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Sous la protection de tribus touarègues : Mouammar KADHAFI, intouchable !

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Mouammar KADHAFI, pourrait se cacher dans l’ouest du pays, près de la frontière avec l’Algérie. Il serait sous la protection de tribus touarègues, a ajouté cette source.

Le "Guide" libyen déchu Mouammar Kaddafi, en fuite depuis le 23 août, pourrait se cacher à Ghadamès, près de la frontière algérienne, selon des responsables du Conseil national de transition (CNT). Sur le front, les combats se poursuivent à Syrte et Bani Walid, où le CNT demande l'intensification des frappes.

Mardi, Mouammar Kaddafi s’est adressé à ses fidèles dans un message sonore diffusé par la chaîne de TV Arraï. « Sachez que je suis sur le terrain comme vous », a-t-il déclaré, affirmant que « les prochains jours réservent à cette clique d'agents un choc inattendu ».

Quant à trois de ses fils, ils seraient à la tête de trois des dernières poches de résistances pro-Kaddafi. C’est en tout cas ce que croient savoir des responsables du CNT, le nouveau pouvoir libyen.

Protection touarègue ?

Un des responsables militaires du CNT a pour sa part confié à l’agence Reuters que l’ancien « Guide » libyen, pourrait se cacher dans la ville de Ghadamès, dans l’ouest du pays, près de la frontière avec l’Algérie. Il serait sous la protection de tribus touarègues, a ajouté cette source.

Mouammar Kaddafi pourrait avoir trouvé le soutien des Touaregs nomades du désert libyen, qu'il a lui même soutenus contre les gouvernements du Mali et du Niger dans les années 1970 .

"L'Otan n'intervient pas assez"

Mercredi 28 septembre, les forces du Conseil national de transition ont demandé l’intensification des frappes de l’Otan sur Syrte et Bani Walid, fiefs kaddafistes, pour briser la ferme résistance des forces loyalistes.

 « L'Otan est présente mais n'intervient pas assez. Ils touchent les lance-roquettes depuis lesquels (les pro-Kaddafi) tirent sur nous, mais ils sont aussitôt remplacés. Nous avons besoin de plus d'aide de l'Otan », a indiqué le capitaine pro-CNT Walid Khaimej.

De son côté, l’Alliance atlantique nie avoir baissé l’intensité de son intervention. « L'Otan n'a pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol. C'est pourquoi aucune coordination opérationnelle n'est effectuée avec les forces du CNT», a indiqué le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l'opération Unified Protector.

Après des affrontements qui ont fait onze morts dans leur camp, les forces du CNT se préparent à lancer une nouvelle offensive sur la vaste oasis située à 170 km au sud de Tripoli.

Mort du commandant Daou al-Salihine Jadak

Abdallah Kenchil, un responsable du CNT dans la région de Bani Walid, a annoncé que Daou al-Salihine Jadak, commandant sur le front nord de Bani Walid, avait trouvé la mort dans la nuit de mardi à mercredi.

En 1993, ce farouche opposant avait mené des actions hostiles contre le régime kaddafiste. Des faits d’armes qui lui ont valu d’être emprisonné pendant 18 ans. Il avait été libéré en février suite au soulèvement populaire qui a renversé le régime du « Guide ».

Optimisme à Syrte

À Syrte, région d'origine du colonel Kaddafi, si le CNT continue à déplorer des pertes, le commandant Bani se veut optimiste : « Nos combattants contrôlent maintenant l'aéroport, la base aérienne et le port de Syrte ». « Nous ne voulons pas perdre cette bataille, ce n'est qu'une question de jours », a-t-il précisé.

De son côté l’Otan a dénoncé mardi une situation humanitaire préoccupante pour les populations civiles de Syrte et Bani Walid.

Notice rouge de l'Interpol contre Saadi Kaddafi

Interpol, l’organisation de coopération policière internationale, a émis jeudi une "notice rouge" contre Saadi Kaddafi, l’un des fils du dictateur déchu Mouammar Kaddafi, à la demande des nouvelles autorités libyennes. Elle devrait permettre de restreindre les possibilités de déplacement de l’ex-footballeur, réfugié au Niger.

Après Mouammar Kaddafi, Seif el-Islam et Abdallah el-Senoussi, l'ancien chef des services du renseignement libyens, c’est au tour de Saadi Kaddafi, le troisième fils du dictateur libyen déchu, d’être l’objet d’une « notice rouge » d’Interpol.

« Interpol confirmant les informations selon lesquelles Saadi Kaddafi, 38 ans, a été vu pour la dernière fois au Niger, cette notice rouge constitue une alerte régionale et internationale pour les pays voisins de la Libye et du Niger (...) pour aider à localiser et arrêter Saadi Kaddafi », a déclaré jeudi dans un communiqué l'organisation policière internationale basée à Lyon, dans le centre-est de la France.

Désormais, les 188 États membres de l’organisme devront coopérer afin de mettre la main sur l’ancien footballeur, réfugié au Niger (État membre d’Interpol) depuis le 11 septembre. Les nouvelles autorités libyennes l’accusent de « s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football », selon les propos d’Interpol.

Déplacements restreints

Cette « notice rouge », la première réclamée par le Conseil national de transition libyen à Interpol, « va significativement restreindre la capacité de Saadi Kaddafi à se déplacer et à franchir les frontières. C'est un outil puissant qui aidera les autorités à le localiser et à l'arrêter », a jugé Ronald K. Noble, secrétaire général de l'organisation.

Outre cette mesure, Saadi Kaddafi était déjà concerné par l’interdiction de voyager et un gel de ses biens ordonnés par les Nations unies en mars, « en tant que commandant d'unités militaires qui auraient été impliquées dans la répression de manifestations de civils durant la révolte libyenne », a précisé Interpol.

Résistance acharnée des pro-Kadhafi à Syrte

Les combattants du nouveau régime libyen ont appelé mercredi l'Otan à intensifier ses frappes pour rompre la résistance acharnée des forces loyales à Mouammar Kadhafi à Bani Walid et à Syrte dont le port a été le théâtre de très violents combats dans la journée.

Les combats ont été si violents que les combattants du Conseil national de transition (CNT) ont dû battre en retraite de trois kilomètres à l'est de la ville, a affirmé un commandant à l'AFP sous couvert d'anonymat, en indiquant que trois combattants avaient été victimes de "tirs amis".

"Il y a eu des heurts violents aujourd'hui. Nos hommes ont subi de dures attaques. Les combats ont été particulièrement intenses autour du port et à l'est de la ville de Syrte", a-t-il affirmé.

Il y a deux jours la prise du port avait signifié une victoire majeure dans la bataille pour le contrôle du bastion du leader déchu par les pro-CNT. Mercredi il était difficile de savoir qui le contrôlait mais le commandant a affirmé que les troupes du CNT y étaient encore présentes.

"La situation change d'un jour à l'autre. Un jour nous gagnons, le lendemain ils gagnent", a-t-il indiqué.

"Ils ont tout perdu. C'est leur dernière bataille, c'est pourquoi ils se battent férocement. Nos troupes subissent de durs coups. Aujourd'hui nous avons reculé de trois kilomètres", a-t-il souligné.

"Il y a eu un manque de coordination et un groupe de nos combattants a été touché par une roquette lancée par un de nos tanks qui se trouvait derrière eux. Il y a eu trois martyrs", a-t-il par ailleurs indiqué.

Auparavant un commandant avait fait état de "plus de dix combattants tués mardi dans des combats rapprochés" près de l'hôtel Mahari dans l'est de la ville. Deux autres morts avaient été signalés mercredi.

A Bani Walid, une vaste oasis à 170 km au sud de Tripoli, les forces des nouvelles autorités se préparaient à lancer une nouvelle offensive au lendemain d'accrochages qui ont fait onze morts dans leurs rangs.

Parmi les victimes figure Daou al-Salihine Jadak, qui commandait le front nord de Bani Walid et qui a été tué dans la nuit de mardi à mercredi quand une roquette a touché sa voiture, a déclaré à l'AFP Abdallah Kenchil, un responsable local du CNT.

"L'Otan est présente mais n'intervient pas assez. Ils touchent les lance-roquettes depuis lesquels (les pro-Kadhafi) tirent sur nous, mais ils sont aussitôt remplacés. Nous avons besoin de plus d'aide de l'Otan", a indiqué à l'AFP Walid Khaimej, un capitaine pro-CNT, sur le front de Bani Walid.

L'Otan a assuré pour sa part ne "pas avoir réduit son activité en Libye", mais a refusé de répondre à l'appel des combattants du nouveau régime.

"L'Otan n'a pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol. C'est pourquoi aucune coordination opérationnelle n'est effectuée avec les forces du CNT", a indiqué le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l'opération Unified Protector, à l'AFP.

Dans un nouveau message sonore, diffusé mardi, Kadhafi a encouragé ses fidèles. "Sachez que je suis sur le terrain comme vous", a-t-il déclaré affirmant que "les prochains jours réservent à cette clique d'agents un choc inattendu".

Deux des fils de Kadhafi seraient réfugiés à Syrte et Bani Walid . "Ce dont nous sommes sûrs et ce que nous savons, c'est que Seif al-Islam est à Bani Walid et son frère Mouatassim est à Syrte", a affirmé le porte-parole du "ministère" de la Défense du CCNT, Ahmed Bani, au cours d'une conférence de presse à Tripoli.

Par ailleurs, le procureur général a émis un mandat d'amener visant l'ex-Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi et une enquête a été ouverte, a indiqué le ministre libyen de la Justice par intérim Mohammed al-Alagui évoquant "un grand nombre" de plaintes de citoyens contre lui, sans autre précision.

Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, condamné le 22 septembre à six mois de prison pour entrée illégale en Tunisie, a été acquitté mardi en appel par la justice tunisienne.

Ses avocats ont cependant dénoncé le fait qu'il soit encore détenu à la prison de Mornaguia, près de Tunis.

"Il n'y aucune raison légale qui justifie la détention d'un homme malade acquitté par la justice", a affirmé Me Mabrouk Kourchid.

M. Alagui a également assuré que les nouvelles autorités étaient disposées à coopérer dans le dossier de l'attentat de Lockerbie en 1988 et "ne refusent aucune demande des autorités écossaises d'interroger des personnes autres que Abdelbaset al-Megrahi dans l'affaire Lockerbie" ajoutant que "peut-être qu'Al-Megrahi a été condamné injustement".

L'Otan a dénoncé mardi une grave dégradation de la situation humanitaire pour les civils de Syrte et de Bani Walid. Selon l'ONU, la situation des dizaines de milliers d'entre eux qui ont déjà fui les deux villes était également préoccupante.

Le CNT a par ailleurs annoncé que la formation d'un gouvernement de transition, déjà plusieurs fois reportée en raison de dissensions internes, n'interviendrait qu'après la libération totale du pays.

(Avec agences)