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RDC : L'avenir de la Francophonie menacée, en cas de boycott du président français

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Au sein l’opinion interne congolaise, le débat sur la présence ou non de François Hollande à Kinshasa au mois d’octobre prochain semble faire l’affaire de l’Opposition dont certains membres souhaitent même que le sommet soit délocalisé vers un autre pays africain comme si cela suffisait pour sonner le glas du régime Kabila. Que gagnerait le nouveau pouvoir français en snobant un partenaire pas comme les autres dans l’univers francophone? Avant même d’accéder officiellement à l’Elysée -ça sera chose faite ce mardi- le successeur de Nicolas Sarkozy n’ignore pas que l’avenir de la francophonie se joue en Afrique et plus particulièrement en RDC. Il ne faudrait donc pas prêter le flanc aux sirènes du boycott qui, en définitive, demeurent loin, très loin de servir les intérêts et de la France et du Congo. Encore moins de la francophonie. Car, c’est l’avenir de toute une organisation, en l’occurrence la Francophonie, qui serait dès lors en jeu.

Viendra, viendra? L’arrivée de François Hollande pas à Kinshasa pour le 14ème sommet de la Francophonie est depuis peu, sujet à controverse dans l’opinion. La polémique installe ses quartiers, surtout dans les rangs de l’Opposition où l’on semble déjà se réjouir à l’idée que le président français François Hollande boycotte ou délocalise la tenue de ces assises. Plus aucun jour sans que, sur les chaînes de télévisions congolaises, opposants et proches du pouvoir ne s’empoignent lors de différentes émissions. Mais, au-delà d’éternels tiraillements entre la Majorité et l’Opposition, nombre d’observateurs sont d’avis qu’il s’agit d’un vrai-faux débat. Surtout lorsqu’on sait que les relations entre les Etats sont basées sur les intérêts et rien d’autre. Du reste, la Rd Congo étant le deuxième pays francophone au monde et le tout premier en Afrique, la France a tout intérêt à ne pas frustrer ce pays qui se situe à la frontière avec les Etats anglophones.

La polémique, surtout au sein de l’opinion intérieure congolaise, s’invite dans l’actualité en Rd Congo avant que le président élu François Hollande ne se prononce réellement sur la question en indiquant s’il compte vraiment effectuer le déplacement de Kinshasa.  Certains parient déjà sur son absence lors des travaux du 14ème sommet de la Francophonie en octobre tandis que d’autres y vont carrément dans le sens de la délocalisation du lieu de ce rendez-vous international, réunissant des pays ayant en commun l’usage de la langue française à travers le monde.

FAUX DEBAT AUTOUR DE L’ABSENCE DE HOLLANDE

Pour les observateurs, il s’agit simplement d’un faux débat. Car, font-ils remarquer, la RDC constitue le deuxième pays francophone au monde  et le tout premier en Afrique. Dès lors, poursuivent-ils, la France n’a donc aucun intérêt à s’aliéner à la fois un partenaire de cette envergure et un pays qui se situe à la frontière avec les Etats anglophones. Ce serait une erreur stratégique pour la France que de négliger le Congo-Kinshasa et ce serait contre-productif au regard du rôle que ce pays est appelé à jouer et eu égard à sa position géo-stratégique au coeur de l’Afrique.

Surtout au moment où la Chine étale ses tentacules sur l’Afrique. Même au regard des intérêts français en RDC, Paris devrait s’interdire pareille attitude et en cette période. Et il n’est guère exagéré de dire que l’avenir même de la Francophonie se joue en RDC. Ces enjeux dépassent largement les aspects de la politique intérieure de chaque pays qui relèvent plutôt de la pratique politicienne et qui n’ont rien avoir avec la France qui reconnaît, non pas les régimes, mais les Etats au nom d’un principe clé des relations internationales bien connu.

QUAND CE DEBAT FAIT L’AFFAIRE DE L’OPPOSITION

Au sein l’opinion interne congolaise, le débat sur la présence ou non de François Hollande à Kinshasa au mois d’octobre prochain semble faire l’affaire de l’Opposition dont certains membres souhaitent même que le sommet soit délocalisé vers un autre pays africain comme si cela suffisait pour sonner le glas du régime Kabila. Mais, au-delà du chef de l’Etat, c’est l’honneur de tout un pays qui est en enjeu. C’est d’ailleurs là que certains observateurs s’interrogent de plus en plus sur la démarche de la Francophonie au cas où François Hollande s’inviterait dans la polémique congolaise en choisissant de boycotter le sommet en prenant pour prétexte la présidentielle 2011.

Nul n’ignore, en effet, que le Rwanda, hier pays membre de la Francophonie, n’avait pas hésité à prendre ses distances vis-à-vis de cette organisation et de la langue pour tomber, finalement, dans le camp de Commonwealth regroupant du reste des pays anglophones. Cela s’est passé très vite et, aujourd’hui, Kigali réunit les conditions de son appartenance dans ce bloc. Il ne serait donc pas à l’avantage de la France que son président choisisse de boycotter simplement le sommet de Kinshasa au motif non prouvé que Joseph Kabila serait mal élu. Car, qu’en serait-il alors des intérêts de l’Hexagone au Congo-Kinshasa?

RDC, un pays clé pour la francophonie

Au-delà des postures politiciennes des uns et des incantations des bons sentiments des autres, il y a la réalité vraie. Mieux, la real politik. Que gagnerait le nouveau pouvoir français en snobant un partenaire pas comme les autres dans l’univers francophone? Avant même d’accéder officiellement à l’Elysée -ça sera chose faite ce mardi- le successeur de Nicolas Sarkozy n’ignore pas que l’avenir de la francophonie se joue en Afrique et plus particulièrement en RDC. Ce pays occupe sur le continent noir non seulement une position géo-politique à nulle autre pareille, mais en plus constitue en fait l’ultime frontière géographique de la francophonie.  Que tirerait François Hollande d’une attitude négativiste lui qui, en «président normal» a tout à gagner en venant prodiguer des conseils amicaux aux dirigeants congolais, sur le territoire congolais.

Il ne faudrait donc pas prêter le flanc aux sirènes du boycott qui, en définitive, demeurent loin, très loin de servir les intérêts et de la France et du Congo. Encore moins de la francophonie. Voilà où les observateurs soutiennent la thèse d’un faux débat ou d’une polémique dénuée de tout fondement quant à la présence ou non du président François Hollande à Kinshasa en octobre prochain. Car, c’est l’avenir de toute une organisation, en l’occurrence la Francophonie, qui serait dès lors en jeu.

[M. M./ForumDesAs]