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Réponse au président Alpha Condé : La Francophonie n’est pas Hollandaise !

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Lorsqu’il lui a été demandé de confirmer la présence de Hollande à Kinshasa, Alpha Condé a presque évité la question, estimant que le président français était assez «grand» pour prendre une décision. Acculé par RFI, le chef de l’Etat guinéen a fini par lâcher le morceau, estimant, à son tour, que «le sommet à Kinshasa pose beaucoup de problèmes». Lesquels ? Là, le président guinéen n’a dit mot, préférant entretenir le suspense sur le sujet.

A trois mois de la tenue à Kinshasa du 14ème sommet de la Francophonie, le doute est loin de se dissiper sur le déplacement du président français, François Hollande. Invité de la RFI, le président guinéen, Alpha Condé, a plus que ravivé le suspense.

Viendra ou ne viendra pas ? La question est sur toutes les lèvres à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, qui s’apprête, sauf imprévu, à accueillir en octobre 2012 le 14ème sommet de la Francophonie. C’est notamment la présence - encore douteuse - du président français, François Hollande.

En pleine campagne pour la présidentielle française de mai dernier, François Hollande, alors candidat, avait annoncé les couleurs de ce que devait être son mandat si jamais il était élu. Elu, puis investi, le débat sur son probable déplacement a été relancé de plus belle.

Aujourd’hui, personne, même à Kinshasa, ne sait dire avec exactitude si le président français sera à Kinshasa en octobre prochain. Peut-il accorder son premier déplacement en Afrique à la République démocratique du Congo ?

Le doute s’installe

C’est la question que tout le monde se pose. Et, c’est la même qui a été posée par Radio France Internationale au président guinéen, Alpha Condé, à l'issue de sa visite officielle à Paris, et de sa rencontre avec François Hollande.

Le chef de l’Etat guinéen s’est montré évasif dans ses réponses. Lorsqu’il lui a été demandé de confirmer la présence de Hollande à Kinshasa, il a presque évité la question, estimant que le président français était assez «grand» pour prendre une décision. Acculé par RFI, il a fini par lâcher le morceau, estimant, à son tour, que «le sommet à Kinshasa pose beaucoup de problèmes». Lesquels ? Là, le président guinéen n’a dit mot, préférant entretenir le suspense sur le sujet.

C’est la preuve que même lui, Alpha Condé, n’est pas sûr de faire le déplacement de Kinshasa. Que cache-t-on donc finalement ? A trois mois du sommet de Kinshasa, il est bon que l’opinion soit fixée sur les contours exacts de ce forum.

Même si à l’Organisation internationale de la Francophonie, son secrétaire général, le Sénégalais Abdou Diouf, continue à croire à la tenue de ce sommet dans la capitale congolaise, au niveau des chefs de l’Etat de l’organisation, l’optimisme ne se lit pas à tout de point de vue. L’on hésite à se prononcer. Personne ne sait dire exactement ce qui se passe.

Dans un éditorial écrit par François Soudan, le magazine Jeune Afrique pose le problème à sa manière. «Le président français François Hollande s’y rendra-t-il ?», s’interroge Jeune Afrique en rapport avec le sommet de Kinshasa. Il tente à sa manière de répondre à la question. La suite est plus qu’éloquente. C’est repris en ces termes : «Si l’on en croit les conditionnalités publiquement énoncées par le Quais d’Orsay, il faudrait pour cela qu’auparavant la gouvernance congolaise ait enregistré des ’’progrès concret’’ dans presque tous les domaines. Et de les égrener : ’’libertés’’ fondamentales, droits de l’Homme, liberté de la presse, ’’transparence électorale’’… Pourquoi pas. Reste qu’avec de tels critères, qu’on imagine applicables partout ailleurs sauf à croire qu’il existe deux poids et deux mesures, François Hollande devrait oublier toute idée de visite officielle à Pékin, Moscou, Riyad, Doha (la liste est loin d’être exhaustive) et ne voyager que dans les pays certifiés fréquentables par les ONG et la Banque mondiale. Difficilement imaginable. D’où, cette recommandation de bon sens : le président Hollande doit aller à Kinshasa et y prononcer ce grand discours ’’refondateur’’ de la relation franco-africaine que tout le monde attend de lui. Toute autre solution serait, vue d’Afrique, illisible». Bien dit.

A Kinshasa, on semble avoir imaginé tous les scenarii possibles. Dans l’une de ses apparitions devant la presse, Lambert Mende, ministre des Médias, Relations avec le Parlement et Initiation à la nouvelle citoyenneté, également porte-parole du gouvernement, a prévenu. Si jamais le président Hollande refuse de venir à Kinshasa, «nous en tirerons toutes les conséquences». Plus loin, a-t-il dit, si tel devait être le cas, le ciel ne devait pas «nous tomber sur la tête». C’est tout dire.

A la France de prendre la bonne position. Au risque de perdre un allié de taille au sein de la Francophonie, tout en sachant qu’à elle seule la RDC fait, en termes de superficie, plus que les pays de la CEMAC réunis.

[Faustin Kuediasala/Le Potentiel]

Réaction de média kabiliste aux présidents CONDE et HOLLANDE

HOLLANDE ET CONDE NE SONT LE MIROIR DU MONDE

La République démocratique du Congo (Rdc) continue son bonhomme de chemin en prélude aux préparatifs de l’Organisation du XIVème Sommet de Francophonie en octobre prochain. Cependant, cela fait la joie des uns, la colère et le mécontentement des autres. D’autant plus que chacun est libre de penser à sa façon et tant que le monde prône la liberté d’expression à tous égards, cela va de soi.

L’irrationnel serait de penser qu’il y aurait un groupe d’individus, quels qu’ils soient, qui détiendrait le monopole de cette liberté d’expression au monde. Bien sûr que non ! Bien plus, la Rdc est Rdc indépendante, voici maintenant 52 ans bien sonnés. Elle a pourtant loupé l’organisation du Sommet de la Francophonie en 1990 mais elle a subsisté contre vents et marrés. Pourtant, elle passait des moments lugubres de son histoire avec cette déstabilisation du régime Mobutu et la démocratisation enclenchée par le vent de la Perestroïka. Elle a tenu bon !

Aujourd’hui le contexte a totalement changé. Il y a eu élections bon gré mal gré, et les institutions de la République fonctionnent chaque jour qui passe. Ce qui est étonnant est que les boutefeux du régime de Kabila s’emploient nuit et jour à affûter leurs armes pour le besoin de la cause. Et l’actuelle de ces armes se trouve être l’Organisation de la Francophonie qui ne cesse de faire couler beaucoup d’encre et de salive. L’ampleur et l’allure que d’aucuns attribuent à ce Sommet sont parfois inimaginables et très présomptueuses.

Pour rappel, cette Organisation internationale n’est pas la volonté de certains Chefs d’Etats membres. C’est pur et simple le « vouloir » vivre collectif. Or, le vivre d’un pays quelconque ne dépend pas de ceux avec qui l’on doit vouloir vivre. Pourtant, c’est l’idée dont la France (relayée aujourd’hui par la Guinée) est vecteur. L’élément de taille que les uns et les autres feignent d’oublier c’est que la Rdc est deuxième pays francophone au monde et qu’elle compte environ 70 millions d’habitants qui auraient en partage la langue française. Il appert que c’est cette organisation qui gagne derrière le Congo. Subséquemment, elle doit s’accorder avec lui pour continuer de gagner ce qu’elle a toujours gagné.

 La Francophonie n’est pas Hollandaise

Imaginer le contraire relèverait simplement de la mégalomanie et constituerait une bévue qui ferait éclater de rire les étoiles si elles pouvaient rire. Donc, qu’Alpha Conde, François Hollande et bien d’autres encore pensent que le Sommet ne peut se tenir à Kinshasa, cela ne dilue aucunement la substance de ladite organisation ni ne dénature le Congo. D’ailleurs les deux précités n’ont jamais fait l’unanimité chez eux-mêmes. Preuve, personne d’entre eux n’a fait 100% aux élections. Alors si au niveau local, ils ne l’ont pas fait, il serait prétentieux de leur part de penser qu’ils pourraient le faire à travers le monde.

S’ils sont contre le XIVème Sommet à Kinshasa, il y a pourtant ceux qui le soutiennent. Leur problème est ailleurs ! L’on peut bien se souvenir des propos de Kagamé qui les tous largués : « la communauté internationale m’a demandé d’en finir avec Joseph Kabila avant les élections et je l’ai pas fait. Voilà qu’aujourd’hui, ils sont aux abois en m’accusant de soutenir les rébellions dans l’est de la Rdc ». Ce n’est pas le bout du voile mais tout le voile qu’il a levé sur les magouilles malveillantes entretenues par cette nébuleuse communauté internationale où la France occupe une place de choix.

Si on lit entre les lignes, ces propos fracassants de Kagamé, on comprend que malgré qu’il agresse la Rdc par le M23 et d’autres mouvements, il est à tout le moins utilisé dans le processus de déstabilisation de la Rdc. Il est rejoint dans cette manigance par Alpha Conde. Ce dernier est en France depuis quelques jours, mais il a osé parler de la Rdc seulement après sa rencontre avec sa tutelle François Hollande. Et l’on peut donc imaginer jusqu’à quel niveau peuvent se rabaisser certains « Chefs d’Etat » africains ! Girouette et marionnette de la France.

Dans un cas comme dans l’autre, la Rdc tient à l’œil les pays membres de la Francophonie. Si pour la deuxième fois, elle rate d’organiser ce Sommet pour des raisons égoïstes de certains pays soit disant hégémoniques, elle prendrait des mesures imposantes pour s’en tirer de l’affaire. Car, à quoi bon appartenir à une organisation qui ne considère pas le poids numérique en termes de démographie et la place qu’occupe un pays au sein de ladite organisation !

[John MASUMU/Congovirtuel]