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Guerre au Kivu : La solution politique a prévalu au sommet de la CIRGL

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La CIRGL renvoie le gouvernement congolais et le M23 à reprendre le chemin de Kampala, pour conclure les pourparlers.  Voici ce que pense le Pr Elikia Mbokolo, historien et scientifique de renommée internationale sur le retour exigé aux négociations de Kampala. Oui, il faut y rentrer, assure-t-il calmement tout en se précipitant sur un questionnement : y aller, pour négocier quoi ? La seule négociation, c’est celle qui concerne la neutralisation du M23 qui n’est qu’un rassemblement des criminels. On ne doit pas commettre l’erreur de la mettre sur le même pied avec un gouvernement légal qui représente la totalité de la nation tandis qu’eux n’ont que leur patelin de Rutshuru. Il n’y a aucune commune mesure sur le plan de la représentativité. Pour ce qui est des revendications du M23, le Prof Elikia Mbokolo les qualifie de farfelues. Il s’étonne que ce regroupement puisse exiger la protection d’une certaine communauté minoritaire du Nord-Kivu. Qu’en serait-il alors de 250 autres communautés minoritaires de la Rdc ? Faudra-t-il aller aux négociations chaque fois qu’elles se sentiraient menacées par les communautés voisines ? C’est pourtant cela que le M23 demande au gouvernement, constate à brûle-pourpoint Elikia Mbokolo.

Le conseil des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la CIRGL tenu à Kampala mercredi dernier avait déjà balisé la voie pour le septième Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat qui s’est tenu hier dans les faubourgs de la capitale ougandaise. La CIRGL renvoie le gouvernement congolais et le M23 à reprendre le chemin de Kampala, pour conclure les pourparlers.

C’est donc la solution politique qui a prévalu alors qu’au pays profond, plus d’un est dubitatif à commencer par les populations martyrisées du Nord-Kivu. Et pour cause. Il n’y a que la force qui est le seul langage que les rebelles du M23 entendent. La preuve patente est donnée par leur farouche résistance aux assauts des Fardc et de la Monusco pour les déloger des collines stratégiques de « Trois Antennes » à Kibati d’où il larguait des bombes sur les paisibles populations civiles de Goma qui n’étaient pourtant pas engagées aux combats.

Par la diplomatie et la palabre, le M23 n’aurait jamais décampé des « Trois Antennes » et allait continuer à mettre en péril la vie des centaines de milliers de personnes. De « Trois Antennes » les rebelles pro-rwandais auraient continué à lancer des obus sur Gisenyi, sur le territoire de son protecteur afin de l’amener à traverser la frontière et à s’engager dans les combats par le principe international de légitime défense.

Aujourd’hui, par ce jeu sournois, les chars, blindés et troupes d’élite de Paul Kagame qui sont déployés le long de la frontière congolaise et qui sont en alerte auraient effectivement investi Goma. C’est donc en ayant opté pour la force qui a provoqué la déroute du M23 aux « Trois Antennes » de Kibati que le pire est évité. Les Congolais ont donc raison de ne pas croire dans des négociations avec ce mouvement, qui n’ont jamais porté le moindre fruit.

A Kampala où la Communauté internationale renvoie les deux parties gouvernement et M23 pour négocier, les rebelles ont des revendications kilométriques. Juste pour gagner du temps. La stratégie de leurs parrains est de faire tirer les choses en longueur tandis que sur le terrain, c’est le statu quo qui persiste.

Le M23 continue à exercer son autorité sur sa «Républiquette» de Rutshuru, d’où visiblement personne n’est disposé à aller l’y déloger. Lorsque les Fardc évoquent tout simplement la possibilité de reconquérir Rutshuru par la force des armes, la CIRGL les rappelle à l’ordre en leur rappelant les engagements enjoints aux chefs d’Etats de l’organisation. Il faut donc revenir à la seule porte ouverte qui est celle de Kampala, ce qui importe pour les parrains.

Mais à Kampala comment va-t-on négocier la reddition du M23 ou du moins son désarmement ou son autodissolution ? Kagame et Museveni n’en veulent pas. Ils tiennent à la survie du M23 pour le besoin de la cause. D’où il faudrait négocier le désarmement du M23 contre quoi ? Tant il est vrai qu’on ne va pas utiliser la force comme moyen de coercition ? Contre quoi ? Contre les revendications du M23 qui changent selon la saison.

Au début, il ne s’agissait que d’une simple application de certaines clauses de l’Accord de Goma entre le gouvernement et le CNDP de Nkunda. Par la suite les rebelles vont ajouter des questions d’ordre politique où il y a la gouvernance, la démocratie, les droits de l’homme, la décentralisation, l’économie.

On voit bien que les rebelles sont en train de chercher des poux sur la tête -chauve- des Congolais. Ce n’est pas tout, sur le plan sécuritaire, ils ont exigé au gouvernement l’autonomisation du Kivu, sous leur gestion et leur intégration-mixage qui sont des recettes déjà expérimentées par le passé mais qui ont conduit la Rdc à sa fragilité actuelle.

ELIKIA MBOKOLO : NEGOCIER QUOI ?

Voilà ce que pense le Pr Elikia Mbokolo, historien et scientifique de renommée internationale sur le retour exigé aux négociations de Kampala. Oui, il faut y rentrer, assure-t-il calmement tout en se précipitant sur un questionnement : y aller, pour négocier quoi ? La seule négociation, c’est celle qui concerne la neutralisation du M23 qui n’est qu’un rassemblement des criminels. On ne doit pas commettre l’erreur de la mettre sur le même pied avec un gouvernement légal qui représente la totalité de la nation tandis qu’eux n’ont que leur patelin de Rutshuru. Il n’y a aucune commune mesure sur le plan de la représentativité. Pour ce qui est des revendications du M23, le Prof Elikia Mbokolo les qualifie de farfelues.

Il s’étonne que ce regroupement puisse exiger la protection d’une certaine communauté minoritaire du Nord-Kivu. Qu’en serait-il alors de 250 autres communautés minoritaires de la Rdc ? Faudra-t-il aller aux négociations chaque fois qu’elles se sentiraient menacées par les communautés voisines ? C’est pourtant cela que le M23 demande au gouvernement, constate à brûle-pourpoint Elikia Mbokolo.

Une autre revendication du M23 qui fait sourire et qu’a reprise l’historien, c’est la contestation de l’élection de Joseph Kabila en novembre 2011. Pourtant, soutient-il, ces élections n’ont aucune retombée sur la situation actuelle du Nord-Kivu avec la guerre du M23 qui n’en découle pas. Foi du scientifique.

Que faut-il alors ? La solution pour lui est entre les mains des Fardc, qui doivent tout mettre en œuvre pour assurer l’intégrité territoriale du pays, protéger les personnes et leurs biens, c’est cette mission qui fera disparaître des menaces récurrentes sur les populations de l’Est comme celle venant du M23. Effectivement, le Pr Elikia a raison. La réponse dans la déstabilisation de l’Est de la Rdc réside dans l’efficacité des loyalistes et non dans des pourparlers stériles dans le cadre de la CIRGL menée par ceux qui ne jurent que par la balkanisation de la Rdc comme l’Ouganda et le Rwanda.

Depuis que les Fardc requinquées avec leur nouveau commandement volent de victoires en victoires, les soldats congolais sont l’objet de respect au Nord-Kivu. Même le Rwanda a peur. Il l’a exprimé par la manière dont il a précipitamment mis ses troupes en alerte et déployé son armée le long de la frontière à cause des exploits des Fardc avec l’appui de la Monusco. Là, ce n’est encore rien. Car les hauts faits d’armes dont les Fardc ont fait preuve jusqu’ici n’ont rien à voir avec la réforme du secteur de sécurité. C’est juste une réorganisation au niveau du commandement qui a donné ses résultats que tout le monde salue, à commencer par la Monusco. Cap sur la réforme de l’armée.

[Kandolo M.]