entrent en conflit avec la loi forestière qui interdit toute activité humaine dans une aire protégée », avait déjà fait remarquer un activiste des droits de l’homme.

« La communauté internationale se doit de réagir. Une telle réaction, notamment de l'Union européenne et de l'Unesco, pourrait avoir un impact sur les autorités congolaises et Soco », avait souhaité le ministre belge Didier Reynders.

La Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Union européenne et la société civile du Nord-Kivu (RDC) se sont également opposées au projet de SOCO International dan s le parc national des Virunga.

Suspendues auparavant par José Endundo, alors ministre de l'Environnement de la RDC, les activités de prospection de SOCO International avaient repris normalement. « La reprise de l’exploration ne vise, à ce stade, qu’à évaluer la quantité de réserves de pétrole que recèle cette région », avaient expliqué les autorités congolaises. 

Au gouvernement congolais, WWF avait demandé d’« appliquer les lois qui interdisent l’exploitation du pétrole dans les zones protégées », après avoir dénoncé le permis d’exploitation du pétrole dans le parc national des Virunga accordé à la société britannique SOCO international.

« SOCO a obtenu du gouvernement un permis d’explorer dans la bloc V, qui couvre environ 85% du parc nationale des Virunga. C’est un permis qui est (délivré) par les autorités compétentes. Mais, ce permis entre en contradiction avec non seulement avec les lois congolaises, mais aussi (avec) les engagements pris par la RDC» avec la communauté internationale», aux dires de WWF.

De son côté, le comité du patrimoine de l’Unesco avait « réitéré sa demande à l’Etat congolais d’annuler tous les permis d’exploration pétrolière à l’intérieur du parc nationale des Virunga ».

Aujourd’hui, le retrait de SOCO International de l’exploitation du pétrole du parc national des Virunga est perçu comme une réponse aux « pressions de la communauté internationale », notamment la plainte du Fonds mondial de protection de la nature portée le 7 octobre 2013 devant l’Organisation de coopération et de développement économique pour « non-respect des normes sociales et environnementales ».