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Directeur de l'ACP délesté à Kin : «KABILA» et KIMBUTA pointés du doit

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Etienne Stéphane Ngalamulume, directeur à l’Agence Congolaise de Presse (ACP) s’est vu ravir son portable en pleine journée au centre-ville de la commune de la Gombe par un faux lieutenant, sous prétexte qu’il sentirait l’odeur d’un élément de ce M23 qui embrase aujourd’hui le Nord-Kivu. Ces hommes sans scrupules opèrent non loin de l’Hôtel de ville; et ils sont armés pour insécuriser les Kinois et tracasser les paisibles citoyens.

Ce mardi 28 août 2012 vers 13h00’, le journaliste Etienne Ngalamulume – Ya Eti pour les intimes – revient d’une alimentation située du côté de Kin-Mazière, et veut regagner la Rédaction. Tout heureux d’avoir fait une belle affaire, il longe avec insouciance l’avenue Tombalbaye.

Dès qu’il est en diagonale de la Direction provinciale de la Direction générale de migration, il voit brusquement surgir un quidam. L’intrus lui brandit un revolver, tout en tenant un appareil talkie-walkie dans la main gauche. Il lui ordonne de s’arrêter et de se présenter. En guise de réponse, Ya Eti lui fait comprendre qu’il est journaliste et rejoint sa Rédaction. Mais le jeune homme lui exige sa carte de service, qui est d’ailleurs exhibée sans cérémonie. C’est avec timidité que le sexagénaire Ya Eti prie son vis-à-vis de se présenter à son tour.

Ce dernier va alors lui annoncer d’un ton menaçant qu’il est agent de sécurité avec le grade de lieutenant. Il va alors ajouter : « Tu as l’aspect d’un membre du mouvement rebelle M23. Nous avons pour mission de contrôler tous les suspects qui pullulent présentement à travers la ville ».

Après lui avoir remis sa carte de service, l’agent de sécurité se met à fouiller son sac à main. Or, avant de faire cette mauvaise rencontre, le vieux loup avait déjà – par expérience - dissimulé ses dollars dans le sous-vêtement. Ce qui fait que le fameux lieutenant n’a trouvé rien de suspect. C’est-à-dire aucun billet de banque ni un quelconque document séditieux, qu’il n’avait même pas le temps de lire.

Perspicace, il s’est ensuite saisi du téléphone portable tout neuf de marque YXTL que Ya Eti venait d’acheter la veille. Comme alibi, il a donné cette explication à sa victime : « Nous contrôlons aussi les appels reçus et envoyés pour savoir si un suspect n’a pas échangé avec les ennemis de la patrie qui sont dans l’Est du pays ». Le téléphone vient donc changer de propriétaire. L’agent de sécurité le glisse dans sa poche en faisant comprendre au vieux journaliste ingénu que l’appareil devait être présenté au chef pour l’analyse de tous les appels.

Avant de le laisser partir, le lieutenant agent de sécurité pointe du doigt un groupe d’individus éloigné, en lui faisant comprendre qu’il s’agit d’autres agents de son service, tout an ajoutant qu’ils sont éparpillés partout pour la même mission. Il finit par renchérir : « Ton âge avancé t’a sauvé. Je te laisse partir du fait que tu es un papa. Sinon, tu allais te retrouver dans des mauvais droits. 

Alors, décampes ! ». Ya Eti ne se le fait pas dire deux fois, il détale donc sans demander son reste, en faisant même tomber l’éternelle casquette qui cache sa calvitie. Après s’être assuré qu’il est maintenant en sécurité, il essaie d’appeler son propre numéro dans une cabine. C’est le répondeur qui réagit : « L’appareil de votre correspondant est soit volé, soit hors du périmètre cellulaire ».

Son sang-froid retrouvé, Ya Eti va chercher un confrère sportif, ceinture noire 4ème dan, pour aller réclamer son téléphone. Mais il n’y a plus de trace du lieutenant agent de sécurité, l’escroc s’est déjà volatilisé dans la nature.

Décidément, Ya Eti est un bon client de ces escrocs. Car il y a quelques mois, il a été aussi victime de ces mêmes hors-la-loi. Cette fois-là, c’était en face de l’immeuble CASIOPE, entre les avenues Ebeya et Tombalbaye. Ils avaient cette fois-là aussi allégué chercher des documents suspects.

Curieusement, ces hommes sans scrupules opèrent non loin de l’Hôtel de ville ; et ils sont armés pour insécuriser les Kinois et tracasser les paisibles citoyens.