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Guerre aux Kivu : L’armée burundaise entrer dans la danse

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Regain de tension à la frontière de la République Démocratique du Congo (RDC) et le Burundi, plus de 5 soldats et policiers burundais tués dans l'Est du pays. Des combats acharnés entre les rebelles burundais basés à l'Est de la RD Congo et certains éléments de l'armée et de la police burundaises se sont soldés par plusieurs pertes en vies humaines. Les populations des deux rives de la Rusizi regrettent ce regain de violence.

Mutalure, localité située à 70 km du chef-lieu de la zone Uvira tout près du palais royal du Mwami des Barundi dans la plaine de la Rusizi, a été le théâtre d'intenses combats ce jeudi 4 octobre vers 16 heures entre les présumés rebelles burundais et certains militaires et policiers burundais qui s'étaient clandestinement infiltrés chez notre grand voisin de l'Ouest.

D'après une source sur place, les militaires et policiers burundais estimés au nombre de 21 et armés jusqu'au dent se sont dirigés vers les moyens plateaux surplombant la plaine habitée par les Barundi. "

Tous ces militaires et policiers se déplaçaient à bord de deux véhicules de l'armée burundaise et 1 camionnette des Services National de Renseignement Burundais ", poursuit-elle.

Cette source indique que ces policiers et soldats burundais sont tombés dans une embuscade juste sur la rivière Luberizi plus précisément dans un endroit communément appelé Tengetenge. "

Cette attaque est l'émanation de ces supposés rebelles burundais ", précise-t-elle. Pour étayer ces propos, cette source ajoute que les militaires et policiers burundais se sont induis en erreur par leur guide qui ne maîtrisait pas bien le milieu où est implantés depuis un certains temps plusieurs combattants d'origine burundaise.

Une source haut placées affirme sans ambages qu'il a vu de ses propres yeux ce vendredi 5 octobre à 11 heures 6 corps sans vie qui ont été transportés par deux peep cup de marque burundaise. " Il s'agit des mêmes véhicules à bord desquels ces militaires et policiers burundais se déplaçaient et qui devraient les reprendre en retour après avoir accompli leur mission ", informe-t-elle.

Parmi les morts, figure un major de l'armée burundaise qui travaillait dans le service de renseignement extérieur à l'état major de la première région militaire.

Selon une source haut placée, cet officier de l'armée burundaise du nom de Jean Jacques Ihorihoze a été tué aux premières heures des combats suite à une pluie de balles qui sifflaient de partout. Ladite source ajoute que le cadavre du major Jean Jacques Ihorihoze n a pas pu être récupéré par ses frères d'armes . " Sa famille fait le deuil du défunt disparu ", indique-t-elle.

Des sources à Mutalure indiquent en outre que d'autres cadavres seraient éparpillés dans la brousse autour de la rivière Luberezi. " Des 21 soldats et militaires burundais vus en direction de Mutarule, seuls 6 ont pu battre en retraite et regagner la route goudronnée d'où ils s'étaient partis ".

De retour, les rescapés ont été accueillis par les militaires de l'armée congolaise dont certains n'ont pas digéré la présence des soldats burundais sur sol de la RD Congo à leur insu.

Un officier des FARDC n'y va pas à quatre chemins. M.B affirme qu'il s'agit d'une violation du territoire congolais. Selon lui, chaque pays est souverain et aucune armée étrangère ne peut pas faire des infiltrations sans l'accord des autorités militaires et politiques concernées.

Forte tension sur les deux rives de la Rusizi

Cette situation d'insécurité dans la plaine de la Rusizi préoccupe énormément la communauté burundaise de Luberezi. D'après un administratif proche du roi des Barundi, les incessantes incursions des militaires et policiers burundais facilitées par le Service National de Renseignement pourraient avoir des répercussions néfastes sur la communauté burundaise.

Selon cet octogénaire, d'autres communautés congolaises pourraient attribuer toutes ces attaques aux Burundi de l'Est de la RD Congo. "

Nous risquons d'être taxés de fauteurs de troubles qui déstabilisent la plaine de la Rusizi. Des représailles pourraient s'abattre sur nous ", s'inquiète-t-il.

Sur la rive gauche, du côté burundais, la population rencontrée ne cache pas son désarroi. Tel est le cas de Pierre Ntahonkiriye du secteur Ruhagarika, commune Buganda à 500 mètres de la frontière burundo-congolaise. Selon ce père de 8 enfants, les congolais pourraient à la longue franchir la Rusizi pour se venger.

D'après lui, les relations inter étatiques entre le Burundi et la RD Congo devraient être maintenues et renforcées davantage pour faciliter les mouvements transfrontaliers entre les deux pays.

[Godé Kalonji Mukendi]