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Prise de Goma : Une invasion méticuleusement planifiée à Kigali

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L’invasion proprement dite de la ville a commencé le mardi 20 novembre sur deux fronts distincts. Le premier groupe de la Rwandan Defense Forces (RDF) s’est rendue à l’aéroport de Goma, puis à la station de la Rtnc pendant que le 2ème groupe attaquait la ville de Goma par le centre. Pour voiler la présence des milliers des militaires rwandais à Goma, les officiers du M23 ont déclaré que 2.000 soldats des FARDC se sont volontairement rendus et remis à peine 100 AK7. Chose surprenante, des véhicules du gouvernement provincial, des entreprises commerciales, des régies financières, voire même des privés ont été acheminés au Rwanda. De même, la morgue de la ville de Goma a été cassée, et les rebelles se prépareraient à piller le siège de la direction provinciale de la Banque centrale du Congo pour corrompre la population. L’invasion de la ville de Goma par la Rwandan Defense Forces n’a pas fini de provoquer des commentaires dans tous les sens. Le dernier en date est celui donné par un journal américain du nom de « Afro America Network » paru le dimanche 25 novembre 2012. Intitulé « Kinshasa : How Rwandan Defense Forces conquered Goma and M23 claimed victory », cet article montre comment les Forces de Défense Rwandaises ont conquis Goma et ont laissé le M23 crier victoire.

Selon le texte en notre possession, le mardi 20 novembre 2012, les Forces de Défense Rwandaises ont investi Goma sur deux axes. Après deux heures de combat, les FARDC fléchissent et reculent, tandis que les lignes arrière rwandaises rebelles connues sous le nom de M23 pénètrent dans une ville de Goma abandonnée, par le nord de la ville et proclament la victoire. Ainsi, la prise de Goma par la RDF sans véritable combat une fois de plus, démontre que sans le soutien du Président Paul Kagame, le M23 serait inexistant.

De sources proches du réseau afro-américain au Rwanda révèlent que les Forces de Défense du Rwanda ont dévoilé quelques amples détails sur la prise de Goma sur le rôle joué par elles et qu’elles continuent à jouer au devant de la scène de la prise de Goma.

Une invasion méticuleusement planifiée à Kigali

Le lundi 19 novembre 2012, indique notre source, quelques obus prétendument tirés par les FARDC tombent dans le parage de la ville rwandaise de Gisenyi, s’accordent à dire des officiels de l’armée rwandaise. Prétexte suffisant pour le Président Paul Kagame de convoquer les Etats-majors de son armée pour la riposte. Immédiatement, il ordonne le déploiement de 4.000 hommes de troupe, prêts à marcher sur Goma.

L’invasion proprement dite commence le mardi 20 novembre 2012 sur deux fronts distincts. Le premier groupe des Forces de Défense du Rwanda se rend à l’aéroport de Goma où il défenestre les FARDC soumis à sa garde. Il se dirige ensuite à la station de la Radio Télévision Nationale Congolaise. Le deuxième groupe attaque Goma par le centre…

Les FARDC qui se préparaient à riposter à une attaque des M23 à partir du nord de la ville sont surprises de se voir attaquées par le lac Kivu au sud-est. Elles se sont repliées vers Sake, abandonnant armes et minutions derrière elles.

Les Forces de Défense Rwandaises ont ainsi pris Goma et les rebelles du M23 en ont profité pour passer au show, notamment en s’exhibant haranguant la population. Et pour voiler la présence des milliers de soldats rwandais à Goma, les officiers du M23 ont déclaré que 2.000 soldats des FARDC se sont volontairement rendus et remis à peine 100 AK7.

L’invasion et le commandement de la RDF

Les M23 ne sont qu’une brettelle des FDL. Ils reçoivent tout l’appui technique, armes, minutions et appareils de communication de l’armée et du gouvernement rwandais. Et reçoivent les ordres directs du ministre rwandais de la défense, le Général James Kabarebe. Le commandant des opérations militaires destinées à envahir la Rdc, c’est le Général Emmanuel Ruvusha, connu pour ses violences lors des répressions survenues à Kisangani en 2000 quand les troupes ougandaises se heurtaient à celles du Rwanda en plein Kisangani. Il a été accusé par les différentes ONG de défense des droits de l’homme.

Il a également été accusé par plusieurs organisations des droits de l’homme pour le rôle qu’il a joué dans l’extermination des réfugiés rwandais en RDC en 1996-97.

Le moral de la RDF est très bas

Juste avant les dernières opérations, les rebelles M23 étaient stationnés au camp d’entraînement de Runyoni, à la frontière du Rwanda à la RDC. Cet emplacement a été soigneusement choisi, car il a permis aux exercices Traning d’avoir lieu, loin de soupçons et des yeux de la Mission des Nations Unies au Congo, connue sous le nom MONUSCO. Le site est également très bien situé, à maintenir les voies d’approvisionnement des rebelles venus du Rwanda sans encombre.

Au départ, les troupes RDF ont franchi à Runyoni et se sont mêlées aux rebelles du M23 pour d’envahir Kibumba. Les FARDC et la MONUSCO, en utilisant des hélicoptères et des chars, ont bombardé et tué un grand nombre des soldats des Forces de défense rwandaises. Les FARDC et la MONUSCO ont également résisté et ont utilisé des armes lourdes pendant les premières heures de l’invasion de Goma, en augmentant le nombre de victimes parmi les Forces Rwandaises de Défense.

Le nombre de soldats rwandais morts répertoriés à Kanombe, à Kigali, Gisenyi, et les camps militaires Mukamira est d’environ 100, rien que pour l’invasion de Goma seul.

Selon d’autres sources qui suivent de très près ce qui se passe sur le terrain, il semble que le moral des soldats RDF est très faible. Certains des commandants ont même ouvertement mis en question l’utilité des opérations militaires.

Cela est très inquiétant tant pour Paul Kagame que pour son entourage. Bien que le général Paul Kagame ait récemment augmenté le salaire de la Garde républicaine, ses forces de sécurité, d’autres troupes sont mal, sinon moins payées. En outre, le général Paul Kagame était très furieux après William Hague, secrétaire au Foreign Office Royaume-Uni et premier secrétaire d’Etat, qui a rejoint les autres membres de la communauté internationale pour crédibiliser le dernier rapport des experts de l’ONU sur la RDC qui accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du M23.

Le gouvernement britannique a été l’un des fervents partisans du régime rwandais depuis 1994. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair est le conseiller personnel du général Paul Kagame.

Suite à la condamnation de la communauté internationale, le général Paul Kagame a ordonné un retrait partiel de la RDF, tout en maintenant un nombre important de troupes dirigées par le général de brigade RDF Gatama John. Le général Paul Kagame semble céder à la pression de la communauté internationale, mais reste déterminé à maintenir son emprise sur l’Est du Congo. Sans le soutien du général Paul Kagame, le M23 n’existerait pas, et moins, revendiquer des succès militaires.

Le pillage continue

C’est dans ce climat d’invasion générale du pays que sont annoncés de scènes systématiques de pillages. En effet, selon des sources à Goma, la soldatesque rwandaise pille les véhicules du Gouvernement provincial, des entreprises commerciales, des régies financières, voire même des privés qu’ils envoient au Rwanda. Hier, nous avons même annoncé la présence de chauffeurs rwandais, qui sont essentiellement venus pour convoyer les véhicules, ou les butins de guerre de la Rd Congo.

Toujours selon les mêmes sources, on a appris hier que les militaires rwandais auraient cassé la morgue de la ville de Goma et tout son matériel était acheminé au Rwanda. C’est dans la même optique qu’ils avaient mis des explosifs à la direction provinciale de la Banque centrale du Congo (BCC), dans l’objectif de piller l’argent et d’autres biens de valeur.

Tout ceci, parce qu’à l’approche de la fin du mois, une grogne généralisée est perceptible au niveau de la population de cette ville qui était habituée à être payées régulièrement par le Trésor national. Maintenant que les rebelles du M23 ont pris la ville, ils estiment que leur paie devient de plus en plus incertaine. Faute d’ouvrir la Banque, ils se proposent de la faire exploser, ainsi ils auront avec quoi corrompre la population qui est déterminée à ne pas se laisser faire.

Voilà l’image triste que nous donnent ceux qui sont venus « libérer » la ville de Goma et sa population. En réalité, ils sont venus pour perpétuer le pillage des ressources de la Rd Congo et permettre au Rwanda de s’enrichir sur le dos des Congolais. En ces moments gaves, le moins que nous puissions dire est que les Congolais doivent ouvrir l’œil et le bon.

[L’Avenir]