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Violations des droits de l'homme : Dérives du régime KAGAME

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C’est mercredi dernier que le Département d’Etat américain a publié un communiqué officiel au vitriol dénonçant et condamnant des arrestations arbitraires massives et des disparitions forcées dont sont victimes plusieurs opposants rwandais ces derniers temps perpétrées par le pouvoir du dictateur Paul Kagame. Washington met ce dernier en cause en l’accusant en plus de fermer tout l’espace d’expression comme la liberté de la presse par la méthode forte.

Le pays de l’Oncle Sam lui rappelle qu’il s’agit-là des valeurs qui sont à la base de l’émergence de toute société et l’enjoint par ailleurs de mettre fin à cette situation qui n’est ni plus ni moins qu’une violation des droits de l’homme pour lesquels se battent les Américains depuis des siècles. 

Comme d’ordinaire, Kigali a réagi à chaud hier réservant la réponse du berger à la bergère. Le pouvoir de Paul Kagame reconnait toutes les arrestations dont parle Washington ainsi que les disparitions forcées mais elles sont opérées sur une base légale. Elles sont donc conformes aux textes en vigueur au Rwanda. 

En plus, elles sont surtout destinées à lutter contre les FDLR. Les FDLR ? Voilà qui est dit ! Voilà le prétexte qui justifie des dérives de Paul Kagame. Voilà aussi un concept pour tenter d’hypnotiser Washington. Les FDLR au Rwanda depuis quand ? Eux, ces Hutu des FDLR qui jusqu’au moment où cette édition est sous presse continuent à dévaliser des villages du Nord-Kivu, à tuer, à violer les femmes, à recruter des enfants-soldats. 

Le tout sans inquiéter le moins du monde les populations rwandaises. C’est pour ces FDLR-là qui ne représentent aucune menace pour le pouvoir rwandais, qui ont depuis longtemps perdu leur capacité de nuisance se réduisant comme peau de chagrin, c’est donc pour eux que Kigali procède à des arrestations arbitraires, des détentions illégales et des disparitions forcées de ses opposants. Il y a de quoi tomber. 

A dessein Paul Kagame continue à donner aux FDLR la force militaire qu’ils n’ont pas. Mais on comprend que ces actions sont destinées à décourager les FDLR au désarmement volontaire et à enlever toute idée d’un retour négocié au Rwanda. Ici on apprécie moins une telle option en préférant que ces FDLR continuent à opérer à partir du Kivu pour des raisons évidentes.

REDDITION VOLONTAIRE

On se rend compte que les propos musclés de Kigali interviennent au moment où au Nord-Kivu, quelques FDLR ont commencé leur reddition volontaire. Jusqu’à ce jour on dénombre une centaine de combattants qui se sont présentés au centre de regroupement de la Monusco avec 100 fusils automatiques. Après cette première vague, rien n’a suivi au point que d’aucuns dans la Communauté internationale ont pensé à une manœuvre dilatoire des FDLR pour gagner du temps.

Pourtant la reddition totale des FDLR n’est pas aussi simple qu’on le pense. Sans une garantie politique de retourner à la mère-patrie, le Rwanda, on voit mal ceux-ci désarmer volontairement. D’autant que le processus prévoit leur regroupement dans un centre de tri avant de les transférer par avion dans une autre province de la RDC. Une telle optique répondrait à la problématique qui est posée en créant d’autres problèmes aussi insolubles. 

Les FDLR qui ne sont pas tous des génocidaires de 1994 ont droit à un processus DDRRR, au rapatriement dans leur pays. Pour ce qui est des génocidaires, ils doivent être déférés à Arusha, au Tribunal pénal pour le Rwanda. Quant à l’option de la force contre les FDLR, on sait bien que ce ne serait pas une opération de tout repos. 

Selon Martin Köbler, actuellement les FDLR utilisent comme bouclier humain leurs dépendants qui sont des femmes, des enfants et des vieilles personnes. Impossible de bombarder comme c’était le cas avec le M23 et les ADF. Mais la solution des FDLR se trouve à Kigali. Or ici les FDLR ont toujours leur force de frappe d’antan. Raison pour laquelle on arrête des innocents à tour de bras…au nom des FDLR. La énième colère de Washington n’y a rien fait. 

KANDOLO M.