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CPI : Une tribune pour Charles Blé Goudé

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Là où d’autres manquent de courage d’assumer l’actif et le passif de leur passé, renient et ce même sans raison aucune leurs anciens maîtres, ceux grâce à qui ils sont ce qu’ils sont devenus, c’est le cas du Maréchal Mobutu, aimé ou pas , qui a donné une visibilité à autant des gens mais qui ont préféré le renier et ce avant même que le coq ne chantât pour la troisième fois, Blé Goudé, lui , et à l’instar de Mitterrand en son temps, crie haut et fort devant l’Occident : « Je suis pro-Gbagbo. J’en suis fier de l’être. Je l’étais hier. Je le suis aujourd’hui »

Fidélité en politique, ce qui est rare de nos jours, exprime un caractère d’un homme, elle est une manifestation de conviction et d’engagement de la part de celui ou de celle qui le témoigne vis-à-vis de ses idées et de sa lutte. Chez nous, peu savent pourquoi ils s’engagent derrière un tel ou un autre homme politique. Si déjà ils ne le font pour des raisons d’appartenance tribale, de fanatisme et de mangeoire. Comme hier, on trouve aujourd’hui encore dans ce que l’on appelle chez nous la classe politique congolaise de drôle de mélange et d’association. On ne sait vraiment pas situer « idéologiquement » pour ne pas dire politiquement qui est qui est et qui fait quoi avec qui. Un exemple et ce parmi tant d’autres, Olivier Kamitatu qui politiquement, et pour ne parler que de lui, est un libéral alors qu’on ne sait justifier son appartenance dans un même camp que notre cher ami Baudouin Banza Mukalay , qui oublie même qu’il fut le numéro deux du MPR-PARTI-ÉTAT ; Je doute fort qu’il le soit. Et vice versa. Et les deux que font-ils à côté de « Joseph Kabila ». ? 

Blé Goudé et son maître, le fils du sergent Koudou, ont hésité à aller jusqu’au bout dans le rapport qu’ils avaient développé avec la masse ivoirienne. Elle était prête cette masse, mais je pense la question de responsabilité morale fut un blocage quant à son utilisation. Fallait-il l’exposer ou pas ? C’est également comme chez nous où personne n’a le courage d’assumer moralement le jugement de l’histoire. Un rendez-vous raté. Et quand on minimise ou on rate un adversaire en politique, et c’est ainsi partout, depuis César, on le voit avec Hollande qui s’acharne sur Nicolas…. la politique est dure et à un moment donné elle ressemble à un combat de bêtes sauvages. Et je n’ai jamais prêché ni la morale ni la religion en la matière, mais par expérience, je sais qu’elle est impitoyable par moment. Je crois que les deux, Blé et le fils de Koudou, ont suffisamment appris et cela leur servira de leçon….

Paul Kagamé a éliminé physiquement Patrick Karegeya en Afrique du Sud. Il a essayé de récidiver avec Kayumba. Qui a dit que les Tutsi ne se trahissent entre eux ou ne se règlent de compte ? L’Occident a assassiné Lumumba, Allende, Thomas Sankara, Kadhafi. Il a pendu un autre pion qui l’a servi, et ce le jour même d’une fête arabe : Saddam Hussein. Il n’a eu pitié de Mobutu qu’il a chassé sans tenir compte de ses loyaux services rendus à leur égard. C’est au vu et au su de tout le monde que tout se passe. Mais nous autres, on se refuse toujours d’apprendre quoi que ce soit. Innocent et bon, on trouve un plaisir à être humain. C’est pourquoi on sera toujours client à la Haye. C’est pourquoi nous ne saurons jamais défendre nos femmes qui se font violer, elles se font violer non pas parce qu’elles sont femmes mais parce qu’elles sont Congolaises, et ces enfants que nous laissons dans des mines en train de creuser de l’or et du coltan dans des conditions animales. 

Je dis que ce sera un plaisir de te suivre, cher enfant d’Afrique et cher frère Ivoirien, j’ai cité Blé Goudé. La jeunesse africaine n’attend pas de verdict de la Haye, mais du haut de la tribune qui vous est offerte, je vous exhorte de vous adresser à elle. 

[Mufoncol Tshiyoyo]