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Président français, l'ennemi de la démocratie en Afrique

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Les ennemis de la démocratie en Afrique ne sont pas seulement les présidents dictateurs qui tripatouillent leur Constitution en vue de rester indéfiniment au pouvoir. Mais, ce sont aussi ces dirigeants impérialistes qui ne jurent que par leurs intérêts mercantilistes. Le cas du président français doit alerter les africains restés naïfs.

« Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie ».

Ainsi tempêtait François Hollande devant les chefs d’Etat africains au 15ème sommet de la Francophonie à Dakar en Novembre 2014. Mais ça c’était avant. Le président normal a depuis changé et se fait désormais le défenseur de 3ème mandat en Afrique.

En effet, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a organisé le dimanche 25 octobre 2015 un référendum constitutionnel chahuté dont la seule motivation reste de lever le verrou lié au nombre de mandats et à l’âge. Une fois votée, la nouvelle constitution donnera carte blanche à Denis Sassou Nguesso, qui est en train d’épuiser son 2èmeet dernier mandat, de participer à la présidentielle de juin 2016.

Alors que les Congolais de Brazzaville ont commencé à s’opposer à cette démarche, c’est le Chef de l’Etat français en personne qui a apporté son appui à son ami dictateur. Pour François Hollande, Denis Sassou Nguesso a « le droit de consulter son peuple». Ce bout de phrase n’est pas innocent. Le groupe français Total vient d’obtenir un renouvellement de vingt ans de son permis d’exploitation de trois champs pétroliers offshore, selon le Réseau de presse nerrati.net.ceci explique cela.

Les Africains doivent sanctionner ce soutien complice

Voilà pourquoi l’Afrique fait deux pas en avant et trois pas en arrière dans sa démocratisation.

Au-delà des résistances internes des dictateurs tripatouilleurs de constitution pour exercer un pouvoir à vie, des dirigeants occidentaux, confrontés au déclin de leurs économies, n’hésitent pas à apporter leur soutien aux ennemis de la démocratie, pour autant que les intérêts de leurs pays soient préservés. Ainsi, depuis le début de la décennie 1990, période du « printemps démocratique » en Afrique, la démocratie est en dent de scie.

La seule leçon à tirer de la prise de position de François Hollande c’est que les Africains sont seuls face à leur destin. Le premier combat est celui de se libérer de l’impérialisme dont la stratégie a toujours été la même : « diviser pour mieux régner ». Les conflits en Afrique sont toujours attisés de l’extérieur.

La France, la Belgique, les USA et bien d’autres pays occidentaux l’ont toujours fait jusqu’ici. Ce qui explique les guerres notamment dans la région des Grands Lacs Africains.

Toutefois, le bon sens devrait indiquer à tout Africain que ce ne sont pas les esclavagistes et les colonisateurs d’hier qui se retrouvent être des néo-colonisateurs d’aujourd’hui qui peuvent militer pour le développement de leur continent. Le burkinabé Joseph Ki Zerbo l’a déjà dit : « on ne développe pas un peuple, on se développe ».

Toutes les dictatures en Afrique ont été soutenues par les Occidentaux. Dès lors, ni la France, ni les USA, ni la Belgique ne peuvent fondamentalement travailler pour la démocratie en Afrique. Seuls les intérêts de leurs pays priment devant toutes autres valeurs universelles.

Le deuxième combat reste celui de se lever comme un seul homme pour défendre une Afrique où les valeurs admises par tous, souvent traduites en pacte républicain, soient respectées par les dirigeants.

Quel sort le peuple africain doit-il réserver au président français  pour avoir cautionné les manœuvres  de Denis Sassou Nguesso à organiser un référendum constitutionnel dans le seul but de se perpétuer au pouvoir en dépit de ses trente ans déjà passés à la présidence du Congo-Brazzaville ?

Au regard de toutes ces réalités, il appartient au peuple du continent, berceau de l’humanité, de ranger, tout ami des dictateurs africains, comme c’est le cas de François Hollande, dans la poubelle de l’histoire.

[lePotentiel]