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La RDC transformée en vaste chantier : Coup de chapeau à « Joseph KABILA »

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En faisant une photographie des travaux qui se font dans l'ensemble du pays, honnêtement, nous ne pouvons que dire : coup de chapeau car depuis les grands travaux des années 70 par le maréchal président Mobutu, c'est la première fois que nous voyons l'ensemble du pays se transformer en un vaste chantier.

Nous nous rappellerons toujours, étudiants à l'étranger, cette belle époque du maréchal Mobutu, où les gens se retournaient pour regarder et courtiser le zaïrois d'une délégation ; cette époque des Léopards, de fierté quand N'Guz-a-Kar-i- Bond refusait à Londres d'être accueilli par le directeur de cabinet d'un ministre. Cette fierté qu'affichent aujourd'hui les Rwandais.

Le maréchal Mobutu, est le seul dont nous avons souvenance, à avoir préparé vers les années 1967, pendant environ 2 ans, un véritable plan quinquennal de développement et d'industrialisation. Voici quelques réalisations de ce plan : Fikin, Office de Routes, OVD, IRS, INERA, FPl, CEDI (Etude économique), ICPN (Institut de conservation des parcs nationaux), Barrage d' INGA, ligne lnga-Katanga, Pont Maréchal, l'unique échangeur du pays, Cité de Nsele, EFO, ISP, Centre supérieur militaire, Bourse pour étudiant à l'étranger, Pôles de développement en imposant aux industries les lieux d'implantation, création des banques par des Congolais, octroi des marchés publics pour créer une bourgeoisie locale, achat des avions et bateaux..... ll posa ainsi les fondations de ce qui aurait permis au Zaïre de rejoindre le club des pays émergeants. Vraiment, le maréchal Mobutu avait une grande vision pour ce pays !

Malheureusement, il sera trahi par l'orgueil et la folie de grandeur qui le plongeront dans le précipice de la zaïrianisation.

Quels points communs entre Joseph Kabila et les précédents Joseph ? C'est la réalisation de grands projets. Les noms traduisent aussi nos destins. Joseph = " Dieu a ôté ma honte ". Le premier Joseph avait comme grand projet, l'accession du pays à l'indépendance ; le second mettra en place les fondations des pays émergeants ; le troisième Joseph, si telle est la volonté de Dieu, c'est probablement pour commencer (car ce n'est pas un travail de 5 ans) cette construction qui hissera la RDC au diapason des pays émergeants. Et s'il échoue, C'est sûr qu'il y aura des projets à l'arrêt.

Mais s'il réussissait, ce qu'il y a à craindre, c'est qu'il puisse céder aux pressions pouvant compromettre un développement équilibré du pays, exemple par l'abandon du projet du port en eau profonde de Banana, la construction des lignes de chemin de fer Kinshasa-llebo, Matadi-Banana. Il semble, Mobutu avait échoué sur Kinshasa-llebo à la suite des pressions belges qui conduisirent au retrait des Japonais.

Aujourd'hui le groupe français BOLORE veut rentabiliser au maximum son port de Pointe-Noire. ll y a des pressions pour relier Kinshasa à Brazzaville par chemin de fer. Espérons que le président sera assez fort pour y résister. En effet, relier Banana à Lubumbashi, c'est ajouter une seconde colonne vertébrale, en plus du fleuve, qui fera que tout le pays se développe de façon harmonieuse, et que les importations soient sécurisées en cas de conflit.

BOLORE vient de bouter dehors un autre Français en Guinée, en faisant pression sur le président Konde. BOLORE contrôle Abidjan, Cotonou ou Lomé. Elle veut donc contrôler totalement la côte Ouest de l'Afrique et elle voit, dans son intérêt d'abord, ce que peut lui apporter le décollage de la RDC. Si nous agissons sur ce dossier " ki signa ki signa " comme disent les Congolais, ce rêve de hisser la RDC au diapason des pays émergeants pourrait être renvoyé aux calendes grecques. En plus, en cette période des élections, il y a des contacts, des appels du pied, et l'argent coule. Ne nous enchaînons pas, ne vendons pas notre âme pour le pouvoir au détriment des intérêts du peuple.

Venons en maintenant à l'hôpital du cinquantenaire. Nous félicitons Joseph Kabila pour avoir achevé ce bâtiment de 1958 que Mobutu voulait transformer en Hôtel du Parti. Mais le pire est à craindre. Qui va le diriger ? Avec quel personnel et de quelle formation ? Il y aura-t-il une police de surveillance ? A-t-on pensé comment rentabiliser cet investissement ?

Le grand hôpital public de référence ex-Mama Yemo, qui a le même patron, a du mal à s'entretenir et à s'équiper. Les toilettes, les groupes électrogènes, les salaires, etc. y connaissent des problèmes. D'autre part, il suffit de faire un tour dans les bureaux et toilettes des ministères qui enverront les frais de fonctionnement, moyennant peut-être commission, pour se faire déjà une idée de ce que sera cet hôpital demain.

Nous avons un autre bijou à Kinshasa, l'hôpital Mutombo Dikembe. Il semble qu'il connait des problèmes de fonctionnement. Ce n'est pas étonnant, il en est de même en Europe.

C'est parce que ceux qui vont à l'hôpital sont des personnes malades, donc ayant des problèmes de travail et d'argent. D'ailleurs, il est courant que des malades soient soumis à des corvées pour compenser les frais, ou que des politiciens apurent les factures des malades " séquestrés ". A-t-on pensé à tous ces problèmes ? Quand le paiement des salaires pour militaires, fonctionnaires pose déjà problème, quelle stratégie a-t-on mis en place afin d'assurer un bon fonctionnement de cet établissement public? Et si l'argent pourrait être trouvé, on ne devrait pas en donner à l'hôpital du cinquantenaire, en oubliant les anciens hôpitaux publics.

Cet hôpital nous fait penser à ce PDG qui disait : voiture eza va sika, entretien ya nini ? Les routes, les hôpitaux se sont dégradés, c'est parce que les économies se font en supprimant le budget d'entretien. Au fait, les personnes qui y travaillent, avec quel budget font-ils l'entretien ? Peut-être le ministre ou le directeur sort déjà de sa poche de quoi réparer la chasse abîmée, comme c'est souvent le cas aujourd'hui dans l'administration publique.

L'hôpital du cinquantenaire, échappera-t-il à ce syndrome de l'entretien déficitaire ? Qui vivra verra ! Toutefois, nous proposons pour sauver ce complexe hospitalier qu'une partie, locaux et équipements, soit louée aux privés.

Zola Sivu.