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Mobutu - Habyarimana : Quel bilan plus d'une décennie après leur disparition ?

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Ils ont respectivement dirigé leurs pays d'une main de fer pendant trente deux ans pour le premier et vingt et un an pour le second. Leur mode de gouvernance commune fut celle de la gestion catastrophique du pays, la paupérisation globale des masses laborieuses, le non respect des droits de l'homme. Toujours est-il que les sphères d'exclusivité ethnique demeuraient à grande partie la caractéristique de la société rwandaise sous la présidence habyarimanienne.

En revanche, plus d'une décennie après le génocide de 1994 suivi de pseudo guerre de la libération sous l'étiquette de l'AFDL de 1996 conçue depuis les Etats-Unis, la Belgique puis téléguidée à partir d'Ouganda et de Rwanda, le peuple congolais assiste pantois à une véritable injustice lorsqu'il s'agit de la survie du Congo comme Etat. L'incontournable interrogation est celle du mutisme de la communauté internationale via leurs médias de propagande par rapport à la décapitation de l'Etat congolais due à l'agression rwando-ougandaise émaillée par la spoliation de ses richesses minières, le viol des femmes, les massacres à grand'échelle de la population de l'Est.

Cette situation permanente de guerre affaiblit davantage la RD Congo malgré les efforts des pyromanes(le  FMI et la Banque Mondiale)  qui se déguisent en sapeurs pompiers ensuite en donneurs de leçons de la bonne gouvernance. Tous leurs efforts  ne présagent à rien quant à l'amélioration du vécu quotidien du peuple congolais suite à l'irresponsabilité et l'immaturité politique de sa classe dirigeante. En cherchant à responsabiliser  les gouvernants  de leur incapacité d'assumer objectivement leur rôle, ces derniers  avancent une réponse bégayante en pointant la mégestion de trente deux ans de règne mobutiste. On peut alors s'interroger indéfiniment sur la sincérité de ses kabilistes éhontés qui disent avoir du mal à faire décoller la RD Congo suite aux cicatrices béantes laissées par le mobutisme. cet argument subjectif, soit-il, ne tient plus sa place dans le temps et dans l'espace comparativement au train de vie de ces mêmes dignitaires.

Contrairement au Rwanda post-Habyarimana, on enregistre des progrès sur le plan social, politique, économique et sur la défense et la sécurité territoriale. A titre illustratif, le tourisme est devenu au rwanda une industrie qui rapporte gros en termes des revenus à l'économie rwandaise sans oublier les exportations croissantes de minerais dont il n'est  ni producteur ni propriétaire. Le Rwanda est aujourd'hui en pôle position en Afrique subsaharienne en matière de technologie de l'information et de la communication, il crée des emplois dans les divers domaines: hôtellerie, élevage, agriculture en tirant profit aussi des investisseurs africains, asiatiques, sud américains et européens.

Est -ce que la réalisation de ces exploits a un rapport intrinsèque avec le règne de Juvénal Habyarimana? Même si le développement du Rwanda tire profit de l'exploitation illicite des minerais de son voisin congolais, il le propulse statiquement dans le concert de nations; mais pourquoi les politiciens congolais se penchent toujours au passé de Mobutu pour justifier leur inertie mieux inaction gouvernementale?

In fine, tant que la RD Congo sera dirigé par un cheval de troie dépourvu de la notion de la res publica , nous aurons que nos larmes comme consolation. Les politiciens congolais prendront à leurs dépens  la responsabilité de leur trahison de notre pays. Mieux vaut tard que jamais.

Jean-Lucien NGUENI