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FDLR, ADF/NALU, LRA,... : La RDC doit ouvrir des négociations directes avec le Rwanda et l’Ouganda

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Pour retrouver une paix durable dans la région des Grands Lacs, il est nécessaire que les Nations Unies et l’Union Africaine réunissent autour d’une table les trois États (RDC, Rwanda, Ouganda) pour discuter de toutes les questions qui sont à la base de discordes, notamment la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des Forces démocratiques alliées (ADF-NALU), de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) implantées à l'Est du pays et dont l'État congolais peine à les neutraliser. En effet, la question des FDLR, ADF-NALU, LRA est une patate chaude que la RD Congo doit absolument régler avec ses voisins pour envisager une paix durable dans cette région d’Afrique. Tant et aussi longtemps que cette question ne sera pas réglée, la RDC aura toujours des problèmes avec ses voisins, notamment le Rwanda qui trouvera des excuses pour déstabiliser la RDC. D’autant plus que cette région regorge d’immenses ressources naturelles qui font l’envie du monde. L’accord de Kampala, s’il y en aura, ne pourra pas ramener une paix durable en RDC. La communauté internationale ferait mieux d’encourager les trois États à ouvrir un dialogue franc pour envisager les modalités d'un traité de paix et d'amitié qui puisse garantir le respect mutuel.

Pour bâtir une paix durable dans la région des Grands Lacs après le démantèlement du M23, la RD Congo doit ouvrir des négociations directes avec le Rwanda et l’Ouganda pour discuter de toutes les questions qui sont à la base de discordes, notamment la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des Forces démocratiques alliées (ADF-NALU), de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) implantées pendant longtemps à l'Est de la République démocratique Congo (RDC).

Après plus d’une vingtaine d’années de conflits fratricides qui ont fait des millions de morts, tout le monde a salué enfin la victoire des Forces armées de la République démocratique Congo (FARDC) sur le M23, l’un des plus importants groupes rebelles implantés à l’Est de la RDC.

Mais au-delà du succès militaire des FARDC, il y a eu des voix qui se sont élevées pour encourager Kinshasa à retourner à Kampala pour négocier la paix après avoir gagné la guerre avec le M23. Parmi celles-ci, les Nations-Unies, l’Union africaine, l’Union européenne et les Etats-Unis qui ont accompagné la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) dans ces négociations infructueuses entamées il y a plus d’une année.

Certes à première vue, l’on peut se demander pourquoi Kinshasa devrait-il poursuivre les négociations alors que son armée est déjà venue à bout du M23. Mais, les spécialistes de la région des Grands Lacs savent bien que cette victoire de l’armée congolaise est fragile parce que ceux qui ont toujours soutenu militairement et financièrement les groupes rebelles et ceux qui tirent profit de l’instabilité à l’Est de la RDC n’ont pas encore dit leur dernier mot. Les enjeux étant trop grands dans cette région, le désir de revanche apparait inéluctable.

En effet, le M23 est un arbre qui cache la forêt. Sa débâcle ne signifie pas le démantèlement des réseaux maffieux tant nationaux qu’internationaux qui instrumentalisent les différents groupes rebelles afin de mieux exploiter les ressources naturelles de cette région. Si la communauté internationale demande au gouvernement congolais de retourner à la table de négociations, c’est parce qu’elle sait bien que le démantèlement du M23 n’est pas la fin du conflit, mais une étape dans le long processus de recherche d’une paix durable dans la région des grands lacs longtemps meurtrie.

Cela étant, la victoire des FARDC contre le M23 doit ouvrir la voix à une paix durable. Kinshasa doit exiger des négociations directes avec le Rwanda et l’Ouganda qui sont les vrais protagonistes dans les conflits en RDC. L’histoire récente de la RDC nous renseigne que la paix conclue avec les groupes rebelles sans l’implication de leurs parrains a toujours été précaire.

Négociations directes RDC-Rwanda -Ouganda sous l’égide de l’Onu

Pour retrouver une paix durable dans la région des Grands Lacs, il est nécessaire que les Nations Unies et l’Union Africaine réunissent autour d’une table les trois États (RDC, Rwanda, Ouganda) pour discuter de toutes les questions qui sont à la base de discordes, notamment la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des Forces démocratiques alliées (ADF-NALU), de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) implantées à l'Est du pays et dont l'État congolais peine à les neutraliser.

En effet, la question des FDLR, ADF-NALU, LRA est une patate chaude que la RD Congo doit absolument régler avec ses voisins pour envisager une paix durable dans cette région d’Afrique. Tant et aussi longtemps que cette question ne sera pas réglée, la RDC aura toujours des problèmes avec ses voisins, notamment le Rwanda qui trouvera des excuses pour déstabiliser la RDC. D’autant plus que cette région regorge d’immenses ressources naturelles qui font l’envie du monde.

L’accord de Kampala, s’il y en aura, ne pourra pas ramener une paix durable en RDC. La communauté internationale ferait mieux d’encourager les trois États à ouvrir un dialogue franc pour envisager les modalités d'un traité de paix et d'amitié qui puisse garantir le respect mutuel.

Sommes-nous entrain de cheminer vers une paix bâclée ?

Avec un peu du recul, nous pouvons nous rappeler que le M23 d’aujourd’hui s’appelait autrefois Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), Rassemblement congolais pour la démocratie  (RCD), Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP).

Au vue de ces métamorphoses, on peut légitimement se poser un certain nombre de questions.

Quel est le but de la guerre menée par ces différents groupes rebelles en perpétuel transformation? En quoi un accord avec le M23 peut-il ramener la paix à l’Est de la RDC? Qu’est-ce que Kinshasa va-t-il donner au M23? Quelles sont les contreparties que le M23 peut-il accorder au gouvernement congolais, lui qui a été défait? S’agit-il cette fois-ci encore d’une trêve ou de la fin de la guerre? Qu’est-ce qui peut garantir les congolais que la guerre ne pourra plus reprendre?

En voulant trop gagner, on risque de tout perdre. Le M23 a voulu gagner du temps à Kampala en amenant sur la table de négociations, à chaque fois, de  nouvelles revendications. Il doit comprendre que le rapport des forces a changé. Il serait impensable d’imaginer qu’on puisse lui faire des concessions, lui qui n’a plus de « monnaie » de change. Certes, l’opinion nationale congolaise veut la paix, mais pas celle qui sacrifie la justice, ni celle qui donne la prime aux criminels.

Les négociations de paix de Kampala sont partiales, partielles et temporaires. Un accord pour une paix durable en RDC, qui n’implique pas Kampala et Kigali, est une paix bâclée. L’avenir nous dira si l’accord de paix négocié à Kampala sera durable.

[Isidore Kwandja Ngembo]