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Droits de l’homme : Londres monte au créneau contre le Rwanda

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Pour bon nombre d’observateurs, il s’agit d’une déclaration sans précédent de la diplomatie britannique considérée comme une grande alliée du Rwanda. Il y a encore quelques années, pareille réaction n’était pas du tout envisageable. Mais, c’est bien le cas aujourd’hui. Les autorités britanniques sont finalement montées au créneau contre le Rwanda. Londres dénonce " avec véhémence la tournure funeste des événements relatifs aux droits de l’homme au Rwanda ", indique la radio française "RFI ". Et ce, suite au rejet par Kigali des critiques faisant état d’arrestations arbitraires dans le nord du pays. La réaction britannique ne s’est donc pas fait attendre pour décrier des actes commis au pays de Kagame.

Dans une déclaration transmise à RFI, un porte-parole du Foreign Office (ministère britannique des Affaires étrangères) a quasiment abondé dans le même sens que le département d’Etat américain. Au sujet de la vague d’arrestations, le porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a insisté sur " le respect de la procédure judiciaire qui est vital ", pour ensuite préciser que le gouvernement britannique " suivait cette situation de près " et " avait fait part de sa préoccupation " au gouvernement rwandais.

Ainsi donc, après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne fait à son tour part de son inquiétude sur l’évolution de la situation des droits de l’homme au Rwanda et notamment après la vague d’arrestations - dans le nord du pays - dénoncées par Washington et par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW). Une déclaration sans précédent de la diplomatie britannique qui a toujours été considérée comme une grande alliée de Kigali.

Jamais la Grande-Bretagne, fait-on remarquer, n’avait employé un tel langage à propos du Rwanda. L’ambassadeur britannique à Kigali a même rencontré le chercheur de l’ONG Human Rights Watch (HRW) et le ministre rwandais de la Justice. Pourtant, ce dernier avait accusé, dans un rapport publié dans un journal rwandais pro-gouvernemental, l’organisation de défense des droits de l’homme d’être le porte-parole de " groupes terroristes". Par ailleurs, Londres "condamne " le meurtre de Patrick Karegeya et l’attaque contre la maison de Kayumba Nyanwasa - deux opposants rwandais en exil -, et " salue " l’ouverture d’enquêtes par la police sud-africaine.

" Nous sommes très inquiets par ce qui apparaît comme une succession d’actes de violence contre des figures de l’opposition rwandaise ", dénonce, en outre, le porte-parole du Foreign Office, avant d’ajouter que le gouvernement britannique était également "troublé " par le ton des commentaires publics de hauts responsables du gouvernement rwandais. A y regarder de près, c’est un retournement spectaculaire de situation dans les relations entre Londres et Kigali. 

[M. M.]