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Stabilité économique : RDC, un bilan positif

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En ce moment où l'on s'achemine vers la fin de l'année 2012, à l'heure du bilan  l'on peut se féliciter de la stabilité  du cadre économique. Et ce en dépit de l'émission de coupures à valeur faciale adaptée. …Tout a été fait pour éviter un emballement des prix des biens  et des services. Ainsi que la dépréciation de la monnaie nationale. Dans les projections les plus optimistes, il est rapporté que la RDC peut terminer  l'année 2012 avec un taux d'inflation de  moins de 5 %. Alors que l'objectif fin période  est de 9,9 %. Autant dire que le travail a été bien fait en amont et en aval. Mais, il faut rester prudent et vigilent.

L'actualité économique et financière reste, entre autres, marquée par le lancement par la Banque Centrale du Congo (BCC) de la coupure de 20 000 Francs congolais. Le lancement de ce billet par le biais des banques commerciales  est intervenu le jeudi 1er novembre, comme annoncé lors de la  réunion du Comité de Politique Monétaire du mois d'octobre. Naturellement, la BCC  profite ainsi de la sortie réussie des trois premières coupures à valeur faciale adaptée. Ces coupures de 1000 FC, 5 000 FC et 10 000 FC avaient été  lancées un certain 2 juillet 2012. Consciente de ses responsabilités,  la BCC a attendu  le moment propice pour émettre, enfin,  la dernière coupure restée dans ses coffres forts, c'est-à-dire celle de 20 000 FC. La boucle est ainsi bouclée, pourrait-on dire.

C'est le dénouement d'une grande opération préparée avec professionnalisme et  tout le sérieux voulu, du côté de la BCC, pour régler un problème technique qui se posait avec acuité ; à savoir : la réduction drastique de l'éventail fiduciaire de la monnaie nationale. Et par ricochet, cette réduction de l'éventail a favorisé  la dollarisation de l'économie, en raison de la fable capacité de la monnaie nationale à dénouer  toutes sortes de transactions. Surtout les grosses transactions.

Naturellement, il a fallu  une grande campagne de communication  et d'explication en direction de la population pour balayer toutes les appréhensions et les prophéties de certains compatriotes qui craignaient le retour à  l'hyperinflation observée dans les 1990 à 1997. Avec des chiffres à l'appui et des arguments techniques, la BCC   va expliquer que le contexte économique avait, bel et bien,  changé. Mieux, toutes les précautions d'usage  étaient prises pour préserver la stabilité macroéconomique restaurée depuis plus de trois ans. C'est du reste cette stabilité qui permet, entre autres, de passer à cette opération.

Dans ce contexte de la mise en circulation des billets de banque  à valeur faciale adaptée, le gouvernement a instruit la BCC de lui  présenter un plan pour la dé dollarisation de l'économie nationale.  A ce sujet, à l'instar de ce qui se fait sous d'autres cieux,  la RDC réaffirme  finalement l'importance de l'utilisation de la monnaie, en tant qu'attribut  de souveraineté nationale, unité de mesure, instrument de paiement et réserve de valeur. A ce sujet, le premier ministre  Augustin Matata  et son gouvernement, ainsi que la Banque Centrale du Congo,  ont levé l'option de travailler désormais pour  la dé dollarisation progressive de l'économie nationale. De ce point de vue, il  faut saluer la sortie du  billet de 20 000 FC. Et surtout  lui souhaiter le succès car  elle participe à cette quête de redonner à la monnaie nationale ses lettres de noblesse et la place qui lui revient dans notre espace économique.

Résolument engagée dans cette quête de dé dollarisation de l'économie,  la BCC a déjà fait part de sa disponibilité. Entre autres, le gouverneur Jean-Claude Masangu l'a si bien expliqué au cours d'une prestation que l'Institut d'Emission  souhaite une exécution graduelle de l'ensemble de ses opérations financières en monnaie nationale. Ainsi, à titre d'exemple, dira-t-il, le secteur public devra s'engager à : payer en monnaie nationale tout agent économique résident ; fixer les tarifs de tous les services publics en monnaie nationale ; fixer et percevoir les impôts, droits et taxes en Francs Congolais ; évaluer en monnaie  nationale les biens et services dans les discours officiels ; négocier des marchés publics intérieurs en monnaie nationale ;…

Quant à la  dollarisation, le gouverneur de la BCC  a soutenu qu'elle  présente plusieurs désavantages pour l'économie congolaise. Entre autres, il y a  " le renvoi de la monnaie nationale au second plan au profit d'une monnaie étrangère qui s'accapare du rôle classique d'une monnaie en tant que valeur refuge, unité de compte et instrument de paiement. Sans oublier  la difficulté de financement de l'économie en monnaie nationale ; la réduction de la portée et de l'efficacité de la politique monétaire ; le risque de crise systémique dans le secteur bancaire en cas de problème de liquidité en devises, la Banque Centrale ne pouvant pleinement jouer son rôle de prêteur en dernier ressort ; un manque à gagner en termes de revenus communément appelé seigneuriage pour l'Institut d'Emission,… ".  Pourquoi se satisfaire de  ces désavantages et ne rien essayer pour renverser la tendance ? Le gouvernement et la BCC entendent désormais relever le défi.

En ce moment où l'on s'achemine vers la fin de l'année 2012, à l'heure du bilan  l'on peut se féliciter de la stabilité  du cadre économique. Et ce en dépit de l'émission de coupures à valeur faciale adaptée. …Tout a été fait pour éviter un emballement des prix des biens  et des services. Ainsi que la dépréciation de la monnaie nationale. Dans les projections les plus optimistes, il est rapporté que la RDC peut terminer  l'année 2012 avec un taux d'inflation de  moins de 5 %. Alors que l'objectif fin période  est de 9,9 %. Autant dire que le travail a été bien fait en amont et en aval. Mais, il faut rester prudent et vigilent.

Didier Munsala B.