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Sommet extraordinaire de la CIRGL : Une occasion pour « KABILA » de faire entendre sa voix, face à KAGAME

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Alors que l'accord-cadre d'Addis-Abeba n'est toujours pas observé par certains pays signataires, l'opinion se demande si Kigali sera indexé et condamné pour son rôle de pyromane dans la guerre à l'Est de la RD Congo, à travers le 7ème sommet extraordinaire des chefs d'Etat et des gouvernements dans le cadre de la Conférence internationale sur la Région de Grands Lacs (CIRGL), auquel prendra part Mary Robinson.

Les pays signataires de l'accord-cadre d'Addis-Abeba participeront jeudi 5 septembre 2013 au 7ème sommet extraordinaire des chefs d'Etat et des gouvernements dans le cadre de la Conférence internationale sur la Région de Grands Lacs (CIRGL). Une occasion pour Joseph Kabila de faire entendre sa voix, face à Paul Kagame, concernant l'appui de ce dernier aux forces du M23 qui ont une fois de plus allumé le feu à l'Est de la République démocratique du Congo, plus précisément à quelques kilomètres de Goma, par la reprise des hostilités, face aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Raison pour laquelle, d'ailleurs, à en croire le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, les concertations nationales annoncées pour demain mercredi 4 septembre au Palais du peuple ont été repoussées au samedi 7 septembre.

Ce, pour permettre à Joseph Kabila de prendre part à ce sommet.  Kinshasa saisit cette opportunité pour aussi récuser de manière officielle la facilitation ougandaise dans les pourparlers de Kampala. Le général Joffrey Muhezi est en effet soupçonné d'avoir des accointances avec le M23, et jouerait son rôle de médiateur avec beaucoup de partialité.

Le sujet sera sans doute évoqué à Kampala par les chefs d’Etat des deux pays.  En tournée dans les Grands Lacs depuis hier lundi 2 septembre 2013, Mary Robinson, l'envoyée spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la région des Grands Lacs, Ban Ki-moon, qui séjourne déjà à Goma, prendra part à cette rencontre de haut niveau pour évaluer sans nul doute l'évolution de cet accord-cadre tel qu'observé par les 11 pays signataires.

L'opinion estime que Kigali sera pointé du doigt puis sanctionné pour ses interventions militaires répétéess sur le territoire congolais, en appui à la rébellion du M23. Pourtant, les 11 pays signataires avaient convenus de ne pas soutenir les forces négatives qui enveniment la situation dans la sous-région africaine des Grands Lacs.

Mary Robinson est également venue vivre la réalité de ce qui s'est passé à Goma la semaine dernière, indique-t-on. Son séjour intervient après des affrontements entre l'armée congolaise soutenue par la Brigade d'intervention de la Monusco et les rebelles du M23 dans la province du Nord-Kivu, non loin de la ville de Goma, victime de plusieurs bombardements de forces négatives.

Elle se rendra du 4 au 7 septembre en RDC, en Ouganda et au Rwanda pour soutenir les efforts diplomatiques en faveur de la paix dans l'Est de la RDC et la région des Grands Lacs.

Elle est accompagnée du n°1 de la Monusco, Martin Kobler, et du commandant des forces de la Monusco, Carlos Santos Cruz à Goma. Selon son calendrier, elle doit rencontrer des autorités provinciales et des membres de la société civile du Nord-Kivu à Goma.

Outre le patron de la Monusco, Mary Robinson sera aussi accompagnée dans sa tournée dans les Grands Lacs du Représentant spécial de l'Union africaine, Boubacar Diarra, de l'Envoyé spécial des Etats-Unis pour la région de Grands Lacs, Russ Feingolg et du Coordonateur principal de l'Union européenne pour la région de Grands Lacs, Koen Vervaeke.

Ces personnalités se rendront successivement en RDC, en Ouganda et au Rwanda, selon un communiqué du bureau de Mary Robinson. Au cours de cette tournée, Ils rencontreront des hauts responsables gouvernementaux, des autorités locales, des représentants de la communauté internationale et de la société civile pour décourager de nouvelles hostilités et pour dynamiser les efforts politiques pour la paix dans la région, y compris le processus de Kampala.

Pour rappel, 11 pays africains ont signé en février dernier, à Addis-Abeba, l'accord-cadre de paix et de stabilisation de la région de Grands Lacs. Cet accord interdit aux signataires de soutenir les groupes armés dans la région. Mais les autorités congolaises et l'ONU continuent d'accuser le Rwanda de soutenir les rebelles du M23. Ces derniers sont en pourparlers-actuellement dans l'impasse-avec le gouvernement congolais à Kampala.

Officiellement, Kinshasa dit attendre du médiateur ougandais une proposition d'accord. Sur le terrain, les troupes gouvernementales appuyées par les forces de la Monusco ont délogé les rebelles des positions qu'ils occupaient notamment à Kibati, à une vingtaine de kilomètres de Goma.

Quelques observateurs craignent que les armes   parlent à nouveau pendant cette rencontre de haut     niveau, une manière pour les pseudo-rebelles de faire  entendre leur voix aux participants au 7ème sommet de la CIRGL.

[Lefils Matady]