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Soutien au M23 : L'Ouganda ferme ses frontières pour se dédouaner

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Pour combien de temps ses frontières resteront-elles fermées ? C’est la question que de nombreux observateurs se posent. Les plus sceptiques estiment que l’Ouganda aurait agit de la sorte, juste, pour se dédouaner des  accusations qui pèsent sur lui s’agissant du soutien apporté au M23. Si cette crise ne trouve pas un dénouement rapide, ses frontières seront rouvertes. Ce ne sont pas les recettes produites par la douane de Bunagana seulement qui permettent au M23 de survivre. Ces rebelles ont certainement d’autres sources de financement qui pourraient les aider à se maintenir en l’absence de l’argent de la douane. Nul n’ignore qu’il existe des minerais exploités dans la zone sous contrôle du M23 et des taxes administratives. Dieu seul sait si cette rébellion ne bénéficie pas des soutiens financiers étrangers. La fermeture de ces frontières aura plutôt un effet néfaste sur la vie des populations vivant dans les espaces administrés par le M23.

Selon des sources dignes de foi nous apprenons que l’Ouganda vient de décider la fermeture de ses frontières avec la RDC au niveau des localités de Bunagana et d’Ishasha du côté congolais. L’annonce a était faite le mardi 13 novembre 2012  à   Goma par les autorités de la province du Nord Kivu. 

Cette décision prise par Kampala  s’inscrirait dans la logique de démontrer son impartialité dans le processus de médiation qui serait présentement en cours entre le M23 et les officiels Congolais. L’on croit savoir que Kinshasa aurait exigé de Kampala la fermeture de ses frontières comme preuve de son non implication dans le soutien présumé aux rebelles congolais du M23. Dans la capitale congolaise on n’arrivait pas à comprendre que Kampala qui se veut médiateur permette aux rebelles, par l’ouverture de ses frontières, à  se faire de l’argent qui pourrait éventuellement être utilisé  pour le renforcement de leur capacité de nuisance.

Ce geste de Kampala envers Kinshasa lui permettra, pense-t-on dans certains milieux, de jouer pleinement la médiation entre les deux parties belligérantes en RDC puisque s’étant placé hors de tout soupçon. Il nous revient qu’en dépit des discours officiels distillés par Kinshasa reniant toutes formes de négociation avec le M23, des consultations sécrètes entre les deux parties seraient entrain d’être menées dans la logique de trouver une solution politique à cette crise.

Pour combien de temps ses frontières resteront-elles fermées ? C’est la question que de nombreux observateurs se posent.  Les plus sceptiques estiment que l’Ouganda aurait agit de la sorte, juste, pour se dédouaner des  accusations qui pèsent sur lui s’agissant du soutien apporté au M23. Si cette crise ne trouve pas un dénouement rapide, ses frontières seront rouvertes. Ce ne sont pas les recettes produites par la douane de Bunagana seulement qui permettent au M23 de survivre. Ces rebelles ont certainement d’autres sources de financement qui pourraient les aider à se maintenir en l’absence de l’argent de la douane.  Nul n’ignore qu’il existe des minerais exploités dans la zone sous contrôle du M23 et des taxes administratives. Dieu seul sait si cette rébellion ne bénéficie pas des soutiens financiers étrangers. La fermeture de ces frontières aura plutôt un effet néfaste sur la vie des populations vivant dans les espaces administrés par le M23. Il est connu de tous que les produits de première nécessité (savon, huile de table, sel, sucre, farine, ciment…) consommés dans cette région troublée du Congo proviennent de l’Ouganda. Fermer les frontières  signifie priver ses populations de l’usage de ses produits.

Reste à savoir si cet acte posé par l’Ouganda va influencer  la position  contenue dans  le rapport des experts de l’Onu qui   accuse le pays de Yoweri Kaguta Museveni de soutenir le M23.  A ce sujet, Kampala a tous les regards rivés sur la réunion de l’Onu qui devra tabler, dans les tous prochains jours, sur des sanctions à prendre à l’encontre de tous les pays impliquer dans le soutien aux rebelles congolais du M23. Des sanctions qui seront prises ou non contre l’Ouganda, dépendra la suite des événements à l’Est de la RDC estiment des observateurs avertis. Wait and see.

Joska Kaninda