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Appui au M23 : Quand KAGAME induit les chefs des confessions religieuses du Rwanda en erreur

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Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki moon, les représentants des Eglises catholique, musulmane, protestante et évangélique du Rwanda rejettent les conclusions du rapport des experts de l’ONU accusant leur pays de soutenir la ébellion du M23. En qui placeraient-ils encore leur confiance ? Pour ces autorités religieuses, les conclusions de ce rapport « ont été compilées sans l’apport de l’accusé », le Rwanda. « Nous pensons que si un rapport des Nations unies a des manques et que sa crédibilité est en question, les Nations unies doivent être assez courageuses et humbles pour faire une déclaration publique afin que le document en question ne soit relié à aucune décision ou jugement jusqu’à ce que la vérité soit établie », ont notamment écrit ces hommes d’Eglises, qui demandent à l’Onu de prendre ses distances avec les conclusions de ses experts.

Les chefs des confessions religieuses rwandaises ont emboîté le pas à la position officielle du gouvernement de leur pays, en rejetant les conclusions du rapport des experts des Nations unies qui accuse la Rwanda de soutenir le M23. C’est de leur droit. Mais quant à ce qui se passe en RDC, il y a à redire.

En effet, dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki moon, les représentants des Eglises catholique, musulmane, protestante et évangélique remettent en question « l’intégrité de ces experts, la méthodologie employée, et les conclusions de ces rapports basées sur des preuves insuffisantes ».

Pour ces autorités religieuses, les conclusions de ce rapport « ont été compilées sans l’apport de l’accusé », le Rwanda.

« Nous pensons que si un rapport des Nations unies a des manques et que sa crédibilité est en question, les Nations unies doivent être assez courageuses et humbles pour faire une déclaration publique afin que le document en question ne soit relié à aucune décision ou jugement jusqu’à ce que la vérité soit établie », ont notamment écrit ces hommes d’Eglises, qui demandent à l’Onu de prendre ses distances avec les conclusions de ses experts.

Ce rapport, qui n’est pas encore rendu public mais dont de larges extraits ont été publiés dans la presse, accuse le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23 sur les plans politique, militaire et logistique.

En octobre dernier, le gouvernement congolais s’est réjoui que les Nations unies révèlent des faits qu’il a affirmé avoir « notés depuis un certain temps déjà ».

Mais, le Rwanda et l’Ouganda rejettent ces accusations. Le ministre ougandais des Affaires étrangères, Henry Okello Otyen, a récemment indiqué que son pays se prépare à infirmer point par point ce rapport et ne craint pas d’éventuelles sanctions de l’ONU.

Si les hommes de Dieu rejoignent les politiques et ne peuvent faire confiance à la neutralité des experts de l’Onu, en qui feraient-ils encore confiance ?  Ces « garants de la moralité », au lieu de fouiller un peu plus, se contentent juste de rejeter le rapport. En tout état de cause, au-delà de nos divergences d’opinion, ceux qui meurent, que ce soit en RDC, en Ouganda comme au Rwanda, ce sont des êtres humains. Et nul n’a le droit de soutenir une entreprise de la mort quelle qu’elle soit.

Puis, lorsqu’ils disent que les preuves sont insuffisantes, c’est que les chefs des confessions religieuses reconnaissent quand même qu’il y a des preuves.

[Rich Ngapi/Le Potentiel]