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Afrique : Chronologie du conflit des Grands Lacs

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En ce début de 2016, qualifié d’« Année de multiples défis » et d’ « Année électorale » en République démocratique du Congo (RDC), il nous paraît indispensable de jeter un regard rétrospectif sur les faits liés à la « situation récurrente de conflit ». A la classe politique (pouvoir et opposition) et aux forces vives de se rappeler leurs « engagements pour la paix ».

Notre dossier porte sur les conflits qui ont endeuillé le Congo-Kinshasa et les « accords de paix » conclus depuis son accession à la souveraineté internationale, le 30 juin 1960, jusqu’au 31 décembre 2015, dans le contexte la région des Grands Lacs. Chronologie. 

RD Congo

30 juin 1960 : proclamation de l'indépendance du Congo rebaptisé Congo-Léopoldville. Le pouvoir est partagé entre le chef de l'Etat, Joseph Kasa-Vubu, et le premier ministre Patrice Lumumba.

1963-1965 : un premier conflit ethnique éclate au nord-Kivu dans la région du Masisi, entre les Banyarwanda (hutu et tutsi, réfugiés venus du Rwanda en 1959) et les populations autochtones Nande, Hunde et Nyanga.

25 novembre 1965 : appuyé par le gouvernement belge et les Etats-Unis, le général Mobutu destitue le président Kasa-Vubu, s'empare du pouvoir et se proclame président de la République démocratique du Congo.

Mars 1993 : au Kivu, province à l'est du pays, massacres de Banyarwandas (Zaïrois hutu et tutsi originaires du Rwanda et du Burundi voisins) par des autochtones, les Nyanga autour de Walikale et les Hunde autour de Masisi. Les violences interethniques font 7 000 victimes en quatre mois selon l'ONG Oxfam. 

Ouganda

9 octobre 1962 : proclamation de l'indépendance de l'Ouganda qui devient une république fédérale.

26 janvier 1986 : Yoweri Muprend le pouvoir après cinq ans de guérilla, aidé par les Tutsi rwandais exilés dans le pays.

1994-1995 : le génocide rwandais et l'afflux des réfugiés vers le Zaïre

Rwanda

6 avril 1994 : attentat meurtrier contre l'avion qui ramène le président rwandais Juvénal Habyarimana (hutu) et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira (hutu) d'un sommet régional en Tanzanie.

7 avril 1994 : à Kigali, déclenchement des massacres de la minorité tutsi et de l'opposition hutu modérée par les extrémistes hutu. Début de la fuite de la population vers les pays voisins.

23 juin 1994 : intervention militaire et humanitaire française baptisée opération Turquoise, pour une durée de deux mois.

4 juillet 1994 : après trois mois de violents combats, les rebelles tutsi du FPR entrent dans la capitale rwandaise Kigali. Quelque 1,2 million de Rwandais hutu fuient vers les pays voisins, notamment vers le Kivu, à l'est du Zaïre.

17 juillet 1994 : formation du gouvernement d'unité nationale par Faustin Twagiramungu, hutu modéré. Pasteur Bizimungu, hutu modéré, est nommé président de la République et Paul Kagamé, chef des rebelles du FPR, devient vice-président.

22 février 1995 : Arusha (Tanzanie) devient le siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda, institué par la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU du 8 novembre 1994, afin de juger les personnes présumées responsables du génocide rwandais.

22-23 avril 1995 : l'Armée patriotique rwandaise (APR) élimine plusieurs milliers de réfugiés hutu dans le camp de déplacés de Kibeho, au sud-ouest du Rwanda.

Août 1995 : le Zaïre expulse des milliers de réfugiés (hutu et tutsi)rwandais et burundais. Ils servaient de boucliers humains aux ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR, dominées par les Hutu) infiltrées dans les camps de réfugiés et décidées à reprendre le pouvoir au Rwanda.

1996-1997 : premier conflit dans les Grands Lacs : la prise du pouvoir par L-D Kabila au Zaïre

13 octobre 1996 : début de la rébellion des Tutsi Banyamulenge

A Uvira, dans le Sud-Kivu, début de la rébellion des Banyamulenge, Congolais tutsi d'origine rwandaise, soutenus militairement par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi. Avec d'autres opposants au président zaïrois le maréchal Mobutu, ils se regroupent dans l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Zaïre (AFDL) dirigée par Laurent-Désiré Kabila.

Novembre-décembre 1996 : l'AFDL démantèle les camps de réfugiés rwandais infiltrés par les ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR) et les milices de Hutu extrémistes -les Interahamwe- responsables du génocide de 1994. Catastrophe humanitaire pour plus d'un million de réfugiés.

2 mars 1997 : La rébellion s'empare de l'immense camp de réfugiés de Tingi Tingi, à Kindu (province de Maniema) mettant en fuite près de 120 000 réfugiés. 

Février-avril 1997 : Face à la déroute des Forces armées zaïroises (FAZ), Laurent-Désiré Kabila conquiert les deux-tiers du territoire.

16-17 mai 1997 : du Zaïre à la République démocratique du Congo

Après 30 ans de pouvoir, le président Mobutu part en exil avant la victoire des rebelles. L-D Kabila s'autoproclame président de la République démocratique du Congo (RDC), nouvelle dénomination du Zaïre. Les rebelles investissent la capitale Kinshasa le 17 mai.

1998 – 2002 : deuxième conflit : sept pays africains en guerre en RDC

1998 : partage de la RDC entre les belligérants

27 juillet 1998 : L-D Kabila rompt ses alliances avec le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi. 

2 août 1998 : début du deuxième conflit de la RDC au Kivu

Une nouvelle rébellion de Tutsi Banyamulenge éclate au Kivu contre les troupes gouvernementales de L-D Kabila, soutenue par ses ex-alliés, le Rwanda et l'Ouganda.

16 août 1998 : la rébellion forme une coalition politico-militaire, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), dirigée par Ernest Wamba dia Wamba. 

Sept pays entrent en guerre sur le sol congolais  : les rebelles congolais sont soutenus par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi ; L-D Kabila, soutenu par des soldats des ex-Forces armées rwandaises toujours réfugiés en RDCongo et d'autres milices congolaises telles les Maï-Maï, s'allie à l'Angola, la Namibie, le Zimbabwe (et le Tchad qui se retire rapidement des combats).

23 août 1998 : les rebelles du RCD prennent Kisangani (capitale de la Province orientale), troisième ville du pays. Ils menacent la capitale Kinshasa par une audacieuse opération aéroportée, stoppée in extrémis par l'intervention des troupes venues d'Angola, de Namibie et du Zimbabwe.

Début de la partition du pays : les Nord et Sud-Kivu tombent sous le contrôle du RCD qui occupe aussi des parties du Maniema, du Katanga, de la Province orientale ; l'ouest reste sous le contrôle de L-D Kabila et de ses alliés.

1er octobre 1998 : une autre rébellion se forme dans la province de l'Equateur, le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) dirigé par J-P Bemba. Le MLC prend le contrôle de la région, soutenu par l'Ouganda dont les troupes sont stationnées en Equateur et en Province orientale. 

12 octobre 1998 : les rebelles s'emparent de la ville de Kindu, quartier général de l'armée congolaise. Ils poursuivent leur offensive vers les régions minières du Kasaï et du Katanga.

1999 : lancement du processus de paix, mais rupture d'alliance entre le Rwanda et l'Ouganda

18 avril 1999 : Accord de paix entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda signé à Syrte, en Libye. Il n'a jamais été appliqué.

17 mai 1999 : scission du RCD en deux mouvements rebelles distincts et renversement de leurs alliances avec le Rwanda et l'Ouganda. Une direction, le RCD-Goma, est installée à Goma, dirigée par Emile Llunga et appuyée par le Rwanda. L'autre direction, le RCD-Kisangani, est installée à Kisangani, dirigée par Wamba di Wamba et soutenue par l'Ouganda qui soutient aussi le MLC (en 1998, Wemba était soutenu par le Rwanda).

La partition du pays est effective : les groupes armés contrôlent le nord-est et le sud-est de la RDC, le gouvernement ne contrôlant plus que la moitié ouest. 

Mai - juin 1999 : en Ituri, révolte des Lendu (ethnie majoritaire, soutenue par le Rwanda) contre les Hema propriétaires de grandes exploitations. L'armée ougandaise (UPDF) qui a établi une base à Bunia, soutient les Hema

10 juillet 1999 : Accords de Lusaka  : cessez-le-feu signé à Lusaka (Zambie) par les sept Etats impliqués dans le conflit (le Tchad s'était retiré peu après le début des hostilités). Il est ratifié en août par les rebelles du MLC et des deux tendances du RCD. Les armées étrangères ont neuf mois pour quitter la République démocratique du Congo.

L'armée rwandaise occupe une partie de la Province orientale, le Nord et le Sud-Kivu ainsi que le Nord-Katanga. L'armée ougandaise contrôle la partie nord de la province de l'Equateur et de la Province orientale. Malgré l'accord, combats et massacres continuent.

Août 1999 : premiers affrontements entre le Rwanda et l'Ouganda qui se disputent le contrôle de la ville de Kisangani (Province orientale), plaque tournante du marché du diamant, causant la morts de deux cents civils.

30 novembre 1999 : la Résolution 1279 du Conseil de sécurité de l'ONU autorise la création de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC).

Août-décembre 1999 : en Ituri, des massacres interethniques entre Lendu et Hema font près de 5 000 morts dans la région de Bunia et 150 000 déplacés.

2000 : combats entre le Rwanda et l'Ouganda sur le territoire congolais

Mai - juin 2000 : nouveaux combats entre les anciens alliés, le Rwanda et l'Ouganda à Kisangani qui s'affrontent pour le contrôle des richesses diamantifères de la région.

 Le 14 mai, un Sommet a lieu à Mwanza (Tanzanie) entre les présidents rwandais et ougandais, Paul Kagamé et Yoweri Museveni, qui ordonnent un cessez-le-feu, la démilitarisation de Kisangani et un retrait des troupes à au moins 100 km de la ville à partir du 25 mai.

Le 21 mai, un accord signé par les deux armées sous les auspices de l'ONU confirme cette décision.

Entre le 5 et 10 juin, de violents combats reprennent cependant à Kisangani faisant au moins 150 morts et plus de 1 000 blessés dans la population civile.

16 juin 2000 : Résolution 1304 de l'ONU ordonnant le retrait de toutes les troupes étrangères du territoire congolais sans fixer de date limite.

2001 : relance du processus de paix par Joseph Kabila, successeur de L-D Kabila

16 janvier 2001 : assassinat du président Laurent-Désiré Kabila.

Son fils Joseph Kabila est nommé chef de l'Etat le 17 janvier. Dans son discours d'investiture, le 26 janvier, il annonce sa volonté de normaliser les relations de la République démocratique du Congo avec la communauté internationale et de relancer le processus de paix inscrit dans l'Accord de Lusaka signé en juillet 1999 mais jamais appliqué.

15 février 2001 : relance de la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu de juillet 1999 au cours d'un nouveau sommet régional à Lusaka (RDC, Angola, Zimbabwe, Namibie, le Rwanda et l'Ouganda étant absents, et trois factions rebelles : MLC, RCD-Goma, RCD-Kisangani). Joseph Kabila accepte la médiation de Katumile Masire, ex-président zambien, et le déploiement des casques bleus.

Face à cette ouverture diplomatique et à la pression de la communauté internationale, le Rwanda et l'Ouganda commencent à retirer leurs troupes du territoire congolais le 28 février.

29 mars 2001 : la MONUC déploie son premier contingent dans l'est, en territoire rebelle, et le 4 avril en zone gouvernementale.

15 octobre 2001 : ouverture officielle du dialogue intercongolais à Addis-Abeba, en Ethiopie. Ce forum réunit 80 délégués représentant le gouvernement congolais, les rébellions, l'opposition politique et la société civile. Il doit régler le volet politique de l'accord de Lusaka dont le cessez-le-feu n'a pas été respecté depuis juillet 1999. Mais il est immédiatement interrompu pour ne reprendre qu'en février 2002.

2002 : retrait des troupes étrangères de la RDC et ouverture du Dialogue intercongolais

25 février -18 avril 2002 : ouvert officiellement le 15 octobre 2001 à Addis-Abeba et immédiatement interrompu, le dialogue intercongolais reprend à Sun City, en Afrique du Sud, sous la médiation de l'ancien président botswanais Ketumile Masire.

Quelque 300 délégués du gouvernement congolais, des mouvements rebelles congolais soutenus par l'Ouganda (MLC, RCD-ML dénommé aussi RCD-Kisangani), de l'opposition politique et de la société civile sont réunis pour élaborer un accord sur le régime de transition à mettre en place avant les élections.

Un accord partiel du partage du pouvoir est conclu. Il n'est pas signé par le RCD-Goma et plusieurs partis d'opposition radicale.

juin 2002 : troisième affrontement entre le Rwanda et l'Ouganda à Kisangani . L'Armée patriotique rwandaise (APR) chasse de la ville l'armée ougandaise, les Forces de défense populaires d'Ouganda (UPDF), faisant près de 1 200 morts parmi la population.

30 juillet 2002 : Accord entre la RDC et le Rwanda signé à Pretoria (Afrique du Sud) . Le président rwandais Paul Kagamé s'engage à retirer ses 30 000 soldats de la RDCongo en échange du désarmement et du regroupement par le gouvernement congolais de quelque 12 000 rebelles extrémistes hutu rwandais (ex-Forces armées rwandaises et milices Interahamwé responsables du génocide de 1994) repliés en RDC, puis de leur rapatriement au Rwanda.

6 septembre 2002 : Accord entre la RDC et l'Ouganda signé à Luanda (Angola) . Il prévoit le retrait total des troupes ougandaises du nord-est du territoire et la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays. La date du retrait est maintes fois repoussée.

5 octobre 2002 : fin du retrait des troupes de l'Armée patriotique rwandaise (APR).

30 octobre 2002 : fin du retrait des troupes angolaises, namibiennes et zimbabwéennes, alliées au gouvernement congolais.

17 décembre 2002 : poursuite du Dialogue intercongolais à Prétoria sous la médiation de l'ONU et de l'Afrique du Sud :

l'accord de cessez-le-feu de Lusaka de juillet 1999 est complété par un accord politique global sur le partage du pouvoir pendant une période de transition de deux ans entre Joseph Kabila et quatre vice-présidents.

Ils émanent des quatre composantes des négociations ouvertes depuis octobre 2001 : le gouvernement, les deux principaux mouvements rebelles (MLC et RCD-Goma), l'opposition non armée et la société civile. Des élections générales auront lieu après la période de transition, en juin et juillet 2005.

Fin 2002, officiellement les troupes étrangères se sont retirées de la RDCongo. Mais dans l'est et le nord-est, les combats impliquant une myriade de groupes armés rivaux redoublent d'intensité. Ils sont entretenus par le Rwanda et l'Ouganda qui entendent garder, par guérillas interposées, le contrôle de l'exploitation des riches ressources naturelles de la région.

Depuis 2003 : entre paix et guerre en RDC

2003 : début de la transition démocratique en RDC malgré la poursuite des violences

2 avril 2003 : clôture et signature de l'Acte final du dialogue intercongolais à Sun City (Afrique du Sud).

L' « Accord global et inclusif » aménagera la période de transition prévue jusqu'en juillet 2005.

4 avril 2003 : promulgation de la constitution de transition.

7 mai 2003 : fin du retrait des troupes ougandaises de Bunia.

L'Ouganda maintient cependant des soldats dans d'autres poches de combats en Ituri.

30 mai 2003 : par la résolution 1484 adoptée par le Conseil de sécurité, l'ONU décide la création d'une force multinationale d'urgence en Ituri pour sécuriser Bunia. Elle est déployée par l'Union européenne et placée sous commandement français (effectifs : 1 850 hommes de neuf pays, en majorité français). Nom de code : Artémis.

L'opération débute le 6 juin 2003 et prend fin le 1er septembre 2003.

30 juin 2003 : nomination d'un gouvernement de transition en République démocratique du Congo selon l'accord conclu à Prétoria le 17 décembre 2002.

Dirigé par le chef de l'Etat Joseph Kabila assisté de quatre vice-présidents, le gouvernement d'union nationale où sont représentées toutes les composantes du Dialogue intercongolais (gouvernement, MLC, RCD et opposition politique) est chargé de préparer des élections libres dans un délai de deux ans.

1er septembre 2003 : fin de l'opération Artémis en Ituri relayée par environ 4 700 casques bleus (chiffres fin 2004) de la MONUC (Brigade de l'Ituri) dont le mandat a été élargi et renforcé par la résolution 1493 du 28 juillet 2003 du Conseil de sécurité.

2004 : vers une réconciliation entre les pays des Grands lacs ?

avril 2004 : au Kivu, la tension monte à nouveau entre le Rwanda et la République démocratique du Congo après l'attaque d'un village rwandais par des rebelles rwandais hutu, basés en RDC, responsables du génocide de 1994 et regroupés sous le nom de Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

14 mai 2004 : six des sept groupes armés opérant en Ituri signent l' "Acte d'engagement de Kinshasa" par lequel ils s'engagent à déposer les armes.

16 mai 2004 : le gouvernement congolais nomme les nouveaux gouverneurs et vice-gouverneurs des onze provinces. La restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire est une composante majeure du processus de réconciliation en cours en RDC.

26 mai-9 juin 2004 : dans la région de Bukavu, au Sud-Kivu, violents affrontements entre les Forces armées de la République du Congo (FARDC) et deux groupes de soldats dissidents issus de la communauté banyamulenge (Congolais tutsi d'origine rwandaise). Ces combats qui raniment les tensions latentes entre la RDC et le Rwanda voisin, accusé de soutenir les dissidents, ce qu'il dément.

25 juin 2004 : sous la pression des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, et sous les auspices du président nigérian Obasanjo, un mini-sommet réunit au Nigéria le président congolais Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagamé pour tenter d'apaiser les tensions entre les deux pays.

13 août 2004 : au Burundi, dans le camp de réfugiés de Gatumba, près de la frontière avec la République démocratique du Congo, massacre de 159 Banyamulenge par des rebelles hutu burundais des Forces nationales de libération (FNL), venus de leurs bases arrière situées en RDC.

Ces tueries attisent une fois de plus les graves tensions qui perdurent entre Hutu et Tutsi dans la région. Elles menacent aussi la transition en cours en RDC.

22 septembre 2004 : la RDC et le Rwanda acceptent de mettre en œuvre un Mécanisme conjoint de vérification (MCV) pour aider à résoudre les questions de sécurité le long de leur frontière commune.

1er octobre 2004 : la résolution 1565 du Conseil de sécurité de l'ONU proroge le mandat de la MONUC jusqu'au 31 mars 2005 et autorise l'augmentation des effectifs de 5900 personnes.

16 octobre 2004 : Joseph Kabila se rend pour la première fois depuis le début de la transition dans l'est du pays, notamment à Kisangani, chef-lieu de la Province orientale, et à Kindu, chef-lieu du Maniema, pour affirmer la restauration de l'Etat et la réunification du pays, partagé sur les plans militaire, administratif et politique depuis 1999 entre mouvements rebelles et gouvernement central.

26 octobre 2004 : Accord signé à Kigali (Rwanda), sous l'égide des Etats-Unis, entre la RDC, le Rwanda et l'Ouganda aux termes duquel les trois pays restant en conflit depuis 1998 s'engagent à coopérer au sein d'une commission de défense et sécurité en vue de neutraliser les groupes armés opérant dans la région.

19-20 novembre 2004 : Sommet de Dar-es-Salam (Tanzanie) ouvrant la Conférence internationale pour la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs réunie à l'initiative de Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU. Un deuxième sommet aura lieu en 2005.

Il devra présenter un Pacte de sécurité, de stabilité et de développement constitué, d'une part, de la déclaration de Dar-es-Salam qui aura déterminé le cadre général et les orientations politiques de la Conférence et, d'autre part, des programmes d'action qui seront préparés entre les deux sommets par un comité ministériel.

Décembre 2004 : de violents combats ont lieu à Kanyabayonga, au Nord-Kivu, entre des soldats mutins tutsi issus du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, ex-rébellion soutenue par le Rwanda) et l'armée régulière.

Les mutins l'accusent de soutenir les rebelles hutu rwandais des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) réfugiés en RDC qui, selon les mutins, exercent des violences contre les Tutsi congolais d'origine rwandaise installés dans la région.

De son côté, le Rwanda accuse les FDLR de menacer sa sécurité et reproche à la RDC de ne pas les désarmer comme le prévoit l'accord RDC-Rwanda du 22 septembre 2004. Dans cette province, la population ne cesse de subir exactions et violences malgré la transition démocratique en cours.

2005 : une nouvelle constitution pour la RDC

29 mars 2005 : par la résolution 1592 du Conseil de sécurité, le mandat de la MONUC est prolongé jusqu'au 1er octobre 2005. En mars, la mission lance de vastes opérations militaires dans la région de Bunia pour tenter de sécuriser la zone ravagée par les milices ethniques rivales lendu et hema qui refusent le processus de désarmement et de réinsertion dans la nouvelle armée congolaise.

18 avril 2005 : l'embargo sur les armes est étendu à l'ensemble de la République démocratique du Congo par la résolution 1596 du Conseil de sécurité [PDF, 52 Ko]. L'embargo, décidé le 28 juillet 2003 par la résolution 1493 du Conseil de sécurité, frappait les armes à destination du Nord et du Sud Kivu.

13 mai 2005 : adopté en première lecture par le Sénat le 17 mars, le projet de Constitution de la République démocratique du Congo est voté par l'Assemblée nationale à une large majorité. Il pose les bases d'un Etat démocratique avec un président élu au suffrage universel et des représentants librement élus pour la première fois depuis 40 ans.

La RDC opte pour un régime semi-présidentiel dans un Etat unitaire fortement décentralisé comprenant 26 provinces au lieu de 11. Le texte doit être entériné par un référendum prévu le 27 novembre 2005.

17 juin 2005 : Lle Parlement de la République démocratique du Congo vote à une large majorité la prolongation de la transition politique jusqu'au 31 décembre 2005, en raison du retard pris par les travaux de la Commission électorale indépendante et aux difficultés matérielles dans le pays désorganisé par la guerre. Lancée en 2003, elle était censée s'achever le 30 juin 2005.

15 décembre 2005 : le Parlement vote une seconde prolongation de six mois de la transition politique, du 1 er janvier au 30 juin 2006.

18-19 décembre 2005 : le projet de Constitution est approuvé par  référendum avec 84,31% des suffrages.

2006-2007 : fin de la période de transition en RDC et espoir de paix dans la région des Grands Lacs

23 janvier 2006 : huit casques bleus guatémaltèques de la MONUC sont tués en Ituri lors d'un accrochage avec des rebelles ougandais implantés en RDC. Depuis la création de la MONUC en 1999, 28 casques bleus ont été victimes des rebelles.

18 février 2006 : promulgation de la Constitution qui annule la constitution de transition votée le 4 avril 2003.

25 avril 2006 : la résolution 1671 (2006) du Conseil de sécurité de l'ONU autorise le déploiement de l'EUFOR RDCongo, opération temporaire de l'Union européenne constituée d'une force de 2 000 hommes devant soutenir les 17 000 soldats de la MONUC.

Placée sous commandement allemand, l'opération est chargée d'assurer la sécurité pendant et après les élections présidentielle et législatives du 30 juillet prochain qui mettront un terme à la période de transition.

20 mai-1er juin 2006 : les Forces armées de la RDC (FARDC) et la MONUC déclenchent une offensive en Ituri contre les miliciens du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC) qui entretiennent la terreur dans la région à l'approche des élections.

30 juin 2006 : la résolution 1693 (2006) du Conseil de sécurité proroge jusqu'au 30 septembre 2006 l'augmentation de l'effectif militaire et de police civile de la MONUC autorisée par les résolutions 1621 et 1635 (2005).

30 juillet et 24 octobre 2006 : le président congolais sortant Joseph Kabila  est élu au 2ème tour de l’élection présidentielle avec 58,05% des voix contre 41,91% à son rival le vice-président sortant Jean-Pierre Bemba. Il est investi le 6 décembre.

29 septembre 2006 : la Résolution 1711 (2006) du Conseil de sécurité de l'ONU proroge le mandat de la MONUC jusqu'au 15 février 2007.

14-15 décembre 2006 : le 2ème Sommet des 11 pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) se tient à Nairobi (Kenya) où le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs est signé par les chefs d’Etat concernés.

Il devra être ratifié par chaque pays. Le secrétariat permanent de la Conférence, dont le prochain sommet est prévu en 2008, sera établi à Bujumbura (Burundi).

5 février 2007 : désigné Premier ministre le 30 décembre 2006, l’opposant congolais Antoine Gizenga forme un gouvernement de 60 membres chargé d’entamer la reconstruction de la RDC après cinq ans de guerre et une longue transition politique.

15 février 2007 : la Résolution  1742 (2007)  du Conseil de sécurité de l'ONU autorise la prolongation du mandat de la MONUC jusqu’au 15 avril 2007.

26-28 février 2007 : à Kinshasa, les parlementaires des 11 pays de la région des Grands lacs se réunissent  pour amorcer la mise en œuvre du Pacte sur la sécurité signé le 15 décembre à Nairobi.

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