Home | ÉCO / TECH | Régime «KABILA», mauvaise gestion des investissements miniers

Régime «KABILA», mauvaise gestion des investissements miniers

image

Environ quinze ONG constatent que « le boom minier » en RDC ne profite pas au Trésor public et par ricochet à la population.

Dans un rapport publié mardi 27 mai à Kinshasa, ces ONG reprochent à l’Etat congolais de ne pas contrôler suffisamment les investissements dans le secteur minier et que les investisseurs gèrent quasiment seuls leurs investissements.

Les rédacteurs de ce rapport affirment tirer ces conclusions d’un audit commandé par le gouvernement en 2012 sur la gestion des entreprises minières Tenke Fungurume Mining et Kamoto Coper Company.

Le rapport provisoire de cet audit établi par le Cabinet d’Audit et Conseil Binder Dijker Otte Et Co n’a pas encore été publié, mais ces ONG indiquent s’en être procuré une copie.

« Des petites enquêtes que la société civile a faites, on découvre que ce sont seuls les investisseurs qui gèrent les investissements. Le gouvernement se fie aux déclarations des entreprises et n’a jamais initié un audit sur deux autres compagnies. Le rapport provisoire de ces maisons d’audit a soulevé des questions qui ont attiré l’attention de la société civile », explique Me Georges Bokondu, chef de bureau de Southern Africa Resource Watch (SARW) en RDC.

Les ONG pointent notamment du doigt la tenue des comptabilités en dehors du pays, alors que la loi minière enjoint les entreprises minières à tenir leur comptabilité en RDC.

Le document de ces ONG  indique également que le rapatriement des 40% des recettes d’exportation des entreprises minières tel que prévu dans le code minier n’est pas effectué.

« De même, ajoute le rapport, tous les paiements importants des sous-traitants qui sont effectués à l’étranger par les maisons mères [de deux entreprises auditées], échappent au fisc congolais ».

Pour les 15 ONG, toutes ces pratiques occasionnent des pertes de capitaux pour le pays qui connaît pourtant une hausse de production minière.

A en croire ces organisations, la production minière en RDC a atteint près d’un million de tonnes de cuivre, près de 100 000 tonnes de cobalt et 5 tonnes d’or industriel en 2013.

Me Georges Bokondu soutient que pour connaître les retombées de cette production, il faut gérer correctement le secteur minier congolais dont beaucoup de paramètres semblent échapper au gouvernement, à moins que cela se fasse avec la bénédiction de certains qui en trouvent leur compte.