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Joseph KABILA : Un «calme» qui fait du mal

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La participation de François Hollande au XIVème Sommet de la Francophonie à Kinshasa est une douche froide imposée aux adversaires. Ils cherchent toujours les voies et moyens pour fragiliser les nouvelles institutions. Ils peuvent ainsi inventer l’enlèvement ou la tuerie de Diomi Ndongala, d’autres se faire expulser intentionnellement afin de salir ; et d’autres enfin comploter pour la balkanisation du pays… Dans tous les cas, le calme olympien de Kabila a toujours fait du mal et produit des effets avantageux pour le pays. Le dernier succès diplomatique sur la question de l’Est en est une éloquence torrentielle.

Jour J – 43, le XIVème Sommet de la Francophonie aura bel et bien lieu à Kinshasa. La ville présente déjà l’image festive. La population chaleureuse s’apprête à offrir son hospitalité à ses hôtes. Les organisateurs ne lésinent pas sur leurs moyens pour réussir la fête. Les choses se précisent encore davantage depuis que certains pessimismes se sont dissipés. Coup de massue, François Hollande, président français, venait de confirmer après un long moment de doute, sa venue et sa participation au Sommet de Kinshasa. Kinshasa d’aujourd’hui présente des signes avant-coureurs d’une réussite de la messe francophone.

Quand Nicolas Sarkozy est venu à Kinshasa en mars 2009, il a été séduit par le charme linguistique d’une jeune fille qui lui avait remis une gerbe de fleurs au bas de la passerelle à l’aéroport de N’djili. « Tu sais quoi ? Tu parles bien français », avait-il dit cette jeune fille de 3 ans. La Rdc parle mieux français. Un français dépourvu, dans la majorité, de l’accentuation du substrat linguistique maternel. Le Sommet d’octobre prochain est une occasion offerte au monde francophone de venir découvrir la richesse linguistique congolaise.

Dès l’école maternelle, les Congolais se moquent entre eux une fois que l’on commet une erreur de français. Une stimulation mais aussi une émulation à manier avec aisance la langue de Molière. Ainsi, tout le monde fournit des efforts pour s’améliorer. « Nous parlons mieux français que les Français eux-mêmes », se vantent les Congolais pour se distinguer des autres peuples francophones dont le substrat maternel l’emporte. Un orgueil qui sera au rendez-vous à partir du 12 octobre prochain.

Il y a donc des raisons d’inviter tout le monde à venir vivre la chaleur mais aussi la douceur de la ville de Kinshasa ; venir côtoyer les mystères de la Kinoiserie : la débrouillardise du Kinois, l’argot lingalaphone mélangé au français, la cohabitation de la langue française avec les quatre nationales, la solidarité et l’hospitalité kinoise, bref ce système de pensées ou ce mode de vie kinois. Kinshasa est prêt à accueillir ses hôtes de plus belle.

Hollande avait raison de confirmer sa participation

La position du président français annoncée le lundi dernier a coupé court aux longues spéculations. Les détracteurs du régime de Kinshasa ont bondi sur le silence français pour manipuler l’opinion tant nationale qu’internationale. Kinshasa a été injustement accusé de tous les maux pour faire pression sur Hollande afin de le dissuader de à ne pas changer sa position. Pourtant, il avait de bonnes raisons pour qu’il vienne à Kinshasa.

D’abord, le fait que la Rdc, un pays non colonisé par la France, soit le premier pays francophone est un honneur pour les Français. Aussi, faut-il savoir que l’organisation internationale de la Francophonie existe pour honorer tous les pays francophones mais particulièrement, les Français et la France. Dans cette relation multilatérale, la France a toujours l’obligation de ne pas frustrer ceux qui l’honorent. Ce que les détracteurs de Kinshasa n’ont pas compris. Ils ont confondu les relations entre les pays membres de l’Oif à celles de la défunte « Françafrique ».

Or à son élection, François Hollande avait promis de ne pas continuer la mauvaise politique étrangère de la France envers l’Afrique. Pouvait-il ainsi se contredire ? bien sûr que non. Il a bien lu ses paroles et il les a respectées en confirmant sa participation. Ainsi, il a joué la bonne politique pour ne pas frustrer, une fois de plus, cette grande nation qui s’est vue ridiculisée dans les années 90 par le déplacement du Sommet d’un autre pays. A ce point de vue, le peuple congolais est réhabilité dans sa dignité. Réhabilité parce que justice est faite après sa première déconvenue de 1990 sous Mitterrand, un socialiste ; le voici aujourd’hui organiser ce XIVème Sommet sous Hollande, un autre socialiste.

La France a bel et bien besoin de la Rdc dans la Francophonie autant que la Francophonie elle-même en a besoin d’elle. Perdre plus de 70 millions de locuteurs potentiels, ce n’est pas du tout bien pensé pour la Francophonie. Une France forte à l’extérieur trouve d’appui aussi sur cette Francophonie. Car, la France se fait honorer par d’autres pays. Hollande a bien lu les événements et les enjeux. Ainsi, il a opté pour ses bonnes relations avec d’abord la Francophonie et puis avec le peuple congolais. Il ne devait, en aucun cas, faire plaisir aux gens assoiffés du pouvoir. Des gens cherchant, à tout prix, comment renverser le régime de Kinshasa par le prix des manipulations et intoxications politiques.

Hollande ne vient pas légitimer Kabila

Le pouvoir de Kinshasa a été élu par les Congolais. Certes, les élections ont été entachées de certaines irrégularités mais elles n’ont pas influé sur l’ordre des résultats proclamés. C’est la conclusion à laquelle sont arrivées toutes les différentes missions d’observation électorales. D’ores et déjà, il ne peut nullement se poser le problème de légalité et de légitimité en Rdc. Car, le pays a respecté les principes constitutionnels en conférant à son peuple la charge de légitimer celui qu’il voulait.

Le peuple a saisi la balle au bond et a choisi ses dirigeants. Donc, la légalité et la légitimité sont d’office respectées. Et le régime actuel est légal et légitime. Penser qu’Hollande viendra légitimer le deuxième mandat de Kabila, c’est être hors de la marge juridico-politique du système politique congolais. Car Hollande n’est pas l’instance de validation ni de légitimation du pouvoir en Rdc.

La France et son président viennent à Kinshasa au même titre que les autres pays membres de la Francophonie. Car, là c’est une relation plurilatérale et non bilatérale. Dans cette dernière, la France devrait hausser le ton pour un quelconque gain de ses intérêts dans un partenariat direct. La Francophonie est un espace d’échange entre les pays qui ont en partage la même langue : le français.

La participation de François Hollande au XIVème Sommet de la Francophonie à Kinshasa est une douche froide imposée aux adversaires. Ils cherchent toujours les voies et moyens pour fragiliser les nouvelles institutions. Ils peuvent ainsi inventer l’enlèvement ou la tuerie de Diomi Ndongala, d’autres se faire expulser intentionnellement afin de salir ; et d’autres enfin comploter pour la balkanisation du pays… Dans tous les cas, le calme olympien de Kabila a toujours fait du mal et produit des effets avantageux pour le pays. Le dernier succès diplomatique sur la question de l’Est en est une éloquence torrentielle.

Yvon RAMAZANI