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CPI : Pourquoi Laurent GBAGBO et pas Guillaume SORO ?

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Aujourd'hui, SORO Guillaume, après avoir géré une rébellion, est passé ministre d'état, Premier ministre et Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Du haut de son perchoir, il peut toujours activer ses réseaux pour faire arrêter quiconque s'attaque à lui.

En Côte d'Ivoire, nombreux sont ceux qui ont choisi de faire l'apologie de quelques hommes politiques soit parce qu'ils sont de la même région, soit parce qu'ils bénéficient de leurs "largesses". Personnellement, même si j'ai une opinion politique, j'ai choisi de dire la vérité aux hommes politiques,quels qu'ils soient. Cela au risque de mes faire attaquer par des partisans parfois révoltés ou aux ordres. J'avoue qu'à cause des flèches qui me sont lancées, j'ai parfois été tenté de me taire. Seulement, lorsqu'une question me vient en tête, il me faut la développer, coûte que coûte! et la question actuelle vaut son pesant d'Or: CPI, pourquoi Gbagbo et pas SORO Guillaume?

Cette question me hante l'esprit depuis que le ministre des droits de l'homme de Côte d'Ivoire a annoncé que plus aucun Ivoirien ne serait transférer à la CPI. Oui, Gbagbo a fait tuer des Ivoiriens par des mercenaires et avec ses MI-24. Il a instrumentalisé la jeunesse qui, sous prétexte d'être Patriote, se croyait au-dessus de la loi... Oui, Gbagbo s'est opposé à la victoire de M. Ouattara et, de ce fait, a suscité une crise post électorale sans précédent en Côte d'Ivoire, engendrant plus de 3000 morts et pas moins de 300.000 réfugiés. Mais et le Grand SORO qui, il faut le rappeler, était en guerre avec Gbagbo? N'a-t-il rien fait de mal à la Côte d'Ivoire, lui qui ne cesse de demander pardon à toute occasion?

Aujourd'hui, SORO Guillaume, après avoir géré une rébellion, est passé ministre d'état, Premier ministre et Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Du haut de son perchoir, il peut toujours activer ses réseaux pour faire arrêter quiconque s'attaque à lui. Mais quel genre d'écrivain serais-je si je devais me taire par simple crainte de me faire arrêter. Oh! que non, je ne saurais défier le Tout Puissant SORO qui dispose de tous les moyens pour la faire boucler à qui il veut. Mais il reste justement que pour être grand comme c'est le cas, il a emprunté une voie que je condamne personnellement. 

En effet, et quelles qu'en soient les raisons, organiser et entretenir une rébellion n'est pas un exemple tout comme un coup d'état n'est pas à encourager. De plus, quand à cause de cette rébellion, des milliers d'Ivoiriens sont morts, ont perdu leurs biens ou ont fui leur pays, il faut avoir le courage de critiquer SORO et de le sanctionner malgré ses demandes de pardon à répétition. Sinon, nos enfants le prendront pour modèle et l'imiteront un jour. Que leur dirons-nous si nous ne sommes pas capables de dire la vérité à SORO aujourd'hui?

Là dessus, je pense sincèrement que le RDR n'a pas été bien inspiré de faire de SORO son candidat aux législatives. Il n'a non plus pas été bien inspiré de faire de lui son candidat à la tête de l'Assemblée nationale. Car le faisant, il fait douter tous ceux qui, comme moi, ont toujours refusé de croire que le RDR avait des connexions avec la rébellion de SORO. A moins qu'il ne s'agisse d'une façon très adroite de garder l'oeil sur lui pendant la Présidence de OUATTARA. 

Quoi qu'il en soit SORO n'est ni plus ni moins qu'un chef rebelle dont l'organisation a fait des morts dans tout le pays. Je ne parle même pas des pillages économiques, de recrutements d'enfants soldats et autres viols. Où est donc le modèle qu'on applaudit aujourd'hui et qu'on voudrait imposer aux ivoiriens? Est-ce parce que sa rébellion a dit combattre Laurent Gbagbo que SORO est un héros national? Ce serait trop facile car cela voudra dire que, si demain, BLE GOUDE organise une rébellion contre OUATTARA et l'emporte, il sera aussi un héros. 

C'est déjà bien que SORO demande pardon au peuple. Cela signifie qu'il est conscient d'avoir causé du tord aux Ivoiriens. Mais ce pardon ne peut-être imposé à qui que ce soit. Et comme dans le cas de Gbagbo et de ses collaborateurs, il faut que SORO soit poursuivi et jugé pour les crimes commis pendant la rébellion. Les Ivoiriens qui aiment la justice ne doivent pas baisser les bras quoi qu'il leur en coûte. C'est aussi là le prix à payer pour la réconciliation nationale. 

Sylvain KEAN ZOH

Écrivain, Président de l'I.T.A, (Instance pour la Transparence en Afrique), Organisation de lutte pour la bonne gouvernance, les droits de l'homme et la démocratie. Email: keanzoh@hotmail.com / tel: (225) 07545009 / 02402108