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Congo-Brazzaville : 38 ans après, les meurtriers du président NGOUABI courent toujours

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Le 18 mars 1977, à 39 ans, le président Marien Ngouabi est assassiné dans sa résidence du quartier de haute sécurité de l’état-major, alors que l’armée nationale et les forces de sécurité étaient en alerte depuis un an. La nouvelle ne sera rendue publique que le lendemain matin, alors que les médias étrangers l’avaient déjà diffusée.

Durant la nuit, une junte militaire de onze officiers s’empare de tous les pouvoirs, alors que le pays dispose d’une Constitution qui prévoit en son article 40, en cas de vacance du poste de président de la République : « l’intérim du président de l’assemblée nationale populaire », qui était à l’époque Alphonse Mouissou-Poaty.

Par ailleurs, selon les statuts du parti, une fois la vacance du pouvoir constatée, le Congrès du parti devait être convoqué dans les trois mois, pour élire un nouveau président de la République Or, la création du Comité Militaire du Parti dirigée par le colonel Joachim Yhombi Opango était une violation de la Constitution et des statuts du parti.

Ce comité affirme  « poursuivre l’œuvre de l’immortel Marien Ngouabi », mais abolit toutes les institutions léguées par lui.

Parmi ces institutions, il y avait bien sûr la Constitution du 24 juin 1974, mais aussi « l’état major spécial révolutionnaire » de cinq membres créé le 12 décembre 1975, pour préparer le 3ème congrès extraordinaire du parti. Ce congrès devait nettoyer et rénover le patri ainsi que les institutions politiques.

Alors que, le peuple congolais croule sous le choc causé par l’assassinat de Marien Ngouabi, le cardinal Emile Biayenda, archevêque de Brazzaville, est enlevé puis assassiné le 22 mars 1977. L’horreur est à son comble.

Trente minutes avant son assassinat, le président Marien Ngouabi avait reçu en audience le cardinal Emile Biayenda. Suspectant celui-ci d’avoir ôté les pouvoirs occultes du président Marien Ngouabi pour le rendre vulnérable aux balles du commando, des proches du pouvoir avaient décidé de l’assassiner.

Constitution d’une Cour révolutionnaire d’exception

Dans la nuit du 23 au 24 mars, l’ex-président de la République, Alphonse Massamba-Débat accusé de complicité dans l’assassinat de Marien Ngouabi, ainsi que le sergent Ontsou et les soldats Elouo et Mboro sont jugés par une Cour martiale instituée à la hâte. Ils sont condamnés à mort et sans appel, fusillés.

Pour le Comité militaire du parti, « le commando suicide qui a abattu le président Marien Ngouabi était dirigé par l’ex-capitaine Barthélemy Kikadidi, infiltré dans la résidence présidentielle sous un nom d’emprunt, celui du capitaine Motando, pressenti depuis par le commandant Marien Ngouabi pour être chef de son état-major particulier ».

En 1978, une Cour révolutionnaire d’exception est instituée. Du 3 janvier au 6 février 1978, un second procès est organisé par cette juridiction. Il aboutit à onze condamnations à mort, dont une par contumace. Les condamnés sont fusillés, sans appel.

Ce flot de sang ne fera qu’amplifier la rumeur selon laquelle, les véritables complices seraient à rechercher parmi les membres de la junte militaire. Si les complicités internes sont évidentes dans l’assassinat du président Marien Ngouabi, le tribalisme et les enjeux pétroliers et géostratégiques sont à prendre en compte dans l’organisation du complot.

Trente-huit ans après cet horrible assassinat, certains meurtriers courent toujours. Marien Ngouabi, restera dans l’histoire du Congo et de l’Afrique, comme l’un des présidents qui a œuvré dans la modestie et la sincérité pour son peuple, jusqu’au sacrifice de sa vie.

Avec lui, le Congo aurait sûrement réussi dans la paix et la concorde sa transition vers la démocratie et l’état de droit.