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Augmentation des prix en RDC : Les opérateurs économiques volent les Congolais

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Sur base d’un audit international, le Gouvernement a recruté le cabinet d’audit international « MENAA Finance » à qui il a confié la mission d’audit des prix et du commerce triangulaire. C’est pour rendre compte de ce rapport que le ministre Jean-Paul Nemoyato a convoqué la presse le mercredi 31 juillet dernier pour rendre compte à la population. Dans son discours au ministère de l’Economie et Commerce, il a fustigé un cartel des monstres affameurs du peuple congolais. Car selon lui, les biens de première nécessité coûtent plus chers en Rd Congo que partout ailleurs. A titre illustratif, il a pris le mois d’octobre 2012. Ici, il a comparé un panier contenant les marchandises suivantes : 1 kg de haricots, 1 kg de poisson salé et 1 kg de viande qui coûte 15$ au Ghana et en Côte d’Ivoire, 17,6$ au Congo-Brazzaville et 29,78$ en Rd Congo. Il s’est rendu compte qu’en Rd Congo, les opérateurs économiques, qui sont en réalité des monstres volent les Congolais, ou perçoivent « un payement à l’indit ».

Pour faire face à la hausse des prix des biens de première nécessité en Rd Congo, Jean-Paul Nemoyato, ministre de l’Economie et Commerce annonce la préparation d’un calendrier des concertations avec les intervenants, avant l’institution d’un comité de suivi en vue de l’élaboration des structures des prix des produits types. Il a mis en garde cette race d’opérateurs économiques, en réalité des monstres qui devront désormais faire face à la rigueur de la loi.

Dans son discours devant le Congrès le 15 décembre 2012, Joseph Kabila, président de la République a eu raison de dire que la croissance économique ne profite pas encore à la population. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre a été obligé d’instruire le ministre de l’Economie et Commerce, de faire aboutir dans le meilleur délai l’audit des prix des denrées de première nécessité. L’objectif étant d’arriver à appliquer avec les opérateurs économiques la vérité des prix.

Sur base d’un audit international, le Gouvernement a recruté le cabinet d’audit international « MENAA Finance » à qui il a confié la mission d’audit des prix et du commerce triangulaire. C’est pour rendre compte de ce rapport que le ministre Jean-Paul Nemoyato a convoqué la presse le mercredi 31 juillet dernier pour rendre compte à la population.

Dans son discours au ministère de l’Economie et Commerce, il a fustigé un cartel des monstres affameurs du peuple congolais. Car selon lui, les biens de première nécessité coûtent plus chers en Rd Congo que partout ailleurs. A titre illustratif, il a pris le mois d’octobre 2012. Ici, il a comparé un panier contenant les marchandises suivantes : 1 kg de haricots, 1 kg de poisson salé et 1 kg de viande qui coûte 15$ au Ghana et en Côte d’Ivoire, 17,6$ au Congo-Brazzaville et 29,78$ en Rd Congo. Il s’est rendu compte qu’en Rd Congo, les opérateurs économiques, qui sont en réalité des monstres volent les Congolais, ou perçoivent « un payement à l’indit ».

Structure des prix et commerce triangulaire

Comme nous venons de le souligner, le rapport comportait deux parties essentielles : la structure des prix et le commerce triangulaire. Le premier volume relatif à la structure des prix met en lumière la réalité de l’inflation du pays de provenance qui frappe les produits de consommation de masse et l’empilement des marges non réglementaires, l’exposition aux risques de change entre le dollar en Rdc et l’euro dans le pays européens, la faible compétitivité du port de Matadi, la manipulation des valeurs FOB aux frontières par, soit leur minoration au dédouanement, soit leur majoration à l’établissement de la structure des prix ; multiplicité des intervenants et la surfacturation des coûts des charges liées à la manutention, au transport ; la couverture partielle du fret congolais par des outils d’appréciation des quantités et valeurs et l’incohérence des données statistiques aussi bien en Rdc entre les administrations concernés (OCC, DGDA) qu’entre pays fournisseurs et destinateurs (Rdc et Namibie).

Concernant le commerce triangulaire, il a été noté l’ampleur du commerce triangulaire où les principaux animateurs ont organisé des circuits de distribution opaques, complexes et optimisés ; la faiblesse du système statistique et partant la dépendance de l’économie congolaise à l’égard des importateurs ; la vulnérabilité alimentaire de la Rdc qui est aggravée par l’opacité des circuits d’importation et l’impossibilité d’assurer une traçabilité de ces importations ; les mécanismes par lesquels les parties prenantes au commerce triangulaire tirent à travers des ententes tacites entre importateurs et l’intégration des activités sur la chaine verticale en faisant recours à des sociétés écrans basées dans les paradis fiscaux au Liban, aux Îles vierges britanniques ou à Monaco qui assurent le rôle officiel de « fournisseurs ».

Vers une indépendance alimentaire

Pour faire face à la surenchère créée par les oligopoles présents et augurer les perspectives de la diminution des prix des denrées sur le marché congolais, le consultant MENAA Finance recommande au Gouvernement de se doter des moyens de protection contre le commerce triangulaire et les oligopoles, d’imposer l’harmonisation et la traçabilité des données du commerce extérieur entre différentes administrations, profiter de la dynamique mondiale en multipliant la signature des accords commerciaux, organiser progressivement son indépendance alimentaire en renforçant la production locale, lutter contre la corruption pour réduire les prix des denrées de première nécessité tant au port de Matadi, aux frontières, les taxes illégales sur les axes routiers ou la perméabilité de certaines institutions comme la DGDA, l’OCC, l’OGEFREM, la SCTP, la CVM, etc.

Au regard de tout ce qui vient d’être dit, Jean-Paul Nemoyato a indiqué que son gouvernement prépare un calendrier des concertations avec les intervenants du secteur privé, avant l’institution d’un comité de suivi pour l’élaboration des structures des prix des produits types, tout en s’inspirant du secteur pétrolier. Dans le jeu de questions-réponses qui a suivi, la presse a voulu savoir si en traquant ces affameurs du peuple congolais le ministre n’exposait pas son poste gouvernemental ? Pour le ministre, il dit qu’il n’est pas ami des opérateurs économiques et que c’est seulement le travail qui les unit.

Et d’insister que chaque pays a ses propres lois qu’il faut bien respecter. Il a aussi souligné que le secteur privé demeure un partenaire du Gouvernement avec qui il faut se concerter. « Celui qui va continuer à percevoir les marges bénéficiaires au-delà des normes est contre Joseph Kabila et devra désormais faire face à la rigueur de la loi ».

[Jean-Marie Nkambua]