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RDC : Les guerres répétitives freinent le développement

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En mission à Butembo, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, s’est inquiété des « guerres répétitives à l’Est de la République démocratique du Congo ». « Les guerres répétitives freinent le développement en retardant la réalisation des ouvrages prévus dans le programme du gouvernement au Nord-Kivu », a-t-il déploré au cours d’une conférence-débat mercredi avec des représentants de toutes les couches sociales de la population locale. Après avoir félicité les habitants du Grand Nord-Kivu « pour l’organisation des marches visant à dire non à la guerre à l’Est du pays », il a exprimé la compassion du gouvernement central envers la population du Grand Nord-Kivu meurtrie par la guerre ».

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Jean Chrysostome Vahamwiti Mukesyayira est rentré jeudi 11 janvier à Kinshasa d’une mission à Butembo (Nord-Kivu) où il s’est inquiété des « guerres répétitives à l’Est de la République démocratique du Congo ».

« Les guerres répétitives freinent le développement en retardant la réalisation des ouvrages prévus dans le programme du gouvernement au Nord-Kivu », a-t-il déploré au cours d’une conférence-débat mercredi avec des représentants de toutes les couches sociales de la population locale.

Après avoir félicité les habitants du Grand Nord-Kivu « pour l’organisation des marches visant à dire non à la guerre à l’Est du pays », il a exprimé la compassion du gouvernement central envers la population du Grand Nord-Kivu meurtrie par la guerre ». A cette occasion, il a exhorté les jeunes à « profiter de cette occasion exceptionnelle de recrutement au sein de l’armée nationale pour se faire enrôler massivement pour défendre la patrie ».

Dans la foulée, il a recueilli les doléances des représentants de la population et promis de « trouver des solutions aux problèmes » qui relèvent de son secteur.

Programme agricole ambitieux

Le gouvernement de la RDC a prévu pour le quinquennat 2012-2016 un ambitieux programme dans le secteur agricole, ceux de l’élevage et de la pêche. En effet, avec 80 millions d’hectares d’étendues des terres arabes, 4 millions d’hectares de terres irriguées, de nombreuses cours d’eau comptant d’importantes ressources halieutiques, la RDC dispose des atouts majeurs pour devenir une puissance agricole mondiale.

Au premier trimestre de 2012, le secteur agricole contribuait pour 36% dans la formation du PIB et participait pour plus de 60% à la création des emplois, sans pour autant parvenir à assurer l’indépendance alimentaire du pays et à générer suffisamment de revenus et d’emplois durables.

Pour améliorer la situation, le gouvernement a élaboré un programme qui vise à renforcer la contribution de l’Agriculture à la croissance économique, restaurer la sécurité alimentaire du pays, réduire la pauvreté et la précarité dans les milieux ruraux et à accroître la production des produits vivriers et pérennes.

« Pour atteindre ces objectifs, le programme doit répondre aux stratégies et politiques agricoles et rurales qui touchent à la sensibilisation, la production, l’évacuation, le stockage, la transformation et la commercialisation », explique-t-il. Au niveau du sous-secteur de l’agriculture (production végétale), il s’agit d’« intensifier la production agricole vivrière en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en denrées de base d’ici 2015 », par le renforcement du programme de mécanisation agricole, l’amélioration des infrastructures de recherche agronomique, la disponibilisation des intrants agricoles aux agriculteurs et la promotion de la technologie appropriée post récolte.

Le gouvernement entend aussi redynamiser l’agriculture à la base, par la mobilisation et l’encadrement des populations rurales, de manière à atteindre un objectif de superficie de 1 ha par ménage ; promouvoir la professionnalisation des acteurs agricoles (incubateurs), de la jeunesse désoeuvrée, des retraités et démobilisés dans la production agricole en vue de leur auto-prise en charge.

Il a prévu la mobilisation et l’encadrement des planteurs dans les champs en couloirs pour la production du riz au Maniema, à l’Equateur (district de la Mongala), en Province Orientale (Tshopo), au Kasaï Oriental (Sankuru), au Sud-Kivu (vallée de la Ruzizi) ainsi que l’intensification de la production des pommes de terre et des haricots (Nord-Kivu), du manioc (Province Orientale, Equateur, Maniema, Bas-Congo et Bandundu) par la disposition du matériel végétal amélioré couplé au processus de transformation.

Un don de 79 millions USD de la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) finance en République démocratique du Congo (RDC), avec un don de 49,46 millions UC (environ 79 millions USD), le Projet d’appui  aux infrastructures rurales (PADIR) dont le lancement a été effectué vendredi 21 décembre à Kinshasa.

Couvrant cinq provinces (Bandundu, Bas-Congo, Katanga, Kasaï Oriental, Kasaï Occidental), ce projet,  qui vise également le renforcement des capacités des services d’appui et des communautés à la base, devrait contribuer aux efforts du gouvernement congolais d’améliorer la sécurité alimentaire du pays et de réduire la pauvreté. 

Les principales activités de cet ambitieux projet sont respectivement la réhabilitation de 1.905 km de pistes et de 9 quais d’accostage, la construction de 290 points d’eau potable, de 18 réseaux d’adduction d’eau, de 40 marchés, de 30 entrepôts et de 16 abattoirs. Elles portent également sur l’appui de 40 structures de formation professionnelle, de réinsertion sociale, de fabrication d’outils mécaniques et de transformation des produits agricoles.

En outre, le projet permettra la formation et le recyclage de 300 cadres et agents techniques et de 500 associations paysannes groupant 5.000 membres.  A terme, toutes ces activités créeront quelque 23.000 emplois permanents, accroitront le revenu des bénéficiaires de plus de 60% et permettront une commercialisation additionnelle de 2,28 millions de tonnes de vivres et de 20.000 tonnes de viande et de poisson.

« Notre gouvernement s’est fixé dans son programme d’action 2012-2016 l’objectif de poursuivre la construction et la modernisation des infrastructures de base telles que les routes de desserte agricole, dont près de 25.000 km de pistes rurales doivent être remises en état d’ici 2016 », a expliqué le ministre de l’Agriculture et du développement rural Jean Chrysostome Vahamwiti Mukesyayira.

En fait, cet ambitieux programme vient croiser l’initiative du gouvernement dans le cadre de la campagne agricole en cours dont le budget est affecté à 50% à l’entretien  et à la réhabilitation des routes de desserte agricole, soit 15 millions USD en une année.

[Angelo Mobateli]