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Agression contre la RDC : Impuissance suspecte et soupçonnée du Conseil de sécurité de l'ONU

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Accusé par l'ONU de soutenir les rebelles du M23 dans l'Est de la RDC, Kampala menace de retirer ses contingents dans les missions onusiennes en RDC, en Somalie et en République Centrafricaine. Bien avant cela, dès le lendemain de l'annonce de son implication, Kampala avait menacé de suspendre sa médiation dans le conflit entre la RDC et le Rwanda. Il faut souligner, cependant, que les négociations en cours ne connaissent aucun médiateur, car l'Ouganda ne fait que la modération du simple fait qu'il assume actuellement la présidence tournante de la Conférence International sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). L'arrogance de Kampala qui se permet de faire chanter toute la communauté internationale est, cependant, à la mesure de la quasi-indifférence de cette même communauté internationale à travers l'ONU qui, très souvent, se distingue par une lourdeur suspecte quand il s'agit de réagir à tout trouble qui surgit quelque part dans le monde. Cette "impuissance suspecte et soupçonnée" du Conseil de sécurité tend donc à donner raison à Abdou Diouf qui, dans son discours au XIVème sommet de la Francophonie, avait dénoncé l'injustice internationale et la politique de deux poids deux mesures basées sur les intérêts des uns et des autres.

Face à la violation flagrante de la Convention de Vienne et du droit humanitaire international constatée par ses propres enquêteurs, le Conseil de sécurité doit cesser avec ses atermoiements suspects soupçonneux et prendre les sanctions qui s'imposent afin que force revienne à la loi et  dissuader tous les seigneurs de guerre qui se croient que tout leur est permis.

Le précédent créé par le Conseil de sécurité en acceptant en son sein le Rwanda comme membre non permanent risque de faire jurisprudence et donner des ailes à tous les boutefeux du monde. Alors qu'il est reconnu comme le principal soutien du M-23 et même comme agresseur de la RDC par un rapport des experts du comité des sanctions du même Conseil de sécurité, Kigali se frotte encore les mains pour la prime qui lui a ainsi été offerte.

Et la circonspection des observateurs ne s'est pas estompée : l'Ouganda, également cité dans un autre addendum au rapport du Conseil de sécurité, s'agite au point de vouloir faire du chantage au concert des Nations. Kampala menace, en effet, de retirer ses contingents dans les missions onusiennes en RDC, en Somalie et en République Centrafricaine. Bien avant cela, dès le lendemain de l'annonce de son implication, Kampala avait menacé de suspendre sa médiation dans le conflit entre la RDC et le Rwanda. Il faut souligner, cependant, que les négociations en cours ne connaissent aucun médiateur, car l'Ouganda ne fait que la modération du simple fait qu'il assume actuellement la présidence tournante de la Conférence International sur la Région des Grands Lacs (CIRGL).

Pour autant, il est inacceptable que la sérénité des rapports entre Etats soit régulièrement troublée et que les auteurs de ces troubles se prévalent, quoi qu’il en soit, pour se mettre à menacer le concert des Nations. La situation de l'est de la RDC est une violation flagrante des instruments régissant les relations entre Etats. Elle foule également au pied le droit humanitaire international au regard de l'errance actuelle de plus de 400 âmes fuyant la guerre.

L'arrogance de Kampala qui se permet de faire chanter toute la communauté internationale est, cependant, à la mesure de la quasi-indifférence de cette même communauté internationale à travers l'ONU qui, très souvent, se distingue par une lourdeur suspecte quand il s'agit de réagir à tout trouble qui surgit quelque part dans le monde. Pour le cas de la Rdc, les Congolais demeurent circonspects face au discours de l'ONU qui, à travers son Secrétaire général, pousse au dialogue entre Etats en conflit tout en se gardant d'assumer sa responsabilité de sanctionner ouvertement les agresseurs que ses propres enquêteurs ont identifiés.

Cette "impuissance suspecte et soupçonnée" du Conseil de sécurité tend donc à donner raison à Abdou Diouf qui, dans son discours au XIVème sommet de la Francophonie, avait dénoncé l'injustice internationale et la politique de deux poids deux mesures basées sur les intérêts des uns et des autres. A la communauté internationale donc de démentir les consciences offusquées en rendant justice à ceux qui sont éplorés par la pyromanie des va-t-en-guerre.

Pascal Debré Mpoko