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Doing Business 2012 : La RDC a été classée 178ème sur 183 pays, LOL

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Le mauvais classement de la RDC dans le classement Doing Business publié chaque année par la SFI, filiale de la Banque mondiale chargée du secteur privé, mérite qu'on s'y penche  et de trouver des solutions. Par exemple, dans le Doing Business 2012, la RDC a été classée 178ème sur 183 pays. Ce mauvais classement récurrent doit interpeller nos pouvoirs publics. Et pour cause ? Lors de l'investiture du gouvernement  à l'Assemblée nationale, le premier ministre Augustin Matata s'est engagé  pour impulser l'amélioration du climat des affaires sur laquelle le gouvernement fonde ses espoirs pour la création des emplois et la réalisation des taux de croissance robustes. C'est un défi à relever. A l'heure du bilan, une évaluation sera faite. .." Assainir le climat des affaires pour développer la RDC ". Tel est le thème des assises nationales du climat des affaires prévues du 27 au 29 août au  Centre Roméo Golf à Kinshasa/Gombe, appelées à plancher sur cette problématique.

Ces assises sont  organisées par  le  Comité de pilotage pour l'amélioration du climat des affaires  et des investissements (CPACAI) du ministère du Plan.  Le nouveau délégué principal du CPACAI, maître Alexis Mangala, est en train de poser  les jalons pour prendre à bras le corps  la problématique d'amélioration du climat des affaires. Il est question de  relancer la feuille de route sur les réformes nécessaires à l'amélioration du climat des affaires en général en se basant, entre autres, sur les dix principaux indicateurs du Doing Business. Le résultat attendu est de permettre un échange entre les opérateurs économiques et les pouvoirs publics, sous le discret arbitrage du CPACAI  et d'experts indépendants.

Ce forum  va déterminer les réformes réellement pertinentes pour améliorer le climat des affaires. Il va permettre de s'accorder sur la meilleure approche pour une mise en place effective de ces réformes, de réactualiser la feuille de route existante et  de déterminer les mécanismes de sa mise en œuvre effective et efficace. L'organisation de ces assises est appuyée par les partenaires au développement, notamment la Banque mondiale à travers le COPIREP, le PNUD,…Structure placée sous tutelle du ministère du Plan, le CPACAI qui a comme mission principale de suivre les avancées des réformes en matière d'amélioration du climat des affaires, entend saisir cette opportunité pour  réunir  100 participants appelés à  cogiter.

Ceux-ci vont provenir des institutions publiques et structures  spécialisées concernées par cette problématique. Il s'agit notamment de la présidence de la République, du  Parlement, du gouvernement (Intérieur, Budget, Finances, Plan, Economie, Commerce, Justice , Affaires foncières,….) et des  administrations (DGM, OCC, Hygiène, Douanes, Cadastre, Notariat, Agence Nationale de Promotion  des Investissements, Fonds de Promotion de I' Industrie,…). Naturellement, les milieux d'affaires sont concernés par cet exercice. Les organisateurs   convient aux travaux les opérateurs économiques membres de la FEC, de l'ANEP, de la COPEMECO, de la FENAPEC, des organismes de micro crédit, des Chambres de commerce,…Sans oublier  les attachés économiques et d'ambassades.

Avoir l'implication des services publics concernés

Intervenant dans les efforts d'amélioration de la gouvernance économique, les partenaires au développement (Banque mondiale, SFI, BAD, AFD, DFID et PNUD) vont aussi prendre une part active  aux discussions prévues durant les trois jours des travaux. Au fait, l'approche méthodologique du ministère du Plan et du CPACAI lors  est d'avoir l 'implication des services concernés par le climat des affaires  à travers des concertations et des consultations à plusieurs niveaux, la communication et le dialogue permanent avec les milieux d'affaires et la vulgarisation auprès des administrations et des services publics concernés.

Pour la méthodologie des travaux, le forum  prévu du 27 au 29 août va se dérouler en trois phases ; à savoir : les exposés et le débat général, les ateliers et l'élaboration d'une nouvelle feuille de route, ainsi que les mécanismes de mise en œuvre et de suivi. Le premier jour  sera consacré à la cérémonie d 'ouverture solennelle des travaux, aux exposés et au débat général. Les exposés porteront notamment sur : l'amélioration du climat des affaires en général, les principaux indicateurs du Doing Business et  la ré- visitation de la feuille de route actuelle et ses contraintes. Avant de clore cette journée, il y aura la constitution des ateliers et le début des travaux en ateliers. Il est prévu deux ateliers de vingt-cinq personnes maximum qui se réuniront autour des indicateurs en les rapprochant de la feuille de route existante et des souhaits des principaux protagonistes ( les pouvoirs publics et opérateurs  économiques). L'atelier 1 va se focaliser, entre autres, sur : la création d'entreprises, l'obtention des prêts, le solutionnement de l'insolvabilité, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier,  la protection des investisseurs,…Quant à l'atelier 2, il va se pencher sur le climat des affaires.

Au cours du deuxième jour,  les experts vont poursuivre les ateliers et procéder à l'élaboration des recommandations par atelier.  Le dernier jour sera consacré à la mise en commun, au débat général, à l'élaboration de la nouvelle feuille de route, à la proposition et l'adoption des mécanismes de mise en œuvre et de suivi et à la rédaction du rapport final. Une cérémonie solennelle de clôture va constituer le point de chute des travaux.

Des grands défis restent à relever

Dans son programme d'action, le gouvernement a fait de l'amélioration du climat des affaires son cheval de bataille. C'est un engagement politique fort pris solennellement par le premier ministre Matata devant les élus du peuple. Par climat des affaires, il faut entendre " l'ensemble des facteurs (politiques, économiques, sociologiques, …) qui permettent à un opérateur économique à décider d'investir dans un endroit donné ". Parmi ces facteurs, il y a la stabilité macroéconomique, la stabilité politique, une  justice juste et indépendante, la qualité des services de télécommunications, le coût et la disponibilité de la main d œuvre qualifiée, la fiscalité des entreprises,….En ce qui concerne la RDC, depuis quelques années il y a eu certes des réformes déjà engagées, notamment la simplification des formalités dans l'exercice des activités économiques. Le diagnostic du climat des affaires  dresse un tableau peu reluisant. Il est déploré une réglementation économique et commerciale vétuste et inadaptée au monde actuel des affaires, une fiscalité complexe, élevée et peu incitative à l'investissement direct, des difficultés d'accès au financement, l'absence des procédures transparentes, des difficultés d'accès à l'énergie électrique, l'insécurité juridique et judiciaire ainsi que les tracasseries administratives et policières,…Sans oublier le mauvais classement dans le rapport Doing Business.

Pour évaluer le climat des affaires, les dix principaux indicateurs du Doing Business sont : la création d'entreprises, l'obtention des prêts, le paiement des taxes et impôts, le solutionnement de l'insolvabilité, le transfert de propriété; le commerce transfrontalier, l'obtention de permis de construire, la protection des investisseurs, l'exécution des contrats et le raccordement à l'électricité. Chaque année, la SFI évalue, à travers son rapport Ding Business, le climat des affaires de 183 pays, c'est-à-dire, les facilités à faire les affaires offertes par un pays donné sur base de 10 critères.

A tout prendre, sur cette problématique du climat des affaires, le CPACAI estime qu'il existe encore des grands défis à relever. Au nombre de ceux-ci, il y a notamment  l'information de la population sur le processus de l'amélioration du climat des affaires conduit par le gouvernement, la vulgarisation des mesures prises, l'amélioration du classement de la RDC dans le prochain classement  de Doing business, l'invitation du secteur privé et de la société civile à veiller à la mise en œuvre effective de ces mesures, la sensibilisation grâce aux  médias de l'opinion nationale et internationale sur le processus d'amélioration du climat des affaires et sur la réforme des entreprises publiques afin d'attirer de nouveaux investissements,…Le délégué principal du CPACAI, Alexis Mangala a  du pain sur la planche.

[Didier Munsala Buakasa]