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RDC : Nord-Kivu, guerre au développement

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Le M23 vaincu, les ADF-Nalu défaits,  les FDLR et les groupes maï maï acculés par l’offensive des FARDC, le Nord-Kivu peut aujourd’hui espérer revivre de nouveau. Une autre guerre s’est enfin ré-ouverte, celle de développement et de la relance socio-économique.

La conférence minière vient de se terminer à Goma sous une note de satisfaction. La ville, capitale d’une province aux potentialités minières diversifiées, est redevenue attrayante. Pool d’attraction des investisseurs de tout bord, elle redonne de l’espoir, de la joie d’y vivre d’y investir, avec l’accompagnement des gestionnaires du pouvoir, le président de la République Joseph Kabila, le Premier ministre Matata Mponyo et le gouverneur de province Julien Paluku en tête. 

Cela désormais passe par la construction et la réhabilitation d’infrastructures et voies de communication sanitaires, scolaires,... Depuis la défaite de la rébellion pro-Kigali, le M23, en novembre 2013, le Nord-Kivu est entrain de se muer en un vaste chantier. Ici, la révolution de la modernité se traduit petit à petit en acte. Cela se justifie par l’immensité des chantiers, des actions déjà entreprises et de la détermination des autorités, que la guerre a été le blocage du développement de cette province, grenier de la RDC. 

Le Gouvernement provincial, a depuis décembre 2013, circonscrit son programme d’action autour de cinq piliers. De la reprise du travail, du goût au travail disons mieux, en passant par la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, la réhabilitation de la sanction, la mobilisation des recettes et la réhabilitation des infrastructures, des résultats sont palpables. Lors de son dernier passage à Goma, le chef du Gouvernement congolais, est descendu lui-même sur le terrain pour s’en rendre compte. Augustin Matata Mponyo, n’est pas resté cloitré dans son bureau climatisé se contentant de recevoir des rapports comme si tout allait mieux. Il veut, et il en a l’habitude d’ailleurs, de faire le terrain, s’imprégner des réalités de vie de ses concitoyens, palper l’effectivité de tel ou tel autre projet.

Pas moins de 50 km

A Goma, il a même redonné courage et remonté le moral du gouverneur Kahongya après la ronde de différents chantiers dans la ville, dont le ‘’Kilomètre témoin’’. Il n’a pas manqué de lui adresser ses éloges. Une route asphaltée de plus d’un kilomètre, suite à la forte demande des populations, auxquelles le Gouv’ est très attentif. Un tronçon vital qui relie les principaux quartiers populeux de la ville au centre économique.

Le Gouvernement provincial, a déboursé la totalité des fonds exigés par l’entreprise exécutant les travaux salués par la population. ‘’La route va de plus en plus désenclaver nos quartiers et rehausser la valeur des nos habitations’’, se réjouissent les jeunes des quartiers bénéficiaires. Et si tous les partenaires, Monusco, l’Union européenne et la CEPGL arrivaient au bout de leur projet de construction des axes routiers dans la ville, Goma ne compterait pas moins de 50 km des routes asphaltées d’ici 2015, a dit Julien Paluku. En plus de deux grandes cités de Beni et de Butembo, dont des projets similaires sont en vus, les principaux axes de l’intérieur en bénéficient déjà. 

La réhabilitation de plus de 60Km de route sur l’axe Kiwanja – Ishasha localité de Rutshuru, frontalière avec l’Ouganda, a permis le désenclavement de plus de 200.000 habitants. Aujourd’hui, il suffit de quelques heures pour rallier Goma en quittant Ishasha, là où jadis, motos et véhicules s’embourbaient pendant deux à trois semaines. A Masisi, c’est plutôt la réouverture de l’axe Kobokobo – Ngungu, long de 30Km, dans une région agropastorale, qui fait bonheur.

Enfin d’accompagner les inlassables efforts des FARDC, après la reprise de Kamango, Nobili,…en territoire de Beni, plus de trois cantonniers recrutés et payés par le gouvernement du Nord-Kivu, sont à pied d’œuvre sur ce tronçon de 72 Km. une stratégie qui consiste à donner de l’emploi à des populations démunies qui sortent des longues périodes de guerre. Permettant ainsi à plus de 300 familles de refaire leur paquet financier. Il en est de même de l’axe Pinga – Kalembe qui relie les territoires de Walikale et Masisi. Cent cantonniers bien outillés travaillent pour rendre praticable cette route. A Walikale encore, un système d’énergie solaire est à pied d’œuvre à l’hôpital général. Pour permettre au personnel soignant d’administrer des soins de santé de qualité aux milliers de patients les plus souvent exposés à la mort. 

1 million de dollars américains des recettes

Ensemble avec le Gouvernement central, le Nord-Kivu, multiplie des initiatives pour rendre encore et plus encore fréquentable la province. Cela se traduit aussi par l’amorce et la poursuite des dialogues entre l’autorité provinciale, les opérateurs économiques ainsi que les régies financières. Lors de son passage à Goma, le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi en a donné un coup de pouce. Le civisme fiscal, la maximisation des recettes et la réhabilitation de la sanction (qui n’épargne personne quelque soit son rang), produisent des fruits. 

En février dernier, les recettes du trésor, rassemblée par les trois régies financières et la DGRNK ont dépassé le cap de 4 millions de dollars américains. Hormis celles générées par les grandes entreprises qui s’acquittent  de leur tâche dans la capitale Kinshasa. Pour la première fois aussi, les recettes de la province rassemblées par la Direction des recettes du Nord-Kivu ont atteint le 1 million de dollars américains alors qu’elles étaient de 400 à 600.000 jusque décembre 2013. Des prouesses, fruit de la conscientisation que mène le Gouvernement Kahongya, en appui à la politique financière du Premier ministre Matata Mponyo, de quoi lui revigorer davantage sa confiance auprès des institutions de Breton Woods. 

Et si les poches d’insécurité persistantes ça et là disparaissaient, le Nord-Kivu aurait dans un proche avenir atteint un seuil de développement impressionnant, admettent plusieurs observateurs.  Il faut  ajouter à cela le dynamisme de sa population, qui a compris le message de l’autorité provinciale, très encrée dans la lutte contre la corruption et vouée à la maximisation des recettes. «  Le premier trimestre de l’année 2014 doit être considéré d’emblée comme une période charnière entre deux grandes époques, car ayant permis aux filles et fils du Nord-Kivu d’avoir l’espoir d’un avenir radieux, d’être témoins de certaines réalisations du Gouvernement provincial  », a déclaré le gouverneur Julien Paluku Kahongya.

[Patient Ndoole]