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RDC : 1,75%, budget accordé aux secteurs agricole, lol

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La part du budget de la République Démocratique du Congo (RDC) accordée aux secteurs agricole et rural ayant été de 1,75% en 2013 contre 3% en 2012, les ingénieurs agronomes exhortent le gouvernement à le porter à au moins 10% en 2014 pour répondre aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), d’ici 2015.

« Il est temps que l’agriculture redevienne le moteur du développement économique du pays en comparaison avec le Brésil qui est un modèle de développement agricole sous les tropiques », a souhaité le président de l’association des ingénieurs agronomes du Congo (ASSIAC) dans un entretien mercredi à l’ACP.

Le principal objectif, a-t-il indiqué, c’est l’amélioration de la sécurité alimentaire en RDC et le renforcement des  capacités des organisations paysannes  et semencières.

« Il est important que la RDC  respecte ses engagements de Maputo 2003 qui exigent à  chaque pays africains d’accroître la part du budget national à accorder à l’agriculture 10% en vue d’éradiquer la faim, la malnutrition et la pauvreté en Afrique », a-t-il rappelé.

Selon Mamadou Allassane Bâ, coordinateur régional de l’Association pour la promotion de l'élevage au Sahel et en Savane(APESS), partenaire de SOS Faim, « cela permettrait aux petits agriculteurs de doubler ou tripler leurs revenus s’ils parvenaient à prendre une plus grande part de la croissance du marché des matières premières ».

Dix ans après les engagements pris à Maputo en 2003 par les chefs d'Etats africains d’au moins 10% de leur budget national à l'agriculture, il a observé que « seuls 7 des 53 Etats ont tenu parole : le Malawi, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, l'Ethiopie, le Niger et le Sénégal ».

« Si ces pays peuvent être félicités d'avoir respecté leurs engagements pris dix ans plus tôt, il faut cependant être critique quant à l'origine de ces fonds consacrés à l'agriculture. En effet, nombreux sont ces pays à avoir alimenté ce budget avec de l'argent de l'aide extérieure et non à partir de leur budget national. Or, financer le secteur agricole à partir de budget émanant de l'aide extérieure n'est pas viable », a-t-il souligné.

Un Plan d’investissement agricole de 5,5 milliard USD jusqu’en 2015

A la suite d’un atelier organisé à Kinshasa du 26 au 27 mars 2013, la RDC dispose désormais d’un Plan national d’investissement agricole (PNIA) servant de « cadre fédérateur de toutes les actions de développement agricole et rural, gage du bien-être des populations congolaises ».

Le coût global du PNIA sur la période allant de 2013 à 2020 est estimé à 5,5 milliard USD, dont 1,5 milliards USD entre 2013 et 2015, soit 28% du budget.

La ventilation du coût total par sous-programme du PNIA se présente de la manière suivante : promotion des filières végétales : 38,9% ; promotion de l’agribusiness : 16,5%; développement de la production animale : 11,9% ; gestion de la sécurité alimentaire et des réserves stratégiques: 9,8% ;  recherche vulgarisation agricoles : 9,9%; gouvernance agricole et renforcement des capacités humaines et institutionnelles: 9,9% ; développement de la production halieutique: 3,1%.

Le besoin global de financement additionnel du PNIA sur la période de 2013 à 2020 est estimé à 4,8 milliards USD, soit 88,5% du budget total.

« Actuellement, seuls 11,5% des coûts estimatifs du PNIA sont disponibles. La contribution du gouvernement congolais à cet effort est de 8,7 millions USD (1.4% du montant. Ce qui semble loin des engagements signés en 2011. Celle des partenaires techniques et financiers est  de 623,1 millions USD (98.6% du montant). Le gap de financement par rapport à l’estimation du besoin en financement de chaque sous-programme varie entre 73,3% et 100% », selon La voix du paysan congolais.

La revue note que « la proportion du montant des financements acquis par sous-programme représente entre 0% et 26,7%. Le gap de financement le plus faible est constaté au niveau du sous-programme : promotion des filières végétales, puisqu’il n’est que de 73,3%, dénotant de l’intérêt que les partenaires accordent à cette filière ».

 Avec 80 millions d’hectares d’étendues des terres arabes, 4 millions d’hectares de terres irriguées, de nombreuses cours d’eau comptant d’importantes ressources halieutiques, la RDC dispose des atouts majeurs pour devenir une puissance agricole mondiale.

« Aujourd’hui, bien que le secteur agricole contribue pour 36% dans la formation du PIB et participe pour plus de 60% à la création des emplois, il ne parvient pas encore à assurer l’indépendance alimentaire du pays et à générer suffisamment des revenus et d’emplois durables », avait diagnostiqué le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo à sa prise de fonctions en 2012.

Au niveau du sous secteur de l’agriculture (production végétale), il avait promis d’« intensifier la production agricole vivrière en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en denrées de base d’ici 2015 ».