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Incidents frontaliers : La ministre rwandaise des Affaires étrangères excelle en mensonges

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Les incidents frontaliers sanglants du 11 juin dernier au Nord-Kivu, qui ont fait 5 morts dans le secteur de Kibumba, à 20km de Goma, entre l’armée rwandaise et les Fardc ont déterré la hache de guerre entre Kigali et Kinshasa. Qu’en est-il ? Vendredi dernier, au cours d’une conférence de presse tenue à Kigali, Louise Mushikwiyabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a excellé en mensonges et contrevérités en déclinant la version de son gouvernement bien cousue de fil blanc.

Ce jour là, à en croire la ministre, une section des Fardc armée jusqu’aux dents traverse allégrement la frontière rwandaise et va par la suite occuper une position où elle a installé son campement comme s’ils étaient sur le territoire congolais. Alertée, l’armée rwandaise se déploie et tire des coups de semonce pour faire décamper les Congolais. Mais, ceux-ci restent imperturbables. Ce qui pousse les Rwandais à réagir en utilisant les moyens lourds pour les déloger. S’en suit un échange des tirs à l’issue duquel 5 Congolais sont tués. 

Sur la manière suspecte dont ces 5 présumés congolais sont tués, à coups de rafales tirées de très près et non de loin dans un accrochage entre deux forces, Mushikwiyabo n’a aucun commentaire à faire, n’étant pas une experte en balistique pour analyser les mouvements des balles sur un cadavre. Faux, estime-t-on à Kinshasa, où le déroulé de ces tristes événements est tout autre. 

Ce 11 juin, c’est plutôt une section de l’armée rwandaise lourdement armée qui viole la frontière en la traversant illégalement. Sitôt sur le territoire congolais, les soldats rwandais tombent sur un caporal des Fardc dont ils font prisonnier et qu’ils ramènent au Rwanda lors de leur repli. Informées de cet enlèvement perpétré par l’armée rwandaise sur le territoire congolais, les Fardc viennent à la rescousse de l’infortuné avec du lourd. 

LE FEU NOURRI DES DEUX COTES

C’est ce qui explique le feu nourri qui s’en est suivi des deux cotés de la frontière. Plus tard, le Rwanda remettra par l’entremise de la Croix rouge 5 corps des soldats tués soi-disant appartenant aux Fardc, avec leur tenue. Pourtant, à la morgue de Goma, l’armée n’identifie que le caporal des Fardc enlevé par les soldats rwandais. 

Quant aux 4 autres corps, personne n’a pu les identifier, n’ayant aucun document sur eux. Pour la Rdc, ces 4 hommes, bien qu’en tenue militaire des Fardc, n’appartiennent pas à ce corps. Alors que Kigali continue à tambouriner à tout vent qu’il s’agit bien des soldats congolais qui ont traversé la frontière le 11 juin pour attaquer le Rwanda et qui sont tués lors des affrontements. Curieusement, lorsque le médecin militaire des Fardc a examiné les 5 corps qui sont encore conservés à la morgue de Goma, il s’est rendu compte que 4 sont tués par balles de près et non de loin. 

Tandis que le 5ème a été étranglé, donc tué par strangulation, exactement comme un certain colonel Karegeya, ancien directeur des Renseignements militaires du Rwanda passé dans l’opposition, froidement liquidé par strangulation un certain 1er janvier 2014 à Jo’Bourg (RSA).Ce qui alimente la thèse très plausible d’une exécution sommaire de ces 5 hommes par l’armée rwandaise, après les avoir maitrisés alors qu’ils étaient déjà désarmés. Faut-il vraiment un dessin pour montrer qu’il s’agit là d’un vil crime de guerre ? Peine perdue ! Le Rwanda sous la coupe de Paul Kagame, qui menace publiquement lors des meetings populaires d’exécuter sans jugement tous ses opposants politiques, n’a que faire des crimes de guerre.

ILS ONT TORTURE LES INFORTUNES

Les tueries comme celles-là, les strangulations etc., font partie de son ordinaire. Alors que la Rdc ne reconnait qu’un de ses citoyens parmi les 5 corps rapatriés par le Rwanda, ce dernier soutient que parmi les 5 corps, 4 sont des Fardc et un FDLR. FDLR ! Il ne manquait plus que cela. Mais, en réfléchissant par l’absurde, c’est-à-dire en supposant que Kigali a raison, comment a-t-il fait pour identifier le FDLR alors que tous sont en tenue des Fardc et qu’ils sont morts, selon la version du Rwanda, pendant les échanges des tirs ? 

Cette contradiction donne à penser que les soldats rwandais auraient alors torturé les infortunés afin de leur extorquer des aveux. Tortures ! Là également un crime international tel que prescrit dans la Convention de l’Onu contre la torture que le Rwanda a ratifiée et par laquelle est jugé au Sénégal El Hadj Hissein Habré, ancien Président du Tchad. Les FDLR ! Le mot est parti. 

On sait que toute cette machinerie montée par le Rwanda qu’il simule en une attaque des Fardc contre son pays intervient le 11 juin 2014. L’événement, c’est la reddition des FDLR. Cette opération a déjà livré 100 combattants Hutu au Nord-Kivu et 80 autres au Sud-Kivu y compris 300 dépendants. Ce mouvement de désarmement volontaire n’est pas du tout apprécié dans les arènes du pouvoir à Kigali. Il est dès lors établi que les FDLR sont restés le fonds de commerce de Paul Kagame durant 20 ans. 

Comme on le sait, c’est la présence de ces miliciens hutu au Kivu qui lui donne le prétexte d’exercer son droit de poursuite pour les traquer sous diverse formes y compris en s’immisçant dans les affaires internes de la Rdc, en créant des rébellions de pacotille comme la révolte des Banyamulenge en 1996, l’AFDL, le Rcd, le CNDP et le M23. 

Ce sont toujours ces FDLR qui ont permis au Rwanda d’occuper plus de la moitié de la Rdc, pendant 5 ans, de 1998 à 2003, en pillant systématiquement les richesses fabuleuses du sous-sol congolais. Les FDLR permettent donc à Kigali toute sorte d’intervention militaire sur le territoire congolais jusqu’à ce jour. 

Il s’agit donc d’une question existentielle pour le Rwanda, sans ressources financières mais confronté à la problématique de la surpopulation. Il n’est donc pas question de leur reddition qui sonnerait la fin des carottes pour les bidasses de Paul Kagame. C’est la seule réponse qui vaille à la furie meurtrière que l’armée rwandaise a déployée lors des événements du 11 juin. 

[KANDOLO M.]